RELIGION PAÏENNE
P Amote, liv. T,p. 4tt, de rédiUon de Boaocoa , ae fioft pas de prtanter oassalss tsMeaux dans lous leurs
l'exemple que Jupiter hii en donne. Ceux qui veulent répandre le sang de leurs frères n'ont qu'à imiter les oorybantes. Ceux qui méditent des incestes en trouvent encore Ttiemple dans Jupiter, puisqu'il connut sa mère, qu'il épousa sa sœur et qu'il tenta la pudicitédesa fille. Ceux qui ont dessein d'opprimer les faibles trouveront dans le traitement qu'Apollon fit à Marsyas l'image de leur ii^ustice. Ceux qui brûlent d'envie de s'enrichii' du bien d*autrui, et qui 6tent la vie aux riches pour prendre après cela leur bien, n^ont qu'à s'informer de quelle manière Hercule tua Géryon et emmena ses bœufe. Ceux qu'une fureur aveugle porte à répandre le sang n'ont qu'à voir les sanglans exploits du dieu de la guerre. Enfin il n'y a presque point de crime où l'exemple et l'autorité des dieux ne puissent engager les hommes. Si quelqu'un souhaite d'apprendre ce qu'il y a de plus fort pour vaincre la résistance d'une fille et pour l'engager à aimer , il n'a qu'à songer à l'or que Jupiter jeta dans le sein de Danaé. Les traîtres apprennent à livrer les places qu'on leur a confiées de ceux qui mirent Saturne entre les mains de son fils. L'histoire des aventures de Tantale est une leçon qui enseigne à violer les droits de l'hospitalité, et à rompre le norad de l'amitié la plus sainte. Triste consolation des injustes passions 1 malheureuse étude des pernicieux exemples ! déplorable passion des faibles esprits I Vous avez fait du ciel un théâtre où se jouent de cruelles tragédies, et où la représentation des exploits héroïques des dieux précipite les hommes dans les crimes les plus atroces. Mais cependant, dans un aveu si public des plus horribles débordemens, et dans une licence si absolue et si puissamment établie, nous sommes fort obligés à ceux qui nous ont raconté les amertumes et les disgrâces des dieux , et qui nous ont appris des vérités si désavantageuses au parti qu'ils soutenaient. On a trouvé parmi les anciens , et avant que le Sauveur eût éclairé le monde de sa lumière, quelques traces de vertu. On y a vu un Diomède qui, étant sage et modéré, a blessé Vénus et dompté Mars. Ce Mars, si redoutable par sa valeur, y a paru condamné au bannissement et chargé de chaînes, par l'ordre d'Otus et d'Ëphialte. Jupiter y pleure la mort de Sarpédon, son fils, tué au siège de Troie. Neptune y est privé, par Torgueil iiuuste d'un roi , de la
MATERNUS
récompense qui lui était due pour avoir fermé une ville de murailles. Apollon y est réduit à mener pattre les troupeaux d'un autre roi. Le Soleil, qui voit tout , ne voit pas qu'on lui tue ses bœufs, et ne rapprend que par le rapport d'autrui. Sparte donne la sépulture à Castor et à Pollux. Le mont OEta porte le bûcher d'Hercule. Esculape est frappé de la foudre. Vulcain est précipité par son père et se démet le pied par sa chute. Bacchus est mis en fuite par Lycurgue. Vénus est surprise en adultère, et après avoir eu un dieu pour époux, elle oublie asseï sa dignité pour se marier à Anchise , qui n'était qu'un homme. Saturne mange ses propres enfons, de peur qu'ils n'usurpent sa puissance. L'un d'eux s'étant enfui de Crète , est reçu et caché en Italie.' Junon est dédaignée pour l'amour d'un bel adolescent. La Lune recherche Endymion. Jupiter, qui, contre la volonté de sa femme et de sa fille, voulait aller ausecoursdes Troyens, est trompé et endormi. Que la confession de tant de misères est honteuse, et que le service que l'on rend à des divinités faites de la sorte, est dur et cruel ! Cependant ce culte est commandé, sous peine du dernier supplice , par des édits sacrilèges et tyranniques, à des personnes dont la piété n'adore que le vrai Dieu. Changez vos temples en théâtres pour y publier vos mystères ; et afin qu'il ne manque rien à votre impiété, faites que les acteurs en soient les prêtres. Jamais il n*y eut de lieu si propre aux cérémonies de votre religion. Qu'une vile populace y chante les amours, les infortunes et la mort de vos dieux. C'est là où des femmes perdues apprendront, bien mieux qu'ailleurs, de la bouche de leurs docteurs impies , à renoncer à toute sorte d*honnèteté et de pudeur.
IX. Permettez-moi maintenant, très -saints empereurs, de vous montrer l'origine du culte que l'on rend au dieu de la ville d'Alexandrie, et souffrez qu'une voix aussi faible que la mienne rappelle les hommes de leur égarement et leur découvre la vérité. Joseph, fils du patriarche Jacob, ayant expliqué le songe du roi d'Egypte et prédit la stérilité et la famine dont ce royaume devait être afBigé , fut non^seulement tiré de la prison où il n'avait été mis que par l'effet d^une calomnieuse accusation et en haine de sa vertu , mais il fut encore associé au gouvernement de l'Etat. Il senit comme de main à la Pro-
vidence pour recueillir les grains de sept années abondantes, pour les serrer et pour les destiner à subvenir à la stérilité des sept autres qui les suivirent. Après sa mort, les Égyptiens lui élevèrent dès temples à la façon de leur pays , et pour faire connaître à leurs descendans Téquité avec laquelle il avait distribué le blé à ceux qui en avaient besoin , ils mirent une mesure sur sa tète. Pour rendre sa mémoire plus vénérable à la postérité , ils l'appelèrent Sérapis , du nom de Sara sa bisaïeule , qui , par une faveur singulière , avait eu Isaac à l'âge de quatre-vingtdix ans. Mais ce culte-là ne lui fut rendu que contre son inclination et après sa oiort, car un homme, rempli d'une piété aussi solide et aussi absolument dévoué au service du Trai Dieu, n'aurait eu garde d'entretenir dans l'esprit des peuples la superstition, qu'il sauit être si rigoureusement condamnée par les lob divines. Cependant son nom est révéré et adoré en Egypte , son image est soigneusement conservée par les ministres des temples, les h(Hmeun que Fantiquité lui a décernés pour reconnaltit son intégrité et sa prudence, lui sont rendus avec un empressement extraordinaire par te peuples. Les démons sont attirés vers son image par les sacrifices que l'on offre continuellemeot devant elle, comme ils sont attirés vers les autres; car le sang et l'àme des victimes ne sert à rien autre chose qu'à nourrir les démons, qui sont les enfans du diable. Porphyre, qs' a défendu la philosophie des stoïciens , et qi& en plusieurs endroits de ses ouvrages s'est dé claré ennemi de Dieu et de la vérité , nous i découvert le secret de Timpiéttf païenne. £i publiant, dans le livre qu'il a écrit sur la Pfdb' Sophie des bénédictions, la grandeur et il puissance de Sérapis , il reconnaît sa petite» et sa faiblesse ; car , dès le commencement, i confesse franchement que ce diea , ayant d évoqué et attiré dans le corps d'un homme , répondit sur ce que l'on lui demandait. Je manderais volontiers à ces honunes qui s'égai et qui se perdent hors du chemin do salut, est le plus grand , ou celui qui est évoqi appelé , ou celui qui l'appelle et qui le coni d'obéir, et qui renferme dans un corps, phjrrev nous vous sommes fort oblige de que vous nous avez expliqué quelle est la nani de vos dieux , et de ce que vous noas avez i|
DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE
pris la manière par laquelle ils sont assujettis à la voix et à Tempire des hommes. Un homme commande à Sérapis de le venir trouver. Serapis défère à ce commandement. Quand il est venu, onFenfèrme dans un corps et on Toblige de déclarer ce qu'il voudrait peut-être bien tenir secret. C'est à peu près ainsi que, dans notre religion , vos dieux sont punis par la Force de nos paroles , lorsqu'ils ont commencé à tourmenter les corps qu ils possèdent. La parole de Dileu , qui sort de la bouche d'un chrétien , est comme un feu qui les brûle; et au temps même que vous leur rendez un souverain culte, nous leur faisons souffrir les derniers supplices.
X. J'expliquerai maintenant ce que c'est que les pénates, de peur que l'on ne m'accuse d'avoir oublié quelque chose. Ceux qui sont persuadés que la vie consiste dans le plaisir du boire et du manger ont choisi des dieux conformes à une passion aussi grossière et aussi basse que celle-là , et ces dieux sont les mets qu'ils préparent et qu'ils prennent chaque jour , et d'où ils s'imaginent que dépend la conservation de leur santé et de leurs forces. Mais en cela ils montrent bien qu'ils ne sont point instruits de la vérité et qu'ils n'ont point entendu parler de l'oracle que le Sauveur prononça contre le démon , au temps du comlât qu'il lui donna pour arradber les hommes d'entre ses mains et pour les mettre en liberté. Car cet esprit impur lui ayant dit : a Si vous êtes le fils de Dieu, commandez que ces pierres deviennent des pains , » le Seigneur lui répondit : « L'homme ne vit pas seulement de pain , mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ^ » C'est donc pour n'avoir pas su quelle est la véritable nourriture de l'homme que les païens ont fait des dieux un nourriture ordinaires. Car on appelle en latin penus toutes les provisions que Ton serre et que l'on garde pour s'en nourrir dans la saison, et c'est de cette misérable nécessité où nous sommes de diercher des alimens pour soutenir notre santé et nos forces, que l'aveuglement et l'impiété des païens ont pris occasion de faire leurs dieux pénates.
XL Permettez-moi, s'il vous plaît , de vous
dire aussi ce que c'est que Vesta, de peur que
vous ne croyiez que ce soit quelque chose de fort
ancien et de fort terrible. Ce n'est rien autre
< s. Mallbieu,chap. iT.
chose que le feu de nos maisons et qui nous sert chaque jour à divers usages. Il ne doit donc avoir que les cuisiniers pour prêtres , et non de pauvres filles, qui, ou en négligeant de l'entretenir succombent à leur propre faiblesse , ou en persévérant dans leur profession , renoncent au plus grand honneur de leur sexe, qui est celui d'être mère.
