MAISONS PARTICULIERES
A l’extrémité de la place Bellecour , du côté de la Saône , se trouve l’hôtel Lavalette , aujourd’hui appartenant à M. Saint-Ro us set. On y avait joint autrefois un vaste parterre , dont on voit encore une partie à travers la belle barrière qui l’enferme. Louis XI v logea dans cette maison en i 658 . Le prince Henri de Prusse y logea en 1784, ainsi que d’autres grands personnages. Cet hôtel est occupé en partie par une manufacture d’eaux minérales et des bains à vapeur.
L’hôtel Chevrière , où siège maintenant le tribunal de première instance , est fort ancien et a appartenu à l’église de Lyon , qui le donna , dans le douzième siècle , à saint Thomas , archevêque de Cantorbëry, lorsque ce prélat vint h Lyon chercher un asyle contre les persécutions de son souverain.
Maison *** , place neuve. C’est dans cette maison que fut commis, en 1692, cet assassinat que Jacques Aimar a rendu si célèbre.
Une baguette de coudrier à la main , il suivit la trace des coupables, en atteignit un à Beaucaire , lequel confessa son crime et fut roué vif. Les savants ont disputé long-temps sur la vertu de cette baguette divinatoire $ on n’en parle plus aujourd ? hui.
La maison Delglat, rue du Plat, est construite avec autant de solidité que d’élégance. L’empereur Joseph II y logea à son passage dans cette ville, ainsi que Gustave III, roi de Suède.
Ou voit dans la rue Sala , l’emplacement de la petite maison où mourut saint François de Sales. On y a gravé une inscription. Des religieuses de Sainte-Claire l’habitent maintenant. Une autre partie du bâtiment de ces mêmes religieuses, sur la rue de Puzy, était •occupée par les bains d’eaux minérales artificielles de M. Dittmar. Une pompe ù feu élèvait jusqu'aux toits les eaux nécessaires à cet établissement.
L’hôtel de Tolozan, près du quai Sâint- Clair, fut bâti sur les dessins de Delamonce. Il se fait distinguer des autres édifices par sa noble architecture , par son étendue et l’harmonie de ses proportions ; l’entrée est très belle et imposante. On remarque vis-àvis de cet hôtel une vaste terrasse qui aboutit au quai.
L’ancien monastère des religieuses de Sainte-Claire , où se trouve la fonderie de canons de M. Bory, était autrefois un jeu de paume. Le Dauphin , fils de François I er , y fut empoisonné par le comte de Montécuculi , en 1 55o.
La maison Auriol, vis-à-vis du pont Morand, peut donner aux voyageurs une idée du goût, de l’élégance et de la solidité avec lesquels la plupart des maisons de Lyon sont construites. La maison Auriol occupe l’emplacement de l’ancienne salle de spectacle.
L’hôtel de Jouys , rue de l’Arsenal , renfermait plusieurs ouvrages du sculpteur Julien. On voit encore dans la cour un monument antique très précieux ; c’est un tombeau
en marbre , sur lequel est sculptée la chasse de Me'le'agre. Il faisait partie des trois tombeaux que la ville d’Arles offrit, en 1640, au cardinal de Richelieu , archevêque de Lyon.
Un grand nombre d’autres maisons se font remarquer par leur grandiose , la beauté de leurs proportions, leur élévation ou leur élégance , nous en citerons quelques-unes :
i° Celle de M. Thiaffet, rue Vieille-Monnaie , maison à portique , avec un passage à magasins et de belles rampes qui conduisent à la nouvelle et belle rue du Commerce.
M. Piraut en est l’architecte *,
2 0 Deux maisons dans le goût italien , qui ont pour architecte M. Farge: l’une à l’angle de la Préfecture et de la rue Saint-Dominique, et l’autre vis-à-vis du jardin des Plantes, à l’angle de la rue des Bouchers ;
3 ° La maison des Caryatides , du même architecte, place Saint-Pierre;
4 ° Les maisons Flavien : l’une, rue Vieille- Monnaie , et l’autre, cours d’Herbouville;
5 ° La maison Catelin , place Mon tare t, faite sur les dessins de son propriétaire ;
6° La maison Ricard , place Croix-Pâquet *,
7 o La Maison Brunet, qm du clos des Carmélites domine une partie de la ville ,
8° Deux belles maisons sur.le qaaxSwnt- Benoît •, une autre à l’entrée du quai d Occident; plusieurs dans lesrues Sala et Sainte Hélène , sur la place Louis xvm elles nouveaux quartiers d’Ainar, ,
Q o La magnifique maison servant d entrée
>, une Nouvelle rue au bas Je la côte de* Carmélites, etc. , etc.
rüKS DE 1YON.
