‹ PantagruelChapitre 20 sur 38 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes; entrée de FRÈRE JEAN FRÈRE JEAN

J'en suis fâché pour vous, mais la mer recommence, Les flots entrent en danse.

PANTAGRULL

Frère Jean, tu parais triste et mélancolique.

FRÈRE JEAN

N'entendez-vous donc rien murmurer sur les flots ? Amis, sur cette mer court un frisson tragique,

Et sous ces vagues, couve un réveil de sanglots, Si c'étaient, ô miracle, et la tête et la lyre D'Orphée? — Après que les Ménades en délire Eurent mis le beau corps du poète en lambeaux, Elles jetèrent tête et lyre dans les flots. L'épave surnageante Éternellement se lamente, La lyre Soupire Et vibre sur la mer.

Écoutez, écoutez au gré des vents mouvants,

Tête et lyre Harmonieusement exhalent un dernier chant.

On n'entend plus frémir que l'océan profond. Orphée est endormi dans l'éternelle gloire!

PANDRGE

Voire !

Seigneurs, ces antiques histoires Me mettent l'âme en désolation,

Fuyons, seigneurs, fuyons.

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