SCÈNE XXV
Le seigneur entre, enveloppé de son manteau, suivi de son domestique et du postillon tenant une lanterne. Celui-ci dit: « C'est ici, entrons. » Le seigneur l'arrête et dit : «r Ce n'est pas ainsi qu'on en viendrait à bout. 11 faut vous tenir à l'écart, et, quand je vous appellerai, vous vous emparerez de la jeune fille et vous la porterez dans ma voiture. — Ah ! laisse-moi ta lanterne. » Ne sachant où la poser, il voit le tonneau et la met dans la main de Turlubin, qui s'est montré plusieurs fois pour entendre ce que disait le seigneur. Aussitôt qu'il a la lanterne, il tremble de toutes ses forces, ce qui fait remuer la lanterne. Le seigneur voit cela et dit: « Ma lanterne danse la gavotte ! »
Le postillon dit que c'est !e vent. Le seigneur la
replace et dit : « Maintenant, cachez-vous. » Pendant ce temps, Turlubin s'est caché de l'autre côté du théâtre avec son tonneau. Le seigneur est étonné de ce changement, ainsi que les autres personnes qui ont peur et tremblent. Ils avancent près du tonneau. En ce moment, Turlubin, qui a placé sa lanterne au haut d'une gaule, la monte doucement, ce qui fait reculer nos trois poltrons, qui finissent par s'élancer et renversent le tonneau qui roule jusqu'à l'avantscène. Lorsqu'ils regardent d'un côté, Turlubin sort de l'autre, les prend par les jambes et les fait tomber, et il va se cacher derrière la ferme. Nos trois individus se traitent mutuellement de fous et disent que c'est une vision. Us relèvent le tonneau et le placent contre la porte de l'auberge. Ensuite, le seigneur les fait se cacher, puis il frappe trois coups dans sa main . Aussitôt Turlubin paraît et tousse ; le seigneur s'approche, lui prend la main et la couvre de baisers en lui disant de fuir avec lui. Turlubin s'y refuse. Le seigneur insiste. Turlubin lui envoie un soufflet et un coup de poing et veut se sauver. Mais le postillon et le domestique le saisissent et l'entraînent. Le seigneur, très joyeux malgré son œil poché, les suit.