Les plus Mes et les plus régulières i sont:
Saint-Dominique, Royale, du Plat, Vau
court, Grenctte,Neuve-des-Capuc.ns,Sa^
Pierre, Puits-Gaillot , Lafont, Sala, dAu- IZnl Clermont, Sainte-Hélène de Pury, Bourbon, Roger, de Jarente,de lu Re.ne, du Commerce , et toutes les rues nouvellement nereées dans le quartier de Perruche.
1 Depuis quelques années, il y a de no velles rues ouvertes sur les hauteurs de la ville , 'a la Croix-Rousse , aux Brotteaux , etc.
Le nom des rues qui longent les rivières est peint sur une plaque de cuivre , dont le fond est jaune , à forme ovale ; celui des rues qui y aboutissent est sur un fond carré. Les numéros des maisons sont noirs pour les premières , et rouges pour les secondes ; les pairs sont à droite et les impairs à gauche. Un étranger peut ainsi se diriger dans la ville sans la connaître.
pronunatos, iUonumcnts et ertérieurs.
FAUBOURG SÀINT-IRÉNÉE.
Ce faubourg est renommé par son antiquité et par les événements remarquables dont il a été le théâtre. C’est sur une partie de la montagne que fut bâtie cette première ville , qu’un affreux incendie réduisit en cendres , sous Néron. « C’est là , dit le père « Colonia , que se présentent encore à nos -yeux tous les édifices romains , publics « et particuliers. On y voit les magnifiques « restes du palais qu’Auguste et Sévère ont
cc habité ; une muraille de cent quarante- « cinq pieds de face et de quarante-cinq « pieds de hauteur , qui nous reste encore « tout entière , est un des vestiges de celui « d’Auguste , et la durée de son ciment est « une preuve de son antiquité. On a trouve et le nom de Sévère écrit dans le palais tt qu’il habitait , étant gouverneur des « Gaules. C’est IA que nous voyons les restes te de ces aqueducs qui amenaient l’eau de te sept lieues , et qui venaient y aboutir, tt C’était là que les quatre chemins d’Agrippa te avaient leur centre commun , et c’est de te là qu’ils se partageaient en tant de bran- « ches différentes. Les bains romains , les « conserves d’eau, les voûtes souterraines tt qui servaient à la communication des dite vers quartiers de la ville , les cachots ou « l’on enfermait les esclaves pendant la nuit, tt tout cela se trouve en nature dans ce tt même lieu, et rien de tout cela n a changé tt de place. C’est là qu’existent, dans 1 en— « clos des Minimes , les vestiges de cet ante cien théâtre qui fut consacré dans le
« second siècle, par le sang de nos premiers « martyrs , et qui , ;bien que fort défigurés , « en laissent ne'anmoins apercevoir l’éini- « cycle , l’orchestre , la place des degrés , « et quelque autres parties. C’est là qu’ont , « été découverts bien avant dans la terre ,
ce ces amas de charbon, ces poutres brûlées cc ces grenailles de plomb fondu, ces iuor- « ceaux de métal , ces lampes antiques à cc moitié calcinées par le feu, reste non cc équivoques du fameux embrasement de cc Lyon. »
C’est là aussi que furent massacrés , sous l’empereur Sévère , dix-neuf mille chrétiens. On a conservé la mémoire de ce massacre horrible , par huit vers qu’on lit sur le pavé de l’église Saint-Irénée.
Dans l’église souterraine , dont la sombre entrée inspire la vénération et le respect, on montre un puits où l’on prétend que furent recueillis les ossements de la plupart de ces martyrs, avec la terre arrosée de leur sang.
Chaque année, pendant la semaine sainte , cette église souterraine est visitée par un
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grand nombre de fidèles que la piété 7 attire.