‹ Panorama de la ville de Lyon, de ses faubourgs et d'une partie de ses environs, ou Description des curiositès, des monuments et antiquités de cette villeChapitre 54 sur 103 · MONTAGNES DE PERRACHE · texte numérisé non relu

MONTAGNES DE PERRACHE

Le jardin est très joli et fort bien distribué. La Rotonde est un édifice grandiose :

son effet est magique , surtout aux lumières qui y éclatent avec profusion. La Montagne est d’une coupe aussi hardie qu’élégante. Les courses , sur un chemin de fer , se font avec une vitesse, une rapidité étonnante; la facilité qu’on y trouve d’entrer dans le char au pied de la montagne , de monter ainsi jusqu’au pavillon , d’en descendre et d’v remonter encore sans quitter le char, est un véritable agrément pour les amateurs.

TOUR TITRAT.

Sur le point culminant de la eolfine qui domine la ville de Lyon au nord, on con-

struit en ce moment une tour qui aura trois cents pieds d’élévation au dessus du sol.

Nous ne connaissons de pareil , pour la hauteur , que la flèche de la cathédrale de Strasbourg, qui a trois cent douze pieds, mais qui est dans une plaine. Ce qu’une ville aurait hésité à faire , un simple particulier l’a entrepris avec les garanties les plus certaines d’achèvement , c’est-à-dire une volonté bien déterminée et des fonds plus que suffisants.

Cet édifice qui s’élève déjà de terre à cent quatre-vingts pieds de haut , sera totalement achevé dans l’année i83o. Son diamètre est de trente pieds à la base , il sera de vingt pieds à la cime. Le faîte sera terminé par un recouvrement en forme de temple égyptien. On y montera par un escalier intérieur fort doux de douze pieds de largeur.

Cette tour, qui serait partout ailleurs gigantesque , le paraîtra bien davantage dans le lieu où elle se trouve placée , lequel est élevé lui-même d’environ trois cents pieds au dessus du niveau de la Saône, surtout si

l’on réfléchit qu’il n’y a pas un édifice à Lyon qui ait plus de cent soixante-dix pieds.

M. Pitrat, le propriétaire, se propose de consacrer, après son achèvement, les fonds qui seront nécessaires h l’achat de ce que les arts ont produit de plus considérable et de plus parfait en instruments d’optique. Il est à remarquer que nulle part on ne pourrait tirer meilleur parti de ces instruments. Sur mer ou en plaine, on n apperçoit les objets d’une élévation ordinaire qu’à la distance de huit ou dix lieues , attendu la courbure de la terre ; mais a Lyon, le voisinage des montagnes du Lyonnais et des Alpes peut fournir les vues les plus variées et les plus étendues. On assure qu un de ces instruments permettra de distinguer un etre vivant se mouvoir à vingt-cinq lieues '.

» Au moment où nous écrivons cet article (octobre 1828) la tour de M. Pitrat, construite à ce qu’il paraît avec de mauvais matériaux , s’est écroulée en s’affaissant sur elle-même. Heureusement que les ouvriers ont pu s’apercevoir à temps du danger qui les menaçait, ils s'e sont sauvés; mais une petite

Page 1