‹ Panorama de la ville de Lyon, de ses faubourgs et d'une partie de ses environs, ou Description des curiositès, des monuments et antiquités de cette villeChapitre 18 sur 103 · TRAVAUX PERRACHE · texte numérisé non relu

TRAVAUX PERRACHE

Le Rhône venait se réunir à la Saône auprès d’Ainai, en 1770. Perrache fils, sculpteur, conçut le projet d’éloigner le confluent de nos murs. Comme il fallait alors* dessécher le lit que ce fleuve impétueux occupait, ce

projet parut téméraire. Perraehe cependant i’exe'cuta avec beaucoup de bonheur : un nouveau lit fut creuse , et le Rhône abandonna la route qu’il avait suivie jusqu’alors. Le long de son nouveau lit, on voit re'gner une magnifique allée de peupliers, qui se prolonge jusqu’au pont de La Mulatière , à une distance dè plus de demi-lieue. Cette promenade est bien fréquentée ; elle est belle et agréable : on s’y trouve entre deux grandes rivières ,dont le cours inégal et la couleur différente forment un spectacle varié qui enchante l’ame. D’une part , le riche coteau au pied duquel la Saône coule, de l’autre, les vastes plaines du Dauphiné qu’on découvre au delà du Rhône , offrent à l’œil satisfait des points de vue pittoresques dans tous les genres. Après avoir marché une demi-heure à l’abri des rayons du soleil , on arrive au lieu de la réunion du Rhône et de la {Saône , dont l’aspect est imposant.

Une chaussée s’élève du côté de la Saône et fait f^Aau chemin des Etroits,

11 enQ^our cette partie 'de fa cité de

grands projets d’embellissement. Une ville industrielle doit y être créée , elle est même tracée et tout annonce qu’elle sera vaste, belle, très régulière et ornée de promenades magnifiques. De vastes emplacements sont déjà vendus ; des moulins h vapeur v seront installés, ainsi que des usines. On doit y construire une gare sous la direction de la compagnie Seguin (la même qui est chargée de l’entreprise colossale du chemin en fer de Lyon à Saint-Étienne) , des abattoirs, une nouvelle prison , des montagnes russes , etc.

Une place immense y est réservée et tracée*, elle portera le nom de Charles x , et sera consacrée aux grandes manœuvres militaires.

Entre l^es deux rivières on trouve une foule de jardins potagers , et d’espace en espace sont bâties des guinguettes qui, pendant l’été, ^ont remplies tous les dimanches.

On trouve sur le cours Monsieur une infinité de voitures couvertes, qu’on nomme carrhles », et qui transportent de frais

les jfbrsonnes qui veulent voir l^Wction du

Rhône et de la Saône , et les villages environnants.

(Eglises.

cathédrale de saint-jean.

Cette église est l’ouvrage de plusieurs siècles. Le sanctuaire et les croisées datent de très loin ; mais la grande nef paraît être du siècle de saint Louis , temps où l'architecture fut portée à sa plus grande perfection par l’effet du bon goût et de la manière régulière des Orientaux, amenés par les Français au retour des croisades. . '

Le portail de l’église est ce qu’il y a de plus moderne ; il n’a été' achevé ?jue sous le règne de Louis XI. Quatre tours carrées flanquent l’édifice; une d’elles sert de clocher et renferme une des plus grosses cloches qu’il y ait en France. 1

1 Elle «^^Lfondue en 166a; som p«sds de trenle-six. * .

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Les chapelles ont été bâties à diverses époques , par ordre des archevêques et des chanoines de cette église. La première de ces chapelles qu’on trouve à droite en entrant , est nommée la chapelle de Bourbon. C’est un monument gothique du quinzième siècle*, la scidpture et l’architecture ont toutes les mignardises du riche gothique de ce tempslà. C’est dommage qu’une si belle exécution n’ait pas été employée à des ouvrages de meilleur goût.

On remarque dans diverses parties de cette chapelle, la devise du cardinal : c’est un bras avec l’épée flamboyante , et ces mots : n’ espoir, ne peur ; et celle de Pierre de Bourbon, son frère, qui fit achever cette chapelle:

c’est un*cerf ailé, avec les mêmes paroles :

n' espoir , ne peur. Son chiffre est formé d’un P et d’un A entrelacés , pour exprimer son nom^t celui Ci' Anne de France, sa femme, fille du roi Louis XI. Les chardons qui accompagnent ce chiffre , sont u^ie manière

adopta , marquer

de ^rébyj que Pierre de Boi^te| suivant. le froût du siècle . «n

que le roi lui avait donne un cher don en lui donnant sa fille en mariage.