Voulez- vous apprendre après cela ce que c'est que le Palladium? C'est une image faite des ossemens de Pélops, et fabriqué, à ce que l'on dit, par un Scythe. CSonsidérez , je vous prie, si une nation aussi farouche , aussi cruelle , aussi barbare et aussi inhumaine que celle-là , a été capable d'inventer quelque chose de raisonnable en matière de religion. Ce Scythe grossier et avare vendit cette image aux Troyens, qui furent assez simples et assez imprudens pour ajouter foi à ses paroles. Ils l'achetèrent par intérêt et par l'espérance du profit, et après l'avoir vue exposée en vente et mise à l'enchère , ils lui rendirent un souverain culte et lui adressèrent des prières. Si vous regardez la matière de cette image , ce n'est qu'un os de Pélops. Si l'on voulait que les hommes s'abaissassent jusqu'à adorer ces misérables dépouilles que la mort semble épargner dans les lM>mmes, il en fellait au moins choisir un dont la vie eût été honnête et sainte^ et dont les vertus eussent donné quelque recommandation au dieu que l'on avait fait avec ses reliques. Mais Pélops avait été longtemps prostitué dans sa jeunesse à l'incontinence d'autrui, et dans un âge mûr n'avait pas mené une vie moins infiàme ni moins criminelle. Il tua par trahison celui dont il recherchait la fille en mariage , et , pour ne pas donner au traître dont il s'était servi la récompense qu'il lui avait promise , il le jeta dans un précipice. Voilà quel fut , durant sa vie , celui dont , après sa mort , on choisit les ossemens pour en faire une divinité, de laquelle dépendit la conservation et le salut des villes et des provinces, des royaumes et des États. Cette divinité n'a de rien servi aux villes qui ont attendu sa protection , et leur désolation et leur ruine sont un préjugé certain de ce qu'elle doit attendre elle-même. Troie a été brûlée par les Grecs et Rome par les Gaulois. L'image de Pallas a été sauvée de ces deux embrasemens , et l'a été non par sa propre puissance, mais par le secours des hommes; sans
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eux elle aurait été réduite en cendres. Mais, si elle a été garantie du feu, elle ne Ta été que pour un temps ; elle y est condamnée , c'est un supplice qu'elle ne saurait éviter. Ce feu de la colère de Dieu s'allume et menace les pécheurs d'une terrible vengeance. Ce feu n'épargnera pas l'image de Palias, puisqu'il pénétrera tout ce qui! y a de plus caché , et qu'il consumera toutes les idoles que les fausses opinions et les vaines erreurs auront élevées. « Le Jour du Seigneur, dit un prophète , viendra comme un four ardent ^ 9 Je viens de dire ce qui sera brûlé par la chaleur de ce Jour. Il n*y a rien dans vous qui en puisse échapper ni qui puisse être gardé dans les greniers du Seigneur. Vous serez emportés comme une paille sèche et légère que la flamme réduit en flammèches. Yoilà quelle sera la fin de votre vie et le châtiment que Dieu TOUS a préparé, pour avoir, contre ses intentions et contre ses ordres , abusé de la crédulité des peuples.
Je suis bien aise d'examiner avec soin de quelle Pallas était l'image qui avait été faite des ossemens de Pélops. 11 est certain qu'il y a eu plusieurs Pallas ou plusieurs Minerves , et personne ne le révoque en doute. Parlons donc de la race, de la naissance, de l'éducation, de la condition de chacune en particulier, afin de pouvoir discerner celle au nom de laquelle fut consacrée l'image dont II est question. L'antiquité fait mention de cinq Minerves. La première fut fille de Vulcain, et ce fiit celle qui fbnda Athènes, et qui, ayant assemblé une troupe de paysans, les accoutuma h une manière de vivre plus polie et plus civile. La seconde fut d'Egypte , fille du roi Nilus , et ce fut elle qui inventa l'art de faire des étoffes. La troisième fut fille de Saturne ; mais ce fut une fille qui avait quelque chose de mâle , et qui , au lieu de se contenir dans les bornes que la pudeur a prescrites à son sexe , ne se plaisait qu'au milieu du bruit des armes et des périls des combats. La quatrième fut fille de Jupiter , roi de Crète , et ce fut elle qui hii découvrit de quelle sorte Bac* chus avait été tué. La cinquième fut fille de Pallante et deTritonis. On lui donna le nom de son père; mais elle le tua par le transport d'une fureur parricide , et , non contente de l'avoir tué , elle se para de ses dépouilles, comme à
>Malachie,chap. iv.
dessein de jooir longtemps dn fimit de son crime , et d'en fiiire un sujet de vanité et de triomphe ; cest cdie-là qui a donné son nom ao Palladium ; c'est celle-là dont l'image est consacrée; c'est elle qui, au lieu de recevoir par Tautoritédu juge le châtiment dû â rénormité de ses crimes, reçoit par les lois du scoyerain pontife un culte divin. Ayez soin d'apporter du bois pour entretenir lefèu qui brûle sur son antd, et ne cessez jamais de lui offrir vos sacrifices ; mais que ce feu, au lieu de consacrer sa gloire, fasse son supplice , et qu'il précède celui auquel elle sera un jour condamnée par l'arrêt irrévo» cable de la justice divine.
XII. Ce que jeviens dédire feitvoirdairemeDt, si Je ne me trompe, très-saints empereurs, que les ^ifices que les peuples réduits aoQs ta servitude de la superstition ont bâtis, ne sont point des temples consacrés â la gloire du vrai Dieu, mais que ce sont des tombeaux dressés pour honorer la mémoûre de certains hommes noirds de crimes. Cest là où Terreur et rimplété conservent les misérables restes de lears eorpa , où la cruauté de leur mort est renouvelée par l'immolation des victimes , où la doaleor que le temps avait assoupie est réveillée par les cérémonies qurs'observent tous les ans , et où na culte qui a quelque apparence de religion est une leçon publique d'inceste et de parricide.
Je vous supplie très-humblement, très-aaintt empereurs , de me permettre de tous représenter Tobligation indispensable oA vous èlcs d'abolir entièrement ces abominatkms et d^employer pour cet effet toute la rigueur des lois. Ne permettez pas que ces erreurs si pemideiises et si funestes se répandent plus longtemps dans l'étendue de l'empire, ni qu'elles soient eaose de la perte d'un si grand nombre de vos mgels. Je sais bien qu'il y en a quelques-uM qui sont assez aveuglés et assez endurds pour vouloir périr et pour ne vouloir souffrir que Toq les sauve. Mais ne laissez pas de les assister tnalgri qulls en aient , et soyez persuadés que le meil^ leur usage que vous puissiez fiiîre de la palssance que Dieu vous a mise entre les mains est de tâcher de guérir ces désespérés qui révisent les remèdes qu'on leur présente. Gomme noos! savons combien leur opiniâtreté leur serait fu-l neste et combien le châtiment qu'ils en souffriraient est sévère , il vaut mieux les en f^araotir
DES ERREURS DELA
contre leur propre ioclination que de leur laisser la liberté de se perdre. Il y a des malades qui souhaitent tout ce qui est le plus contraire à la santé et qui font tout ce qui est le plus capable de les empêcher de la recouvrer. C'est pour eux qu'il n'est pas permis d'avoir de la douceur. Il Faut les contraindre de prendre les remèdes les plus amers , et si leur mal s^aigrit contre ces remèdes, il faut employer le fer et le feu. Quand ils auront été guéris et qu'ils auront la liberté de leur jugement, Ils reconnaîtront combien la rigueur dont on aura usé envers eux leur aura été salutaire.
Xin. Permettez-moi, très-saints empereurs, de vous expliquer les raisons des noms que les païens ont donnés à quelques-uns de leurs dieux. Ils ont appelé soleil l'astre qui , par l'ordre de Dieu , ramène le jour sur chaque hémisphère. Ce n'est pas parce qu'il est seul qu'ils l'ont ainsi appelé, car en effet il n'est pas seul dans le ciel. La lune y est aussi bien que lui , les étoiles fixes et les planètes. Mais c'est à cause que , quand 11 se lève , il efface la lumière des autres astres et éclaire seul la terre. Ils ont appelé la lune Lucine , à cause de la lumière qu'elle répand durant la nuit. D'autres l'ont aussi appelée Diane , à cause que cette lumière semble faire de la nuit un jour. Le nom de Neptune , quils ont donné au dieu des eaux , est un nom qui marque qu'il nage. Ils ont cru que le mot de DiSj qui signifie les richesses, était un mot fort propre pour exprimer la nature de la terre, parce qu'elle reçoit dans son sein toutes sortes de biens et qu*elle les en fait ensuite sortir , ce qui montre , plus qu'aucune autre chose , ses richesses et son abondance. On a appelé la substance des biens et des fruits delà terre Proserpine , à cause qu'ils servent aux hommes aussitôt qu'ils ont été serrés. La terre même a été nommée Gérés, parce que l'on y sème les grains. Le dieu de la guerre a été appelé Mavors, à cause qa'il renverse les plus grandes choses. Le nom de Minerve, est un autre nom de guerre, et il signifie ou qu'elle diminue les forces, ou qu'elle menace. Le nom de Vénus marque l'agrément et la beauté des personnes. Le nom d'Apollon vient de ce qu'il perd tout ce qu'il a , car àirouiîv en grec slgmû^ perdre. Quelques-uns ont donaé le même nom au soleil à caQse qu'il perd sa lumière quand il approche de son couchant.
RELIGION païenne.
