THÉÂTRE DES CELESTINS
De l’ancienne abbaye des Célestins, on fit une salle de spectacle, il y a environ trente ans. Il s’en faut de beaucoup qu’elle soit à comparer même à celle de l’ancien Grand- Théâtre , ni par son étendue , ni par ses décorations} cela n’empêche pas que ce théâtre ne soit très suivi. On y joue , comme aux théâtres des boulevards de Paris, le vaudeville , le mélodrame et les variétés.
La façade de ce théâtre serait assez belle si elle était restaurée. L’intérieur est très bien distribué; mais les décors tombent de vétusté, et les ornements des loges sont trop mesquins. On assure que lorsque le Grand-
Théâtre sera achevé , on restaurera celui des Célestîns , ou que l’on construira une nouvelle salle sur une partie de l’emplacement de l’hôtel de la Monnaie.
GAIËBIE CE L’aHSPE.
De la place de la Préfecture (près de la rue Mercière) à la rue de l’Hôpital existait une allée longue , noire et sale , coupée par des cours et de vieilles maisons occupées par des charrons , serruriers , fondeurs , etc.
Cette allée portait le nom de V Argue , et s’est transformée en une magnifique galerie à l’instar de celles de Paris ; c’est une compagnie , dont les principaux chefs sont MM. Coste, Casati, Duguey, notaire, et Millon, marchand de dentelles , qui a acheté à grands frais les vieilles maisons, les a fait démolir , et sur le meme emplacement a fait élever ce brillant passage sur les dessins et sous la direction de M. Farge, architecte.
Ces travaux ont été terminés un peu avant la Saint-Jean de 1828, et la galerie a été
de suite encombrée par la foule. Ce passage a quatre cent soixante pieds de longueur et quatorze de largeur , et quatre-vingt-seize ares de magasins presque tous occupés maintenant par des cafés , cabinets littéraires, quincailliers, orfèvres , graveurs 1 , tailleurs, bottiers, marchands de châles, de nouveautés , de gravures , etc. Le côté nord est élevé de deux étages bien aérés ; la partie méridionale n’a jusqu’il la rotonde . qu’un simple entresol. Cette rotonde estornée d’une statue en bronze représentant Mercure. C’est à la partie du midi qu’est situé un théâtre ; la salle est de forme circulaire, deux colonnades ioniques corinthiennes avec de riches entablements , servent de support au premier et au second rang de loges , dont les deventures
* Au nombre des graveurs , il faut citer M. Durand, de Paris , dont l’élégant magasin est placé à la rotonde. Ce jeune artiste d’un talent distingué , surtout pour les armoiries et le cachet, se charge de tout.ee qui a rapport au commerce et à l’in' dustrie.
sont formées par des balustrades en fer et h jour. Le plafond, le lustre et tous les ornements sont riches et élégants. La scène a la grandeur convenable pour sa destination.
Ce théâtre est en même temps un café , à l’instar du café de la Paix à Paris ; mais il est bien supérieur à ce dernier , dont la forme elliptique est disgracieuse h l’oeil et gênante pour les spectateurs ».
Les maisons élevées à l’extrémité du passage, sxir la rue Mercière et sur celles de l’Hôpital , sont d’un style noble et élégant. L’entrée est formée par un arc dont l’archivolte est supporté par des colonnes d’ordre dorique. Les fermetures des magasins sont toutes uniformes et du meilleur goût. Des
1 Ce café-théâtre attirait tous les jours la foule, et cependant le propriétaires fait faillite: on dit que les frais étaient trop considérables. La troupe était très agréable pour un café ; on y jouait des vaudevilles, des parades et des pantomimes à grand spectacle. Les décors et les costumes n’étaient point mal.
cafés et des magasins de tout genre donnent au passage de l’Argue l’aspect d’un bazar perpétuel ; l’hiver , il offre aux promeneurs uu asyle contre la rigueur de la saison.
Un nouveau passage par la place Grenouille met la galerie de l’Argue en communication directe avec la place des Terreaux.
Ce passage est plus étroit que l’autre, les boutiques en sont peu profondes et occupées par des étalagistes.
On trouve encore dans ce magnifique bazar , des bains , un cabinet littéraire formant musée, qui renferme des tableaux de prix 1 , un hôtel garni et un restaurant très bien tenu par M. Caillot, et un Athénée des beaux arts. Cet établissement est entièrement consacré aux arts : une collection de tableaux d’un très bon choix tant anciens que modernes ; une collection d’antiques , des meubles gothiques , une bibliothèque composée seulement d’ouvrages qui traitent
* C’est M. Moneret qui tient ce musée ; on assure qu’il va le fermer, cela est fâcheux.
des sciences et des beaux arts; toutes les feuilles périodiques ou quotidiennes , et particulièrement les journaux litttéraires et scientifiques sont offert aux abonnés et aux étangers.
On assure que la galerie de l’Argue doit bientôt être éclairée par le gaz, cela est bien à désirer et produirait un effet magique.
La magnifique galerie de l’Argue a donné l’éveil aux spéculateurs ; il existe plusieurs projets pour en établir d’autres sur ce modèle. Des capitalistes avaient proposé à l’autorité de pratiquer une galerie parallèle à l’église de Saint-Pierre, qui aboutirait de la maison Fuchez (en face dès mafgasins de M. Paturle) dans la rue Clermont, vis-à-vis de la rue de l’Arbresec. Cette galerie offrirait une promenade agréable pour l’hiver aux habitants du quartier des Terreaux et aux nombreux étrangers de passage dans notre ville. Les marchands y seraient très avantageusement placés. Mais l’autorité municipale a refusé sa sanction à ce projet, par le mo tif que le passage serait trop rapproché
du Musée et l’exposerait à être détruit par le feu, si uu incendie s’y communiquait.
Un nouveau passage est projeté de la rue Saint-Dominique, maison Rambaud, a la rue d’Amboise , et un autre de la place Bellecour à celle des Célestins. Ce dernier aboutirait d’une maison voisine de l’hôtel de l’Europe à la petite rue située à côté du café Parisien. Il ouvrirait une communication directe de l’une à l’autre place, et serait très fréquenté ; les magasins d’objets de luxe y seraient parfaitement bien placés. Une société d’actionnaires est déjà formée pour la construction de ce passage , où rien ne serait épargné pour lui donner un caractère de grandeur et de magnificence.
SALLE DE LA LOTEAlfi.
Cette salle est vaste et bien éclairée; elle servait autrefois de jeu de paume ; le tirage s’y fait le 9, le 19 et le 29 de chaque mois. On y donne quelquefois des concerts.
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