SCÈNE VIII
SÉLIKA, GANTABEILLE.
SÉLIKA^ au paroxysme de la terreur.
Ah!... VOUS venez me prendre aussi... J'aurais dû fuir... Je n’ai pas pu... J’étais comme paralysée... Mais vous n’allez pas me condamner à un pareil supplice... (Rugissements à la cantonade.) Entendez-les rugir, se disputer son corps!... Tu ne voudras pas, dis, Jean Marie... J e suis une gueuse, oui, mais songe que tu m’as aimée, que je t’ai aimé aussi, ne fût-ce qu’une minute, que ces bras là ont entouré ton cou, que cette chair a été tienne... Je partirai... jamais, jamais tu n’entendras plus parler de moi... mais faismoi grâce... aie pitié, Jean-Marie, je t’en supplie... Aie pitié de moii
Elle est prostrée devant lui, embrassant presque ses genoux, les dents claquant, tout le corps secoué de terreur. Gantabeille la considère un instant. Puis il va au fond, soulève la toile qui sépare la tente de la rue.
GANTABEILLE, simplement.
Va-t’en!
Elle a poussé un cri de joie, bondi sur ses jambes et disparu presque avant qu’il n’ait fini de parler. Il laisse retomber la toile et redescend à gauche, silencieux, les sourcils froncés.