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Vous voyez par là que vos dieux ne sont que des ouvrages et des inventions du mensonge et de l'imposture , et que leurs noms et leurs figures ne leur viennent que de la superstition et de Tîgnorance des peuples. La vérité commence à paraître et à dissiper Terreur. Ces fictions mal digérées imprimèrent d'abord de la terreur dans les âmes faibles. Mais , quand elles eurent perdu la grâce qui accompagne presque toujours la nouveauté , elles n'imposèrent plus si fort qu'auparavant , et l'admiration qu'on avait eue pour elles se changea peu à peu en mépris. On eut la hardiesse d'examiner des mystères que l'on avait reçus sans les connaître, et en les examinant on en découvrit la fiiusseté. On s'aperçut d'abord de la vanité de la religion païenne, puis on la méprisa, et enfin on la rgeta absolument.
XIV. Je ne crois pas devoir omettre les signes et les marques extérieures qui so^t reçues dans ces misérables sectes pour discerner ceux qui font profession d'une même superstition. Ils ont leurs mots et leurs réponses qui leur sont enseignées par le démon. Il y a un temple où ceux qui veulent être admis disent : « J'ai mangé sur un tambour, j'ai bu dans une cymbale, et j'ai appris le secret de la religion.» Misérables que vous êtes , quand vous parlez de la sorte, vous confessez que vous avez commis un grand crime , que vous avez pris un poison qui portera la mort dans vos entrailles. Il y a un autre nour^ riture qui répare les forces « qui guérit les langueurs , qui détourne de l'égarement , qui met dans le bon chemin , qui relève de la chute, qui donne le salut et la vie , et qui réconcilie avec Dieu. Cherchez le pain et le vin da Sauveur. Cette nourriture céleste vous communiquera l'immortalité et vous donnera du dégoût pour toutes les nourritures de la terre. Cest 1 prendre cette nourriture que la sagesse invite les hommes , quand elle leur crie par la bouche de Salomon : a Venez , mangez de mon pain et buvez du vin que je vous al préparé ^» Ce fut la même que Melchisédech , roi de Salem et grand prêtre, présenta autrefois à Abraham. Ce fut la même qulsaac promit à Jacob lorsqu'il lui donna sa bénédiction. Comme Ésafl suppliait son père de lui faire la même grâce , il lui répondit en ces termes : «J'ai établi Jacob V(^tre
* Proverbes, u.
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frère comme votre seigneur aa-dessus de vous , pour vous œmmander , et j'ai assiiyetti tous ses frères à son obéissance. Je Taî affermi par le pain et par le vin ^ ?» Et Ësaû, voyant qu'il avait été privé de la grâce du pain et du vin , commeoqa à déplorer son malheur.
L'Esprit-Saint déclare par la bouche d'Isaîe que ce pain céleste sera donné à ceux qui seront consacrés au service de Dieu : «Voici ce que dit le Seigneur Dieu : « Mes serviteurs mangeront , et vous serez dans la Eaim. Mes serviteurs se r^ouiront, et vous serez couverts de confusion. Le Seigneur Dieu vous fera périr. »
Les impies et les sacrilèges ne seront pas seo* lement privés de ce pain céleste , mais ils seront condamnés à une mort et à une peine éternelles. Voici comment TEsprit-Saint en parle dans les psaumes : «Goûtez et voyez combien le Seigneur est doux 2 » Le pain céleste est doux , apaise la faim et basse toutes sortes de poisons. Les paroles qui suivent expliquent encore plus clairement cette vérité. «Vous , 6 saints du Seigneur, vivez dans la crainte , car rien ne manque à ceux qui le craignent. Les riches sont tombés dans la nécessité et dans la faim; mais ceux qui cherchent le Seigneur ne manqueront d'aucun bien.»
Vous qui paraissez superbement vêtus dans vos temples , qui brillez de Téclat de la pourpre et qui avez la couronne sur la tète , vous êtes menacés d'une pauvreté dont la honte et la misère sera la juste punition de vos égaremens et de vos erreurs. Celui au contraire que vous méprisez sera dans l'abondance et dans le repos qu^Abraham lui prépare. Vous lui demanderez une goutte d'eau pour tempérer tant soit peu l'ardeur de la flamme dont votre conscience criminelle et malheureuse sera tourmentée , et il ne pourra vous accorder ni vous obtenir ce léger soulagement. Alors les récompenses et les chàtimens seront dispensés à l'un et à l'autre avec une parfaite équité. La vie éterndle sera donnée à Tun pour couronner la patience avec laquelle il aura supporté les afflictions qui lui seront survenues , et un supplice étemel sera préparé à Tautre pour punir l'avidité avec laquelle il aura recherché les plaisirs empoisonnés du siècle.
Au reste , le Seigneur a eu la bonté de déclarer en tendes précis quel est ce pain qui délivre de
> Genèse, 14, 27. - * Piaunie 33.
I la mort , de peur que notre espérance ne fbt trompée par des interprétations peu fidèles. Voici donc ce qu'il dit dans l'Évangile de saiot Jean : «Je suis le pain de vie. Celui qui vient à moi n'aura point de faim , et celui qui croit en moi n'aura jamais de soif, d 11 explique la même vérité dans la suite par ces autres paroles : cSi quelqu'un a soif, qu'il vienne et qu'il boive. Celui qui croit en moi a la vie étemelle.» Et , pour montrer après cela qu'il donnerait son propre corps à ses fidèles , il dit : «Si vous ne mangez la chair du fils de l'homme et ne buvez soo sang , vous n'aurez point la vie en vous. » N'ayez donc aucune part à l'aliment que Pon mange sur un tambour, ni au breuvage que Ton boit dans une cymbale; mais cherchez le pain de h grâce et la coupe de l'immortalité. Le Seigneur vous invite à un banquet dont les mets célestes chassent le poison mortel qui vous avait infin> tés et corrompus. Faites-vous un nonvd homme par cette nouvelle nourriture. Réparez par die ce que vous avez perdu et recouvrez les grâces dont vous avez été privés. Maintenant que vous êtes instraits , choisissez celle que vous voudra de ces deux viandes, ou celle qui doiine la moit ou celle qui donne la vie.
XV. Vous dites dans vos cérémonies proiànes : «Je vous salue , nouvel époux ; je voos salue, nouvelle lumière.» Fausses opinions, pernicieuses erreurs , pourquoi précipitez-vGos ainsi les hommes dans l'abtme d'une damnation irrévocable! Pourquoi les flattez-voH en vain de l'espérance de le rendre heorenx ! 11 n'y a parmi vous ni lumière ni époux. L'unique lumière et l'unique époux, c'est Jésos- Ghrist. Vous ne lui sauriez ravir ce bonheur et cette gloire pour vous les attnbuer. Voos êtes tombés dans des ténèbres où la saleté, la misère, le tremblement et l'horreur font ira perpétud séjour. Que si vous voulez être éclairés de quelque rayon' de la splendeur céleste , ouvrez la yeux , et , renonçant à la lumière sensible et \ répoux profane, toumez vos vues vers celui qiri a dit qu'il est la lumière du monde , et qui nous a commandé de faire reluire dans notre conversation et dans nos moeurs l'éclat des Tertos chrétiemies et des bons exemples. Nous ne saurions nous acquitter de ce devoir que ooiâ n'ayons fait en sorte que notre conscience soit pore et notre vie sainte. Alors la lumière de k
DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE
grâce se répandra sur nous , Fauteur de la lumière se communiquera à nous, et la lumière même éternelle et divine se laissera voir à notre esprit.
Maintenant, pour réprimer Pinsolence de ces paroles sacrilèges dont les cérémonies profanes ont consacré l'usage parmi les païens, je ferai voir, par Fautorité des livres sacrés, que le véritable époux est Jésus-Christ, que réponse est l'Église, et que c'est de leur union mystérieuse que naissent incessamment des enfans spirituels. Pour établir solidement cette vérité, nous n'avons qu'à révéler le secret des prophéties et à expliquer les termes des divins oracles. Voici les paroles que l'Esprit-Saint met dans la bouche de Joél : a Chantez de la trompette sur la montagne de Sion, sanctifiez le jeûne, annoncez la guérisonaux malades, assemblez le peuple, purifiez l'Église , révérez honorablement les vieillards, rangez les enfans en bel ordre, et après cela que l'époux sorte de sa chambre et que l'épouse sorte de son lit i.» Jérémie exprime la même chose par cette menace : « J'ôterai aux villes de Juda et aux villes de Jérusalem les cris de joie, je leur ôterai la voix de l'époux et la voix de l'épouse 2. «L'Esprit-Saint décrit encore la démarche de l'époux quand il dit dans les psaumes : « Il sort comme un époux de sa chambre nuptiale. Il va plein d'ardeur comme un géant commence sa course :îl part d'un bout du ciel et continue son tour jusqu'à l'autresans qu'il y ait rien qui se cache à sa chaleur ^. » Que si nous voulons approfbndir encore davantage ce mystère, nous trouverons dans l'Apocalypse quel est cet époux. « Je vis la ville sainte , la nouvelle Jérusalem, qui, venant de Dieu, descendait du ciel, étant parée comme une épouse qui se pare pour son époux ^. » Si nous voulons encore voir ce que les évangélistes ont décrit sur ce svyet, nous apprendrons que saint Jean en a parlé en ces termes : « Vous m'êtes vous-mêmes témoins que je vous ai dit que je ne suis point le Christ, mais que j'ai été envoyé devant lui. L'époux est celui à qui est l'épouse ; mais l'ami de répoux, qui se tient debout et qui l'écoute, est ravi de joie, à cause qu'il entend la voix de répoux*.»
• Joôl, chap. 1 — * Jéréroie, chap. 16. » Psauinc 18. — ♦ Apocalypse, chap. 21.
* â^. Jeaa , chap. 3.
Une troupe de sages vierges attendent cet époux et tiennent leurs lampes allumées pour Féclairer. Les serviteurs qui l'attendent recevront la récompense due a leur fidélité et à leur persévérance. Voici de quelle manière il en est parlé dans l'évangile de saint Luc : « Que vos reins soient ceints, et ayez toujours dans vos mains des lampes ardentes; et soyez semblables à ceux qui attendent que leur maître retourne des noces, afin que, lorsqu'il sera venu et qu'il aura frappé à la porte, ils lui ouvrent aussitôt. Bienheureux seront les serviteurs que leur mat* tre à son arrivée trouvera veillant ^»
Voilà celui qui est appelé époux par la bouche de la vérité. Pourquoi donc, dans le dangereux état où vous êtes, avez-vous Finsolence d'usurper un si beau nom ? Si vous voulez suivre la lumière que l'on porte devant l'époux, renoncez à vos erreurs et expiez vos péchés par les exercices d'une solide piété. Si l'époux vous trouve veillants, il récompensera libéralement votre fidélité, en vous ouvrant son palais, en vous découvrant la gloire de son royaume, en vous communiquant Fimmortalité.
