‹ Papa: comédie en trois actesChapitre 54 sur 112 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

JEAN

Dame. Si j'avais vécu avec vous, vous auriez fait comme tous les parents. La semaine vous m'auriez envoyé à l'école quand j'en avais pas envie. Le dimanche vous m'auriez forcé à prendre des distractions ennuyeuses. Plus tard vous m'auriez dit : choisis une carrière, celle que tu voudras et puis vous m'auriez obligé à suivre celle que vous vouliez et ainsi de suite. Au lieu de ça, j'ai vécu à ma fantaisie, pas d'obligations, pas de lettres i\ écrire, pas de devoirs envers personne, aucune affection à redouter. Au fond, je vous assure je trouve que j'ai été dans une situation privilégiée.

LARZAG.

Alors vraiment, tu n'as jamais envié les autres enfants?

JEAN

Ah! non, par exemple. Et tenez! quand je réfléchis à ce que leur naissance représente de contrats, d'actes sur papier timbré, d'entrevues, de discussions pénibles, de dîners de famille, de curés, de notaires, de maires, vraiment, je vous assure, les enfants légitimes, ils me font l'effet d'espèces de fonctionnaires.

LARZAG.

Oui, c'est un point de vue. Ce que je veux, maintenant c'est ton bonheur. Je ne veux plus que ça. Tu seras libre. Tu agiras à ta guise. Je me rattraperai de t'aimer si tard, en t'aimant mieux.

JEAN

Vous êtes bon. Ça, je sens que vous êtes très bon.

LARZAG.

Quelle joie de t'inslnller ici. Ta chambre est là... Tu verras comme lu y seras bien...

JEAN

Oh! Je ne suis pas difficile... Il n'y a qu'une chose que je voudrais vous demander.

LARZAG.

Parle, ne te gêne pas.

JEAN

A quelle heure est-ce que le courrier arrive à Paris?

LARZAG.

Mais il arrive toute la journée.

JEAN

Ohl que c'est drôle. Ma foi tant mieosj

Pourquoi?

JGAN.

Pour rien.

Plerss e&.:;3.

LARZAG.

Qu'est-ce que c'est?

PIBRBB.

Maître Verviers.

LARZAG.

Ah! bien... Dans un instant... je sonnerai.

JRAN.

Je vais voub laisser à vos affaires.

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