Cette chapelle vient d’être restaurée. Les deux tableaux qui la décorent représeutent deux traits de Ja vie de Saint-Louis. On voit sur l’autel un beau médaillon de la Vierge , en albâtre. Les réparations ont produit la découverte du corps du cardinal de Bourbon , très bien conservé , et revêtu de ses habits pontificaux.

Un objet qui mérite toute l’attention des curieux, c’est la célèbre horloge faite, en 1598, par Nicolas Lippius, mathématicien de Bâle, augmentée en i 66 opar Guillaume Nourrisson , horloger, et refaite entièrement en 1780 par Pierre Gharmy , de Lyon.

Cette pièce a la forme d’une tour carrée , terminée par , un dôme , au dessus duquel est un coq qui annonce l’heure en battant des ailes et en chantant trois fois. Sur un petit balcon qui couronne le dôme , est un suisse qui, aussitôt que le carillon commence, vient frapper l’heure avec un marteau.

Cette horloge marque le lever et le coucher du soleil , les douze signes du zodiaque, les phases de la lune. Les minutes sont tracées sur un cadran de figure elliptique , de manière que l’aiguille qui en suit exactement la forme, se trouve raccourcie de cinq pouces lorsqu’elle passe sur le petit diamètre de l’ellipse. Au milieu de ce cadran elliptique est une figure immobile du soleil. Comme les mouvements sont à répétition, on a le plaisir de les faire jouer K volonté. *•.-» \ u

On voit dans cette église 'plusieurs beaux tableaux , entre autres , le Martyre de saint Barthélemi ; c’est une copie du fameux tableau du Dominiquin.

On v voit aussi deux statues en marbre blanc , représentant saint Jean et saint Étienne, et une Vierge d’un élève de Canova, dont la draperie est d’une grande vérité.

Le titre de comte était, celui que prenaient tous les chanoines de cette église dont le '■ " * • .

1 Cette horloge a besoin d’être emt^reznent ré" parée.

roi s’honorait d’être le premier. Elle a donné plusieurs papes au inonde chrétien , a vu sacrer plusieurs rois , et tenir dans son enceinte deux conciles généraux.

ÉGLISE DE SAINT-NIZIEll.

Cette église n’était d’abord qu’un lieu souterrain, dédié à la Vierge, où saint Pothin célébrait les saints mystères. On bâtit dans le quatrième siècle , sur cette chapelle , qui subsiste encore, une église dédiée aux apôtres. Elle passa, dans le sixième siècle, sous le litre de Saint-Nizier. Dans le quatorzième siècle, Renouar-d et ses héritiers firent bâtir l’église telle qu’elle est aujourd’hui. Le portail fut construit deux cents ans après sur les dessins de Philibert de l’Orme, célèbre architecte lyonnais *, les connaisseurs en font cas. Le clocher porte une aiguille d’une élévation supérieure aux édifices les plus élevés de la ville.

Au côté gauche du choeur est la chapelle de la Vierge. Elle est enrichie de l’un des

chefs-d’œuvre d’Antoine Coisevox; c’est une très belle statue de la Sainte-Vierge, que l’artiste avait faite pour orner la maison de l’angle de la rue Bât-d’Argent , d’où elle a été transférée à Saint-Nizier. Les ornements de l’autel sont de Perrache fils.

A la suite , est une autre chapelle nouvellement décorée, d’après les dessins de l’architecte Gay ; les ornements sont d’un bon goût. Sur l’autel on voit un tableau de Revoil, qui représente Jésus sur la croix; l’artiste a peint avec beaucoup d’expression les souffrances de l’Homme-Dieu mourant.

On y voit aussi un autre tableau du même , le Sacré Cœur de Jésus; ce sujet est bien traité.

Poiu faire pendant à la chapelle de la Vierge , on a fait restaurer , du coté opposé, une autre chapelle dont la forme est élégante. On a inauguré sur cet autel une statue de saint Pothm, en marbre blanc, tenant dans ses mains le symbole de la Vierge. On doit cette statue à un Lyonnais , C binard , que la mort a enlevé trop tôt aux arts , dont il était par ses talents un des fermes soutiens.

L’intérieur de l’église est remai*quable par l’élévation des voûtes * par la forme des piliers qui les soutiennent , et par l’étendue de l’édifice.

On vient de restaurer cette église ; les travaux ont été dirigés par l’architecte Pollet. Le maître-autel est remarquable par les sculptures qui.en font l’ornement et qui sont en marbre blanc ; ces statues représentent les apôtres et sont dues au ciseau de M. Legendre-Hérald.

On a construit » il y quelques années , au chevet de cette église , sur les plans de M. Flachéron , un bâtiment dont l’architecture se raccorde avec celle du reste de l’édifice. Ce bâtiment contient la sacristie et la salle des séances du conseil de fabrique.

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