XVI. Ily a une autre cérémonieoù ceux d'entré les païens qui l'observent se distinguent en prononçant ces mots: «Le Dieu issu de la pierre 3. » Pourquoi profanez-vous un nom si saint? Il y a une autre pierre dont Dieu a promis d'affermir les fbndemens de la céleste Jérusalem , et cette pierre, c'est Jésus-Christ. Votre pierre n'a rien de solide ; tout ce que l'on met dessus tombe en ruines. La nôtre au contraire est placée par la main de Dieu, affermie sur un fondement inébranlable, et elle soutient un édifice dont elle fait la force et la beauté. Isaîe, rempli de l'esprit de Dieu, en parle en cette sorte : « C'est pourquoi , dit le Seigneur Dieu : Je m'en vais mettre pour fondement de Sion une pierre éprouvée, une pierre angulaire, précieuse, qui sera un ferme fondement. Celui qui croira en elle ne sera point confondu 3. Le roi auteur des psaumes , rempli du même esprit, dit aussi : « La pierre que les architectes avaient rgetée a été foite la tète de Fangle. Cest là l'ouvrage du Seigneur, et nos yeux le regardent comme un miracle ^.9
Dieu a voulu que plusieurs autres prophètes
« s. Luc, chap. 12.-> 11 s'agit ici de Millm. ' l»aïe , chap. 28. — * Piaume 117
MATERNOS.
uent révélé le même mystère, et c'est par son ordre queZacbarie a dit : «J'amènerai mon serviteur, qui s'appelle Orient. La pierre que j'ai mise devant Jésus, est une pierre sur laquelle il y a sept yeux ^ b Pour éclaircir de plus en plus cette vérité, nous pouvons produire un témoignage plus ancien et contenu dans ces paroles du Deutéronome:«Vous écrirez toute la loi sur cette pierre ^. » Nous en avons encore un autre tiré du livre de Josué, où il est dit «qu'il prit une grande pierre, et que l'ayant mise sous le chêne qui était proche du sanctuaire, il dit au peuple : Cette pierre me servira de témoin, parce qu'elle a entendu toutes les paroles que Dieu vous a dites. Elle me servira de témoin au dernier jour, lorsque vous vous serez éloignés de votre Dieu ^l)
Daniel a déclaré très-eipressément, dans l'explication qu'il a faite du songe deNabuchodono- 8or , que cette pierre , qui n'est autre que Notre- Seigneur Jésus-Christ, brisera les idoles et dé truira les temples. «Cette statue, dit-il, d'une grandeur extraordinaire et d'un aspect terrible, étaitde bout devant vos yeux. Sa tète était de pur or , son estomac et ses bras étaient d'argent , son ventre et ses cuisses étaient d'airain , ses pieds étaient en partie de fer et en partie de terre. Une pierre, qui s'est détachée d'elle-même de la montagne est tombée sur ces pieds de fer et de terre, lésa écrasés et réduiu en poudre. Le fer, la terre, l'airain, l'argent et l'or ont été brisés menu comme la paille et comme la poussière pendant la chaleur de Tété. Le vent les a emportés de sorte qu'il n'en est rien demeuré. La pierre qui avait frappé la statue est devenue une grande montagne et a rempli toute la terre, p
Y a-t-il quelque lieu où le nom du Sauveur n'ait point été porté? T a-t-il, en Orient ou en Occident, au Septentrion ou an Midi, quelque pays qui n'ait point été rempli de l'éclat de sa miû^té P Que si l'idolâtrie a encore quelque reste de vie et de mouvement, ce n'est plus que hors de l'étendue de l'empire. La pierre dont les païens parlent dans leurs cérémonies n'est point celle dont parlent les prophètes. Ce n'est point notre pierre, qui est Jésus-Christ, qui est le fondement de la foi, qui est posée dans l'angle pour joindre les deux murailles de l'Ancien et du Nou-
^ Zach. , chap. 3. — • DraUronome, ciiap. 27 'jMaé,chap.24.
veau Testament, pour assembler tous les peuples, ou pour réunir au moins le corps et I âme par le nœud de l'immortalité. Cette pierre sert ou de table pour écrire lescommandemensde la loi, ou de témoignage pour convaiocre ceci qui les violent. Mais ce qu'il y a de pluscoosidérable, c'est qu'elle frappe l'image da diable, qu'elle le renverse et le réduit en poudre, qu'elle s'élève comme une montagne qui porte sa diBe dans les nues, et qu'elle établit unedominatioD toute juste et toute sainte.
C'est ici, très-saints empereurs Goostanceet Constant, que nous sommes obligés d'impbrer le secours de votre foi, qui vous élève si fort au-dessus de la terre, qui vous approche de si près du ciel, et qui vous fait suivre en tootes choses les ordres de Dieu. U reste peu à hk par Tautorité de vos édits pour achever d'abattre le démon et d'abolir ridolâtrie; ce poison mortel est presque entièrement dissipé. Levez donc l'étendard de la foi, à la faveur duquel vous avez surmonté tous les ennemis qui s'opposaient à votre puissance. Faites publier la loi de Dieu et commandez qu'elle soit inviolabl^ ment observée dans tous les lieux qui relèvent de votre empire. Que l'affermissement de b religion chrétienne et la ruine des superstitious profanes soient le fruit de vos victoires. En cela vous aurez le bonheur et la gloire d'être les ministres et les exécuteurs des volontés de Dieu. Vous démolirez le temple par les mains des honunes, comme il en a chassé les démoos en étendant paisiblement sa main puissante. Élevez des trophées qui soient un mooumrat éternel de la défaite de Terreur. Il n'y a point de triomphe si juste que celui qui est décerné apris une guerre aussi sainte que celle-là. La joieqae cette victoire apporte est une joie toute pure et qui n'est point mêlée de larmes ; ellenecootribue qu'à l'honneur de Dieu et au salut des hommes.
XVn. Continuons à rapporter les marqnes particulières dont les sectes profanes se servent pour se distinguer, et voyons l'abus sacrilège que l'esprit impur a fait en ce point des parob sacrées des prophètes. Nous trouvons un oracle conçu de cette sorte : « Soleil à double corne et à double forme.» Ce dieu- là n'a pas seuI^ ment double forme, il en a plusieurs; il preod toutes sortes de figures pour tromper. Ccsi le basilic et le scorpion qui est écrasé par 1
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des fidèles; c*est le dragon qui est pris à Iliameçon , qui est paré des écailles du serpent de Leme, et qui voit renaître les tètes de Thydre. C'est en vain que tu te reproduis de la sorte. Nous savons le moyen d'assurer ta mort et d'arrêter les progrès de ton venin. Nous avons bu le sang de notre Sauveur, et ce sang immortel s'est mêlé avec le nôtre. C'est le remède salutaire par lequel ton poison est chassé.
Mais qui a jamais vu avec des cornes ce dieu que les pa!ens pleurent dans leurs Fêtes? Quelles sont ces cornes qu'il se glorifie d'avoir? Il y en a d'autres dont le prophète rempli de l'Esprit- Saint fait' mention , et le diable s'efforce de les attacher à son front. Ces cornes sont les parties de la croix ; un des bouts soutient le ciel , et Tautre affermit la terre. Un des bras s'étend vers l'orient et l'autre vers l'occident , et tous ensemble servent comme de base et d'appui à l'univers. Un prophète nous a expliqué ce mystère, quand il a dit : «Sa puissance a couvert les cieux , et la terre a retenti du bruit de ses louanges. Son visage est éclatant comme un astre, et ses'comes sont dans ses mains ; c'est là que réside sa force et son honneur. Cest le trAne où il fait paraître son amour; c'est le chemin que le Verbe a voulu tenir ^»
Voilà la croix immortelle à laquelle le Seigneur étant attaché soutient tout l'univers, qu'il a fait le signe et l'instrument de notre salut, et qu'il porte comme l'étendard de la vie éternelle, ainsi que le prophète nous en a avertis, quand il a dit : a II portera sur son épaule sa principauté, et il sera appelé le conseiller 3.» Dans le combat qui fut donné à Amalec, Moïse étendit ses bras en forme de croix pour obtenir la victoire. Gourez vers cette croix. Que la justice, la chasteté, la miséricorde, la patience et la foi vous y attachent, afin que le signe salutaire que vous avez reçu an baptême vous fasse participer au mérite de la mort du Sauveur.
