‹ Pantomimes de Gaspard et Ch. DeburauChapitre 9 sur 124 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Colombine rentre en lisant la lettre avec ravissement.

Cassandre revient porté sur le dos de Pierrot. Ils

vont pour rentrer dans la maison quand Pierrot

s'aperçoit que Colombine lit la lettre. Il lâche son fardeau; Gassandre roule à terre et rentre dans la maison.

Pierrot tout doucement s'approche de Colombine et s'empare de la lettre.

Il la lit en articulant chaque syllabe précipitamment avec des gestes d'indignation, et fait un bond pour aller la porter à Cassandre.

Colombine le supplie de n'en rien faire avec mille coquetteries enfantines.

Pierrot y consent, mais à la condition qu'elle l'embrassera sur la joue.

Après mille réticences, Colombine s'exécute et, faisant une grimace de dégoût, s'essuie la bouche avec sa main.

Pierrot, mécontent, fait le simulacre d'aller porter la lettre.

Colombine le supplie.

Pierrot exige un baiser sur l'autre joue, Colombine y consent; Pierrot se pâme de bonheur et pour obtenir davantage, fait mine d'aller porter de nouveau la lettre.

Colombine, les mains jointes et presque à genoux, lui dit :

— Que vous faut-il donc de plus?

— Des caresses encore, des caresses sous le menton. Elle s'exécute timidement et longuement. Pâmoison

de Pierrot, Colombine énervée l'égratigne.

Pierrot furieux appelle Cassandre et lui fourre la lettre sous le nez, pour qu'il la lise.

Cassandre indigné ordonne à Colombine de rentrer et lui dit qu'elle va être châtiée.

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