II
compagnie d’artilleurs fut envoyée à Lvon pour exécuter les constructions projetées.
Ces constructions étaient composées de quatre grands bâtiments en carré, longs et couverts en ardoise, dont les combles h pignon formaient un angle très élevé. L’intérieur était rempli d’étagères bien disposées * où se trouvaient rangés dans le plus grand ordre une quantité de fusils et d’armes de tout genre. Les re7.-de-cbaussée contenaient les affûts et les caissons. A l’extrémité, on avait établi une caserne pour les canoniers.
Tous ces bâtiments s’achevaient à peine , en 1 789 , lorsque la révolution commença.*, ils devinrent le théâtre de grands événements. \
Le 7 février 1790, à midi , l’arsenal fut livré au pillage par une masse de séditieux.
. M. Imbert-Colomès, échevin, commandait la ville.
Il y avait alors dans l’arsenal trente mille fusils , dont les séditieux ne purent enle>er que trois mille , parce qu’ils furent dispersés par la garde nationale.
Les factieux . repousses de l’arsenal, s* portèrent le soir à l’Hôtel-de-Ville , avec l’intention de mettre M. Imbert à la lanterne $ ils furent de nouveau disperses.
Le régiment suisse de Sonnembergt , alors en garnison h Lyon, se mit en mouvement de la caserne, de Serin , pour venir au secours de l’Arsenal ; mais il n’arriva que lorsque la garde nationale avait déjà garanti ce dépôt.
Trois mois après eut lieu la grande fédération.
Au mois d’août suivant , 'et dans la nuit , le bombardement fait par l’armée de la Convention incendia l’Arsenal ; l’effet de cet incendie fut si prompt que dans l’intervalle de quelques heures une partie des rues de l’Arsenal, Sala, Sainte-Hélène et la place Saint-Michel furent réduites en cendres.
Ainsi furent anéantis ces quatre monuments dont le grandiose étonnait, et qui terminaient d’une manière si pittoresque le magnifique demi-cercle décrit par les quais Villeroi, du Temple et des Célestins.
Depuis cette époque jusqu’en i8o5 Remplacement de l’Arsenal était resté sans emploi. Par un décret , le gouvernement en a fait cession k la ville pour y établir un entrepôt des douanes.
M. de Satlionay , maire de Lyon , a fait construire en 1823 un grand magasin h portique sur les ruines d’un des bâtiments incendiés. Et sur le même allignement on construit sur les dessins de M. Baltard , un magnifique grenier k sel , dont la dépense sera d’un million.