XVin. Proposons encore une autre marque par où les païens se distinguent , et tâchons de découvrir l'artifice dont le démon se swt pour corrompre, par une fausse imitation, ia vérité de nos mystères. Ils couchent une ima^;e dans une chaise , et la pleurent avec mesure et avec nombre. Lorsqu'ils sont las de pleurer, ils allunnent des flambeaux. Alors le prêtre frotte * Habacuc , thap. 3. — * Isaïe» cbap. 9L
RELIGION païenne. 763
d'un baume la gorge de ceux qui ont pleuré, et leur dit ces paroles : a Ayez bon courage , vous qui avez été instruits des mystères, et vous serez soulagés dans vos travaux. » Pourquoi excitezvous ces misérables à prendre courage? Pourquoi les trompez-vous, en les exhortant à se ré« jouir? Quelle assurance leur donnez-vous, ou même quelle espérance de leur salut? Ne savezvous pas que vos promesses sont vaines? 11 est certain que votre dieu est mort. On ne remarque plus en lui aucun signe de vie. Il n'y a point d'oracle qui ait promis qu'il ressuscitera. Aussi n'est-il point ressuscité, et n'a point donné de preuve de sa résurrection en se faisant voir à ses disciples. Vous mettez une idole dans le tombeau, vous la pleurez; vous la retirez du tombeau , et vous vous réjouissez. Vous êtes vous-mêmes les défenseurs et les protecteurs de votre dieu. Ce n'cbt qu'une pierre insensible que vous placez et quevous ajustez de telle manière qu'il vous platt, et dont vous corrigez les défauts. Ce dieu vous est sans doute fort obligé , et vous témoigne sa reconnaissance, en vous rendant des devoirs semblables à ceux qu'il a reçus de vous, et en vous faisant vivre et mourir de la même sorte qu'il vit et qu'il meurt. Pour ce qui est de la cérémonie de frotter d'un baume la gorge de ceux qui ont pleuré, qui est-ce qui ne voit pas que c'est une cérémonie vaine et inutile, et que l'on doit mépriser. Le diable a donc des personnes qu'il marque de ce baume, et qui sont en quelque sorte ses Christs, parce qu'il est l'Antechrist. Il communique l'infamie de son nom à ceux qu'il a rendus complices de ses crimes. Gardez ce parfum-là pour ceux qui sont morts , et pour ceux qui doivent mourir. Gardez ce poison pour ceux que vous avez pris dans vos filets, et que vous destinez à une mort étemelle. Il y a un antre parfom , que le père a donné au fils, et que le fils communique aux fidèles. C'est un parfum composé par un si merveilleux secret, qu'il se conserve sans se corrompre jamais et sans rien perdre de son odeur. Les effets sont encore plus surprenans, puisqu'il chasse toute la corruption que la mort avait jetée dans nos veines, et qu'il tire un homme nouveau du tombeau et des cendres du vieil homme. Ce grand mystère est expliqué d'une excellente manière par ces paroles de David : «Votre beauté surpasse cellç ^e tous les çnfiuis des hommes. La
MATERNUS
grâce s'est répandue sur vos lèvres; c'est pourquoi Dieu vous comblera de béuédictions pour toute Féteroité. O très-puissant ! ceignez-vous de votre épée, armez-en votre côté. Étant tout brillant de beauté et de gloire, comme vous êtes, entrez dans les grands succès où votre magnificence vous doit conduire, àcausede votre vérité, de votre douceur et ne votre justice; et la pui^ sance de votre droit vous fera feire des actions miraculeuses. Vos flèches sont pénétrantes, elles transperceront, 6 roi! le cœur de vos ennemis. Les peuples tomberont à vos pieds. Votre trône, ô Dieu ! sera un trône éternel. Le sceptre de votre empire sera un sceptre de droiture et de justice. Vous avez aimé la justice, et vous avez haï riniquité. Cest pourquoi votre dieu vous a oint d'une huile de joie, en une manière plus excellente que tous ceux qui participeront • à votre gloire. Vos habillemens, tirés de vos palais d'ivoire, seront parfumés de myrrhe, d'aloès et d*ambre, et vous donneront de la joie. Celles qui sont en honneur auprès des bons, sont des filles des rois ^ 9
Voilà quelle est la force de ce parfum immortel, auquel est attachée la puissance de commander à toute la terre. Il y a un autre oracle de l'Écriture, qui marque clairement le nom de celui qui a été honoré de cette puiissance. a Pourquoi les nations s'assemblent-elles en tumulte, et pourquoi les peuples forment-ils de vains projets? Les rois de la terre se sont élevés; et les princes ont conspiré contre le Seigneur et contre son Christ, p
Prévention sacrilège , pourquoi t'empare»-tu aussi des esprits des hommes ? Le parfum du Sauveur donne un empire qui n'aura point de fin, et le parfom des idoles prépare un feu ,qui ne s'éteindra jamais. Ferai -je ici un examen plus particulier des paroles que ce prêtre des faux dieux prononce avec sa bouche impie P Après avoir tiré son dieu d'entre les bras de la mort, il exhorte ses compagnons à prendre courage et à concevoir de bonnes espérances. Ces espérances-là sont trompeuses; ce sont des promesses fiiusses et des pièges dangereux. Gomment ce Dieu a-t-il été tiré d'entre les bras de la mort P Apprenez ce que vous ignorez. C'est Jésus-Christ , fils unique de Dieu , qui est mort pour le salut du genre humain; il a souffert les
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plus cruels supplices pour nous délivrer de h servitude dans laquelle nous gémissions , pour apaiser la colère de son père et le réconcilier avec nous , pour nous faire voir dans la résurrection une image de celle qu'il nous promet. Durant les trois jours qu'il fut aux enfers , il y assembla une troupe d'âmes saintes et les affranchit de la puissance de la mort , brisa leurs fers et ouvrit les portes qui les tenaient enfumées. Il a par ce miracle fait trembler la terre et ébranlé les fondemens de Tanivers. L^ globes du ciel précipitèrent leur mcmvement, et le soleil se hâta de se cacher. La nuit obscurcit Tair , et le voile du temple se brisa. Tous les élémens sentirent les douleurs de Jésos-Chrêt et combattirent avec lui contre la tyrannie deb mort. Ce combat dura trois jours, et se tamioa heureusement par la défaite de celte cnidle ennemie des hommes. Ames saintes , ne perdez pas courage et ne vous abandonnez pas à rimpatience ni au désespoir. Attendez trois jours; c'est le terme que l'Esprit-Saint a prescrit, par la bouche de David , au triomphe da Sauveur. cOn nous regarde comme des brebis destinées à la boucherie. Levez-vous , Seigneur. Pourquoi dormez- vous ? Réveillez-vous et ne vous éloignez pas de nous pour jamais. Pourquoi nous cadiezvous votre visage ? pourquoi oubliez-vous nos maux et l'oppression que nous souffrons? Notre àme est abaissée jusqu'à la poussière de notre ventre et attachée à la terre. Levez-vous et Tenez nous secourir. Délivrez - nous par votre miséricorde ^d
Le troisième jour est plus éclatant qu'ancua autre , et le soleil y répand une lumière extraordinaire, comme à dessein dUionorer le triomphe du divin Sauveur. Une foule d'àmes saintes suivent son char et s'écrient , dans le transport de leur joie : a O mort ! où est ton aiguillon ^ ? > II commande que le ciel s'ouvre pour y rétablir l'homme qu'il a racheté. Le prophète rapporte les propres termes auxquels il fait ce conunaiH dément : «Portes grandes et élevées , ouvrei vous ; portes éternelles , ouvrez-vous, afin que le roi de gloire fasse son entrée. » Les anges qui reçoivent ce commandement, et qui ne savaient point encore que le Verbe de Dieu était descendu sur la terre, s'informent avec soin et
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'11. K pitre aux Coriothiens^cbap. 16.
DES ERREURS DR LA RELIGION PAÏENNE
demandent: «Qui est le roi de gloire ?» G*est pourquoi Jésus-Christ leur répond clairement : «C'est le Dieu fort et puissant, c'est le Dieu invincible dans les combats. »
Ces gardes vtgllans des fidèles reconnaissent à Fheure même le Fils de Dieu et apprennent ce qu'ils avalent ignoré. Ils voient les dépouilles de l'ennemi vaincu , et , se souvenant de Tordre que Dieu avait établi au commencement dans le monde , ils joignent leurs voix à celles de la troupe bienheureuse qui entre dans le ciel , et disent avec elles : «Portes grandes et élevées , ouvres-vous; portes éternelles, ouvrez-vous, afin que le roi de gloire fesse son entrée.» Le père met le sceptre dans la main de son fils et le fait asseoir sur son trône , afin qu'il y règne et qu'il y commande éternellement avec un pouvoir égal au sien. Je vous rapporterai, si vous l'avez pour agréable , les paroles que Dieu même dicta autrefois à Daniel sur ce sujet. «J'eus , dU-il y une vision pendant la nuit, et tout d'un coup le fils de l'homme parut marchant sur les nues. 11 s'avança jusqu'à l'Ancien des jours et se tint debout en sa présence. Ceux qui Tavaieut accompagné le lui présentèrent. La puissance royale lui fut donnée. Tous les princes de la terre , tout ce qu'il y a de plus relevé et de plus, éminent lui obéira. Sa puissance est une puissance qui ne lui sera point 6tée , et son règne n'aura point de fin ^ b
La magnificence du même triomphe est décrite dans TÂpocalypse. «Je me tourne pour voir celui de qui j'entendais la voix , et , regardant derrière moi, je vis sept chandeliers d'or ; et au milieu de ces sept chandeliers d'or j'aperçus un homme qui ressemblait au Fils de l'homme, yètu d'une longue robe, et ceint au-dessous des mamelles d'une ceinture d'or. Sa tète et ses cheveux étaient blancs comme la laine la plus blanche et comme la neige ; ses yeux ressemblaient à une flamme de feu ; ses pieds étaient' semblables à l'airain le plus pur et le plus luisant , et étaient aussi ardens que s'ils eussent été dans une fournaise , et sa voix retentissait comme le bruit des plus grandes eaux. 11 avait en sa main droite sept étoiles , et de sa bouche sortait une épée tranchante qui coupait des deux cùtés, et son visage était aussi brillant que le soleil dans sa plus vive lumière. Au moment
'0Hiiiel,€kap.7.
où je l'aperçus, je tombai à ses pieds comme mort ; mais il mit sur moi sa main droite et me dit : Ne craignez point ; je suis le premier et le dernier ; je suis celui qui vis ; j'ai été mort , et je vis maintenant dans les siècles des siècles , et je tiens dans mes mams les défis de la mort et de l'enfer ^ s
Lorsque après sa résurrection il déclara ses intentions à ses apôtres, et qu'il leur fit les commandemens qu'il voulait qu'ils observassent, il termina son discours par les paroles qui suivent : «Toute puissance m'a été donnée dans le ciel et sur la terre. Allez donc et instruisez les peuples , les baptisant au nom du Père , du Fils et du Saint-Esprit , et leur apprenant à observer toutes les choses que je vous ai commandées ^.9
La communication que le Père lui a faite de son tr6ne et de sa puissance est contenue précisément dans cette prophétie : « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Asseyez-vous à ma droite, jusqu'à ce que j'aie réduit vos ennemis à être foulés sous vos pieds. Le Seigneur fera sortir de Sion le sceptre de votre r^ne. Vous dominerez au milieu de vos ennemis. On reconnaîtra que vous êtes roi au jour de votre force , lorsque vous serez environné de l'éclat et de la splendeur des saints. Je vous ai engendré de mon sein devant l'étoile du matin. Le Seigneur a juré, et il ne rétractera point son serment ^. »
Quelque ferme que soit le fondement sur lequel ces vérités sont établies, elles ne laissent pas d'être en quelque sorte ébranlées par les ennemis de Dieu, qui, étant agités par le mouvement déréglé de leurs passions , conçoivent des vœux impies, et qui, étant transportés par la fureur de la superstition , adorent continuellement le bois et les pierres.
