SCÈNE IV
Les Mêmes, LE LIEUTENANT-COLONEL DE PASQUEVILLE.
PASQUEVILLE, leur serrant la main. — A Groixailles.
Moins de distractions ici que sur le boulevard, lieutenant?... Bah! vous vous y ferez comme les autres...
GROIXAILLES, la main au képi.
J'en suis certain, mon colonel.
PASQUEVILLE.
Le vaguemestre est-il arrivé ?
PIERRELUGUE.
Pas encore, mon colonel...
TOURBANYÉS.
C’est aujourd'hui le 1®’* octobre... il devait avoir beaucoup de mandats et de lettres chargées à encaisser au bureau de poste...
PASQUEVILLE.
Oui... Peut-être... Vous avez raison^ capitaine. .
Il s’assied.
TOURBANYÈS^ has à Groixailles.
Il attend une enveloppe à cinq cachets dont le contenu ne traînera pas longtemps dans sa poche.
TIENNETTE
Voici le journal qui vient d’arriver^ que faut-il servir à mon colonel?
PASQUEVILLE, arrachant la bande du journal.
Une carafe d’eau bien fraîciie, Tiennette !... Gomment pouvez-vous ])oire autre chose, major ?... C’est de l’élixir de Jouvence qui coule des sources de ces montagnes.
TOURBANYÈS, à Groixailles.
Qu’est-ce que je vous disais?
PASQUEVILLE, lisant.
Eh ! bien, messieurs, grande nouvelle !
PIERRELUGUE.
Quoi donc?
PASQUEVILLE.
La Chambre a voté les crédits que demandait le ministère pour l’expédition du Tonkin... c’est la guerre...
TOURBANYÈS.
Avec des Chinois !...
GROIXAILLES.
C’est la guerre tout de même!...
PASQUEVILLE.
Le lieutenant a raison... Qu’importe d’où vient la gloire, pourvu qu’il en rejaillisse sur le drapeau!