SCÈNE V
Pierrot entre; — les apercevant ainsi il saute d'indignation.
Scène de rage. — Il s'élance par trois fois pour tuer Arlequin; il n'en a pas le courage.
Enfin, il prend une suprême résolution, il va frapper,
— mais Colombine fait un mouvement en soupirant;
— elle arrête ainsi le bras de Pierrot qui se calme petit à petit.
Il se place derrière Colombine et, se haussant sur
les pieds, il contemple avec convoitise les épaules de Golombine.
Scène de contemplation. — Il ferme les yeux d'abord, les rouvre, les referme, luttant contre la passion et la jalousie qui l'envahissent; il va pour l'embrasser.
Il se met à genoux, prend le bras droit de Golombine ; il l'embrasse du haut en bas délicatement. — puis, prenant la main de Colombine, se fait caresser par elle. — Frissons! extase! Enfin Pierrot enlève doucement le bras d'Arlequin, soulève Golombine endormie et veut la rentrer dans la maison ; mais il ne peut entrer, la porte étant étroite. — Par deux fois il essaie. — Il présente son fardeau au public en disant : — Qu'est-ce que je vais en faire ! — Je suis fatigué, — en voulez-vous? Pierrot se décide, — il a une idée, — et rentre Colombine par la hauteur de l'étroite porte, les jambes en l'air.