XIX. Pour ruiner entièrement les fictions qui ont été inventées par les défenseurs de la super^ stition païenne, je crois devoir représenter fidèlement en cet endroit ce que la parole de Dieu nous a appris , par le ministère des prophètes ,\ touchant l'ordre qu'il a tenu dans la réparation et dans la rédemption du genre humain. Et pour cet effet , je vous supplie , très-saioto empereurs, de me permettre une petite digressioui et de me prêter cependant une attention favo*
* Apocal.,chap.l.
• S. MatUi., cbap. 28.— • Piaume 109.
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rable. J*expliquerai d'abord les raisons pour lesquelles Dieu, c'est-à-dtre le Fils de Dieu, a bien voulu se hire homme. Lorsque Dieu fit le premier homme à son image , il lui donna des préceptes et des lois. Mais ayant été trompé par sa femme et corrompu par les discours empoisonnés du démon, rhomme perdit TespéraDce de la gloire qui lui avait été promise. Ce Ait en mangeant les fruits d'un arbre qui était dans le paradis qu'il fit cette perte. Son corps avait été formé d'une terre vierge; car, selon le témoignage de rÉcriture, il n^avait point encore plu sur la terre. En violant le commandement de Dieu, il rendit ses descendans sujets à la mort. Pour réparer cette fiaute , il fallait remonter jusqu'à l'origine ; et comme Adam , qui avait perdu la vie par son péché , avait un corps formé d'une terre vierge , il était à propos que Jésus -Christ, qui devait Jouir de rimmortaiité et de la gloire, naquit d'une vierge par l'opération du Saint-Esprit. Ainsi l'una regagné par son obéissance ce que l'autre avait perdu par son péché. Après une longue suite d'années , et dans les derniers temps, le Verbe de Dieu a pris un corps pour racheter les hommes et pour les rendre immortels. Sans cela qu'eussent pu faire les saints de l'Ancien Testament ? Où aurait été l'espérance de leur salut et la récompense de leurs bonnes œuvres , puisqu'ils seraient toujours demeurés assujettis à la loi de la mort ? Abel , Enoch , Noé , Sem , Abraham , Isaac , Jacob , n'auraient rien eu à attendre de la bonté ni de la miséricorde de Dieu. Avec tout le mérite de leur foi, ils auraient été enveloppés dans la condamnation générale , et leur piété ne les aurait point exemptés de la loi commune des autres. Mais parce que Dieu avait promis à Abraham da haut du ciel que sa postérité pos» séderait un empire absolu, Marie, vierge issue de la race d'Abraham , conçut un Dieu, afin que les descendans et les imitateurs de ce palriar*die, étant réconciliés avec Dieu par l'aoconn plissement de ce grand mystère, pussent obtenir par le mérite de leur foi le royaume de la gloire. XX. Après que je me suis acquitté de ma promesse, très-saints empereurs, et que j ai satisfit , autant qu'il m'a été possible, au désir louable que vous aviez d'entendre ces vérités de notre religion , permettez*moi , sll vous plaît , de rapporter le reste des mots qui servent comme i
de marque pour distinguer les sectes particuiiferes des païens. Quand je n'aurais aucun autre fruit de mon travail, je tâcherais au moins de purifier les oreilles de la corruption doai ces superstitions profanes les remplissent.
Un des mots les plus dangereux que les païens aient enseignés à ceux qui sont assez aveugles et assez misérables pour h»Groire,cst cdui-d.cLe taureau est père du serpent, et le serpent est père du taureau. » Vous nous avez enfin , 6 démon! découvert votre nom, vous nous avez enfin confessé ce nom détestable. Je sais qui vous êtes ,^ je sais jusqu'où va votre inaolcnoc et jusqu'où monte l'excès de vos crimes; c'est ce que vous promettiez à t ve , lorsque, pour la axrompre et pour le perdre, vous lui disiez: «Vous serez comme des dieux^» Vous posio dès lors les fondemens des temples où vous souhaitiez d'être adoré avec vos oompagnons. Vous rampez dans ces temples, et vous yousy r^ paissez du sang des victimes que l'on y immok. Vous n'y épargnez pas même cdui des bommes, et vous en buvez souvent pour apaiser la soif cruelle qui vous dévore. L'autel de Garlbagc en est tout trempé et fournit de quoi rusassier votre rage et de quoi tempérer l'ardeur de votre venin. En cela même, et dans le temps que vom flattez les hommes par vos promesses , que vous les trompez par vos ruses, que vous les tua par votre cruauté , vous avez l'instdeiice de vm vanter de vouloir leurs avantages. Est-ce ainsi, ô parricide, que vous leur fiiites du bien ? Fnyo, 6 hommes! dont on ne saurait assez déplorer l'aveuglement, fuyet le poisoD mortel de ces superstitions. C'est un serpent que vous adores. Il ne peut plus se cacher depuis qu'il s^esl trahi lui même. Il n'a pas plutôt été découvert et oonvaincu qu'il a été aussi condaouié. fiooatez l'arrêt de condanmation qnisaîe a prononcé par l'ordre de Dieu. «En ce temps-là, le Sei^cor viendra avec sa grande épée, son épée pénétrante et invincible pour punir ce «crpent im-f mp!ise , et il fera mourir ce serpent ^^ » Ls volonté de Dieu ne manque jamais d'avoir son effet; œ qu il ordonne est exécuté, et toute la ooosolatîon qui peut rester au serpent après sa conda m* naiion, c'est d'être suivi d'un grand nombre de personnes qui périssent avec lui» Que si qodqu'un désire savoir quel a été le jour de en mort» < Genèse , diap. 3. -* > Me , dup. 17.
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) apprenne qu'il a reçu le coup mortel au ueot où Dieu s'est fait homme et où le Verbe )mmencé à paraître parmi nous. Quiconimicera le serpent mourra avec lui. C'est |ui a inventé et qui a formé tous les dieux vous adorez. Que si vous vous opiniâtres à eurer dans Terreur qui vous tient attachés à culte, vous brûlerez du même feu qui fait supplice.
XL Le diable n'a rien oublié pour perdre nme. Il a pris pour cela toutes sortes de tes. Mais parce qu'il savait que les hommes ient retrouver dans la croix l'immortalité s avaient perdue par leur péché , il a voulu omper par quelque sorte de ressemblance de 3ix, en se servant du bois de plusieurs arbres la célébration de ses mystères impies. Dans ^les que l'on solennise tous les ans en Phpyn rhonneur de la mère des dieux, on coupe n et on attache un jeune homme au tronc. celles que Ton célèbre en l'honneur d'Isis, )upe pareillement un pin, on en creuse le ;, et on y enferme comme dans un tombeau ge d'Osiris, qui est faite des branches du e pin. Dans les fêtes de Proserpine, on e un arbre et on en taille le tronc en forme 3 fille ; on porte en suite cette image dans le, où, après l'avoir pleurée pendant qua- ! nuits, ou la brûle. Tous les autres arbres j'ai parlé , ont le même sort et servent à la ; Tannée à faire un bûcher. Le feu que vous lez pour célébrer ces sacrifices impies ne servira de rien. Mais celui que la justice de allumera pour vous punir , ne s'éteindra is. Apprenez quelle est la puissance de Tarui a servi à la rédemption du genre humain, ihez que les autres que vous employez dans lystères profanes ne vous apporteront au- «cours. L'arche a préservé une famille des du déluge. Abraham a mis sur les épaules n fils unique le bois dont il voulait entrele feu de son sacrifice. La verge de Moïse rvit à tirer le peuple de Dieu de la servid'Egypte et à le conduire dans le désert, ois que Moïse jeta dans l'eau en changea rtume en douceur. Sa verge fit sortir ! pierre une souce d'eau vive ; elle lui serétendre ses mains pour demander et pour lir la victoire contre Amalec. Le patriarche vit les anges monter et descendre par une
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échelle mystérieuse. La loi de Dieu fiit enformée daas Tarche. Ces divers usages auxquels Dieu permit que tous ces bois dont je viens de parler aient été employés dans l'Ancien Testament, sont autant de figures qui représentent le mystère de la rédemption , qui devait être aooompli sur l'arbre de la croix. Cet arbre de la croix soutient le ciel, affermit la terre et donne la vie à tous ceux qui sont attachés à lui. L'arbre du diable au contraire sert de pâture au fou, et entraîne jusqu'au fond de Tenfer avec ses flammèches et ses charbons cen qui mettent en lui leur confiance.
Remarquez encore une cérémonie que le diable veut que les païens observent : c'est que , en lui consacrant un arbre, ils immolent vers minuit un bélier au pied de cet arbre. Esprit impur, où as-tu appris ce mystère, et jusques à quand contreferas-tu les œuvres de Dieu? C'est avec justice que ton châtiment n'aura point de fin, puisque tu n'en mets point â tes crimes et que tu inventes incessamment de nouveaux artifices pour perdre les hommes. Je dirai ce que cet ennemi dangereux de notre salut avait choisi pour servir de modèle â son imposture. Lorsque Dieu eut éprouvé la fidélité d'Abraham , il lui commanda d'immoler un bélier au lieu d'immoler son fiU, et ce bélier fot lié tu pied d'un arbre. Lorsque Dieu voulut délivrer son peuple de la servitude des Égyptiens; il lui commanda d'égorger un bélier pendant la nuit et de marquer de son sang la porte de chaque maison ; il or^ donna qu'il serait mangé pendant la nuit, et donna â ce sacrifice le nom de pâque. Cette eé^ rémonie n'avait été instituée dans Tancienne loi^ par un ordre particulier de la Providence , que pour être une figure et un signe de la pâque que nous célébrons. C'est pour cela que le prophète qui , étant rempli de Tesprit de Dieu , a prédit la passion de Notre-Seigneur, s'est servi des paroles qui suivent, ail sera mené â la mort comme une brebis que l'on va égorger} il demeurera dans le silence, sans ouvrir la bouche, comme un agneau devant celui qui le tond. U est mort au milieu des douleurs, ayant été condamné des juges. Qui racontera sa génération? car il a été retranché de la terre des vivants^ Mn autre pn> phète a exprimé le même mystère en ces termes -
> Isaîe, cbap. 63.
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<r Seigneur, découvrez-moi leurs intentions et ïen aurai connaissance. J'ai été menéâla boucherie comme un agneau qui est sans malice. Ds ont formé de mauvais desseins contre moi en disant : Venez , mettons de la sciure de bois dans son pain , eiterminons-Ie de dessus la terre ^. » Cest Notre*Seigneur qui est désigné par le nom d'agneau, comme il parait très-clairemet par ces paroles de l'Apocalypse : « Je vis au milieu du trône et des quatre animaux, au milieu des vieilhrds , Tagneau qui était comme une victime ^rgéé , ayant sept cornes et sept yeux , qui sontles sept esprits de Dieu, envoyés par toutela terre.Et ilvintprendre le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône , et Tayan t pris, les quatre animaux elles vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant Tagneau , ayant chacun des harpes et des coupes d*or pleines de parfums, qui sont les prières des saints, et ils diantaient des cantiques nouveaux , en disant : Vous êtes digne. Seigneur , de prendre le livre et d'en briser fes sceaux , parce que vous avez été mis à mort et que vous nous avez rachetés pour Dieu par votre sang en nous tirant de toutes les tribus, de toutes les langues, de tous \» peuples et de toutes les nations du monde. Vous nous avez rendus rois et prêtres pour la gloire de notre Dieu, et nous régnerons sur la terre*.»
Saint Jean s'accorde parfaitement avec les prophètes, en appelant le fils de Dieu agneau, car voici comme il en parle dans son évangile : tLe lendemain Jean était encore là , et deux de Ks disciples avec lui ; et , jetant la vue sur Jésus, qui marchait , il dit : Voilà Tagneau de Dieu qui efllace les péchés du monde^. »
Le sang adorable de cet agneau de Dieu est répandu pour le salut des hommes, et il marque ceux qu'il doit racheter. Le sang qui est répandu devant les idoles ne sert de rien; et de peur que les païens ne continuent toujours à être trompés,jeles avertisque ce sang des victimes souille ceux qui le répandent, bien loin de les purifier. Ce' sang des taureaux et des béliers imprime des taches honteuses et criminelles. Il faut une eau claire et tirée d'une source pure, pour effocer ces taches de l'àme et pour la disposer à être sanctifiée par le sang de Jésus-Christ.
*Jéréinie,cbap. 11.
■ Apocalypse, cliap.5w— » S. Jean rîj p. 1.
Mais, pour achever de convaincre les es{^U et pour ne leur pas laisser la moindre impression de leurs anciennes erreurs, il est à propos d'employer la plus forte de toutes les autorità | et de feire voir par les réponses des prophètes , par les paroles de Dieu inème , ce qae sont I» idoles. En suivant cette méthode, notis montrons encore, que ce que nous disons n'a point ' été avancé en Tair ni inventé à plaiâr , mab qu'il est contenu dans les saintes Écritores et enseigné par la bouche de Dieu noème. Vend donc ce que la Sagesse a écrit toudiant les ido- 1 lesdansleslivresdeSalomon:«U8 prennentpair des dieux toutes les idoles des nations, qui ne peuvent se servir ni de leurs yeux pour voir, ni de leurs narines pour respirer, ni de leurs oreilles pour entendre , ni des doigts de leurs mains poor toucher, ni de leurs pieds pour marcher, car c'@t un homme qui les a faites, et celui qui a reçs de Dieu l'esprit de vice les a formées. M homme n'a le pouvoir de faire un dieu qui \m soit semblable, car étant mortel lai-mème, iloe forme de ses mains criminelles qa'un ouvrage mort Ainsi il vaut mieux que ceux qu*il adore, parce qu'il vit quelque temps et qu'il doit mmrir après , au lien que ces idoles n'ont jamais vécu^»
Que pouvons nous désirer davantage ? La Sa* gesse nous parle au nom de Dieu, nons révèle les secrets qu'elle a appris , et nous enseigne ce qui nous est le plus utile pour nous garantir de la mort. CEsprit-Saint nous donne encore la même instruction dans les psaumes en disant : ç Les Idoles des nations ne sont que de Tor et de l'argent, et Touvrage des mains des hommes: elles ont une bouche, et elles ne parlent point ; elles ont des yeux, et elles ne voient point ; elles ont des oreilles ,et elles n'entendent rien , et \em bouche ne respire point. Que ceux qui les for: deviennent semblables à elles'.?
Si un artisan qui, pour faire paraître srhabileté dans son art, a taillé ou jeté en mou une image, est frappé delà malédiction de Dtei je vous supplie de considérer attentivement et que doit attendre celui qui donne* le -nom c* Dieu à cette image que l'artisan a vendue. f
Jérémie, enseignant le peuple de la part e.< Dieu, lui parle en cette sorte : cDîtes dans vo^re ccEur : Seigneur, nous devons vous adorer. Ifam
* Sagesse, cbap 15. * *Psaaine 13f.
DES ERREURS DE LA RELIGION PAÏENNE
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ançe est avec vous, et je vous demanderai compte du soin que vous aurez pris d'accomplir ma loi. Les idoles ont des langues que Vouvrier a polies; elles sont elles-mêmes couvertes de feuilles d'or et d'argent , mais elles ne peuvent parler. Us ont fait des couronnes pour les mettre sur la lètede leurs dieux, de la même sorte qu'un ouvrier fait des ornemens, par le commandement d'un amant, pour en parer sa maîtresse, 'f y aura un tentps où les prêtres ôteront Tor et l'argent k leurs dieux et les prendront pour eux-mêmes. Us en donneront aussi une partie à des courtisanes. Us donneront à ces dieux,qui ne sont que d'or, d'argent ou de bois, des habillêmenscommeà des hommes. » Le même prophète, pour ne laisser aucun doute, ajoute dans la suite ces autres paroles : a Les chauves* souris, les hirondellesetles autres oiseaux volent sur leurs corps et sur leurs têtes, ce qui vous montre bien quece ne sont pas des dieux. Ne les craignez point. On lésa embeUisd'or pour les rendre plus agréables , mais cet or n'a aucun éclat , à moins que Ton n'ait soin de le nettoyer. Quand on les fond et qu'on les jette en moule, ils n*en sentent rien. Us ont été achetés à prix d'argent et n'ont point de vie. Ils n'ont point de pieds, et on les porte sur les épaules. « Ce saint prophète , pour fortifier de plus en plus notre foi , ajoute ce qui suit : a Sachant donc qu'ils ne sont point dieux , ne les craignez point. » U déclare encore le malheur de la condition de leurs prêtres quand il dit : «Leurs prêtres sont assis dans leurs maisons ayant leurs tuniques déchirées, leur lêie et leur barbe rases, et leur tête nue. Ils rugissent contre leurs dieux , comme ceux qui meurent par la violence des tourmens. » Enfin ce prophète prédit que les rois et les peuples porteront le même jugement sur ces dieux;aTous les peuples et tous les rois sauront qu'ils ne sont que de faux dieux. Car il est manifeste qu ils ne sont point dieux et qu'il n'y a en eux aucune œuvre de Dieu. Ils n établissent point de rois pour gouverner les nations ; Us ne versent point de pluie ; ils ne rendent point la justice et ne garantissent point le pays de violence , parce qu'ils n'en ont aucun pouvoir. lorsque le feu tombera sur la maison de ces dieux de bois , de ces dieux couverts de feuilles d'or et d'argent , leurs prêtres se sau- Vifront , mais les dieux seront brûlés comme
des pièces de bois. Us ne résisteront ni à la guerre ni au roi. Gomment donc pourrait-on croire qu'ils fussent des dieux ! Ces dieux de bois , couverts d'or et d'argent , ne se défendront point contre les violences de ceux qui seront les plus forts , et qui leur ôteront l'or et l'argent dont ils sont couverts. »
Dépouillez , très - saints empereurs , les temples de leurs ornemens. Commandez que les dieux soient fondus, ou dans vos monnaies, ou dans les boutiques des ouvriers. Confisquez tous les pré.sens qu'on leur a offerts. Depuis que vous avez abattu les temples. Dieu a accru votre puissance, abaissé vos ennemis et étendu les bornes de votre empire. L'ordre des saisons semble avoir élé changé pour donner un plus grand éclat à votre gloire. Les ondes irritées de l'Océan ont été brisées par vos rames durant la plus grande rigueur de l'hiver, ce qui n'avait jamais été fait et qui ne le sera jamaifv Des mers qui nous étaient inconnues ont tremblé sous vos vaisseaux, et les habitans de la Grande-Bretagne ont été saisis de frayeur quand vous avez paru sur leurs côtes. Que pouvez-vous désirer davantage ? les élémens ont cédé à votre valeur.
XXII. L'Ecriture sainte témoigne que Dieu a défendu de faire des idoles, car il est écrit dans l'Exode : « Vous ne vous ferez point de dieux d'or ni d'argent*.» Et dans un autre endroit :«Vousnc ferez point d'idole ni aucun portrait. » L'Esprit- Saint , qui désire sauver ceux qui s'égarent, et non les perdre, les rappelle à soi en leur imprimant le sentiment d'une honte salutaire. Voici comme il parle par la bouche d'isaîe : « Ceux qui mettent leur confiance dans des images taillées retourneront en arrière ; ils seront couverts de confusion , eux qui disent à des images de fonte : V^ous êtes nos dieux ^. » U donne aussi au peuple une loi pour la garder en tout temps: «Vous adorerez votre Dieu et ne servirez que lui. » Dieu donne un précepte tout semblable « dans le Deutéronome : «Vous n'aurez point d'autres dieux que moi 3. «Et pour leur donner* une haule idée de sa majesf é, il ajoute : « Voyez, voyez que je suis; et il n'y a point d autre Dieu que moi. Je ferai mourir et je ferai vivre ; je frapperai et je guérirai , et nul ne vous arrachera d'entre mes mains. » Le même comman*
» Eiode, chap. 20. — • Uaic, chap. 42. * k)v.uieroi)o.iie, chap. 6.
770 MATERNDS
dément est publié dans TApocalypse : «Je vis un ange qui volait par le milieu du ciel, portant TÊvangile éternel pour Fannoncer à tous ceux qui sont sur la terre, à toutes les nations, à toutes les tribus, à toutes les langues et à tous les peuples ; et il disait à haute voix : Craignez Dieu et rendez-lui gloire, parce que Fheure de son jugement est venue; et adorez celui qui a Fait le ciel et la terre , la mer , et tout ce qu'ils renferment ^. »
Notre-Seigneur Jésus-Christ, suivant Tintenlion de son père , publie la même loi dans son Évangile, a Ecoulez , Israël ! le Seigneur votre Dieu est le seul Dieu. Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur , de toute votre âme et de tout votre esprit. C'est le premier et le grand commandement. Et voici le second , qui est semblable à celui-là : Vous aimerez votre prochain comme vous-même. Toute la loi et les prophètes sont renfermés dans ces deux commandemens ^. »
Ce commandement si saint et si inviolable est suivi d'une meilleure conclusion , que tire le Sauveur pour nous montrer encore plus clairement le chemin par où nous devons marcher, a La vie éternelle, dit-il, est de vous connaître, vous qui êtes le seul Diéa, et dte connaître Jésus- Christ , que vous aver envoyé. »
XXIII. Ces lois, prononcées par la bouche de Dieu même , vous font connaître manifestement ce que vous devez rechercher et ce que vous devez fuir, il ne reste plus rien à vous dire, si ce n'est de vous avertir de larigueur redoutable des chàttmens qui sont préparés à ceux qui violeront
cette loi , car voici tes paroles qui se trouvent à la to de ces prélceptes. «Celui qui sacrifiera aux idoles sera exterminé*, et son nom sera entièrement efiàcé de dessus la terre 3. » Si la loi ne menaçait que les coupables et que la peine ne tombât que sur Fauteur du sacrilège , il pourrait y avoir des désespérés qui s'exposeraient aveuglément à en subir la rigueur. Mais ?l1e s'étend jusques aux descendans et jusques à la postérité la plus éloignée, et retranche jusques à la dernière branche dé la famille idolâtre. Elle dit que celui qui sacrifiera aux idoles sera arraché et comme déraciné de dessus la terre.
* Apocalypse, chap 14. r»' Matthieu, cbap. 22. *BMdc^cbap. 22.
Prévention pernicieuse et funeste , coDsidère le mal que tu fais aux hommes! Ta attires sor eux un châtiment dont la honte et la douleur se répandent sur tous les membres de la race sacrilège. La raison de cette rigueur est apij. quée dans le Deutéronome en ces termes: a C'est que, au lieu de sacrifier à Dleo, Ib ont sacrifié aux démons '. » N'ayez point recoars â ces esprits impurs et abominables. N'atteodcz point de secours des créatures que Dieu a mises au-dessous de vous. Ne priez point ceux aoiquels , par la grâce de Dieu , vous avez droit de commander. C'est le démon que vous bcaorez par ces sacrifices, le démon, qui ne saurait entendre le nom de Dieu ni le nom de Jésus^hrist sans trembler, sans montrer sa perplexité et son troublé par l'obscurité et par rimperfectioQ de ses réponses entrecoupées et ambiguës, saos avouer qu'il se sent déchiré et brûlé , et sans confesser ses crimes. La loi de Dieu , qui vods doit être inviolable , vous défend de reodre aucun honneur au démon,, de lui fîiire des prières , de vous prosterner ni de fléchir le genoo devant lui. L'énormilé du crime de Tidolàirie est le juste fondement sur lequel est établi la sévérité de la loi. Pourquoi vous imposez-vous un joug dont Dieu a la bouté de vous délivrer? Sa voix ne cesse jamais de vous avertir et de vous rappeler d*un si déplorable égarement. Écoutez ce qu'elle vous dit par la bouche dU: « Il s'est fait un dieu et une idole devant laquelle îL se prosterne , qu'il adore et qn'il prie , en lui disant : Vous êtes mon dieu^.iil élève encore la voix en un autre endroit poor faire entendre ses menaces aux idolâtres ^ a Vous avez, répandu des liqueurs pour les honorer. Vous leur avezoffert des sacrifices. Après cela mon indignation ne s'allumera-t-elle pas?» IL réprime pourtant son indignation et suspend les châiimens de sa justice pour vous laisser le temps de vous repentir. Il semble même oublier ses menaces pour vous exhorter avec tendresse, et pour vous dire par la bouche de Jérémie: a Ne suivez point les dieux étrangers pour les adorer. Ne m'obligez point par les ouvrages de vos mains à vous exterminer et à vous perdre.» Ne bouchez [loint vos oreilles et ne vous opiniâtrez point à courir à la mort. Dieu vous a faiis^
« Deutéronome, chap. 32. — » Isaîe, cfiap. ♦!• ■ Isaîe, chap 57.
DES ERREURS DE LA
îbtes et a mis en votre choix , ou de mourir ou Je vivre. Au lieu de vous jeter dans le précipice, 'etenez-vous sur le penchant. Il y a longtemps |ue Dieu dissimule votre insolence et qu'il moière sa colère. Mais maintenant votre obstinalion vous a mis à un point où les prières denennent inutiles et où Tespérance du pardon wmmence à être terminée. L'arrêt est résolu et ^a être prononcé. Voici les termes dans lesquels l a été conçu dans l'Apocalypse : e Si quelqu'un tdore la bète et son image , et s'il en* reçoit le :aractère sur son front ou dans s» main, il boira lu vin de la fureur de Dieu , de ce vin tout pur )réparé dans le calice de sa colère , et il sera ourmenté dans le feu et dans le soufire devant es saints anges et devant Fagneau; et la fumée le leurs tourroens s'élèvera dans les siècles des iècles , sans qu'il reste aucun repos ni jour ni tuit à ceux qui auront adoré la bèle et son mage ^ »
XXIV. La loi de Dieu, très-saints empereurs, 'DUS impose une obligation étroite et indispensa- »ie de réprimer et de punir l'idolâtrie. Permettes Qoi , s'il vous platt , de vous rapporter les paoies qu'elle emploie dans le Deutéronome pour et effet : « Si votre frère , si votre fils, si votre emme , qui est à côté de vous, si votre ami , [ui est un autre vous-même, vous dit en secret: Liions adorer les dieux des nations étrangères! eus n'y consentirez point , vous ne prêterez oint roreilleà ses discours; vous ne l'épargneez point et n'userez point de dissimulation ni l'indulgence envers lui ; vous le dénoncerez et ^ erez le premier la main peur le faire mourir, L tout le peuple la lèvera ensuite. 11 sera bpidé t mourra pour avoir voulu vous détourner du jlte de Dieu 2.»
La loi défend de pardonner ni au fils ni au ère. Elle oblige à punir la femme que l'on [me tendrement et à lui enfoncer le fer dans ^ sein. Elle met les armes en main et commande e les tourner contre les amis les plus intimes , t elle anime tout le peuple à venger Dieu et à xterminer l'idolâtre. Elle menace même les ommunautés et les villes d'une ruine entière.
^ Apocalypie» cbap. 14. — * Deutéronomt ,. cfaip. 15.
RELIGION PAÏENNE, 7Tf
Et afin que votre religion en soft instruite et que vous n'en puissiez plus douter, je rapporterai les paroles dans lesquelles celte terrible dispc^ sition est conçue : « Si vous apprenez que quelque habitant des villes que Dieu vous a données dise : Allons servir les autres dieux ! vous les ferez mourir par l'épée ; vous mettrez le feu à la ville et vous n'y laisserez aucun habitant. On ne retirera jamais cette ville-là de ses ruines. Alors le Seigneur apaisera sa colère et vous fera miséricorde. H vous comblera de biens si vous obéissez à sa voix et que vous accomplissiez ses préceptes ^ » Dieu vous promet, très -saints empereurs , de verser ses trésors sur vos personnes sacrées et de vous combler de biens. Suivez donc sa voix et exécutez ses ordres. Les heureux succès que vos entreprises ont eus dès le commencement de votre règne sont la récompense de votre piété. La main de Dieu ne vous a jamais abandonnés ; elle ne vous a jamais refusé son secours. Vos ennemis ont été renversés, et les armes leur sont tombées des mains en votre présence. Les peuples les plus fiers ont subi le joug. L'orgueil des Perses a été dompté et leurs espérances dissipées. L'injustice ni la violence n'ont pu se maintenir contre vous. Vous avez tous deux reçu en différentes rencontres de sensibles effets Je la protection de Dieu. Le ciel vous a départi la victoire , et la prospérité de vos armes nous relève de vos disgrâces. Ces rares avantages vous ont été accordés en considération de votre foi ; et des récompenses aussi glorieuses que celle-là vous doivent exciter puissamment à une observation exacte de la loi de DTeu. Que votre clémence se tourne sans cesse vers le ciel avec un esprit religieux et une conscience pure. Mettez en Dieu votre confiance ; implorez la grâce du Sauveur; offrez -lui un sacrifice spirituel pour votre salut et pour celui de tout l'Empire. Par ce moyen tout vous réussira selon vos souhaits. Vous jouirez de la santé , de .la victoire , de la paix , de l'abon dance, du triomphe , et vous gouvernerez heureusement vos États sous la protection toutepuissante de la majesté divine.
1 Deutéronome, coapi 13.