MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS
BUE VIVIENNE, â BIS, ET BOULEVABO DES ITALIE:fS, Ift A LA LIBRAIRIE NOUVELLE
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Assez de gens diront ce qu'aura été le concile de 1869. Je voudrais essayer de dire ce qu'il sera, ou, s'il n*a pas lieu, ce qu'il aurait nécessairement été.
Je ne viens pourtant pas me lancer dans des prophéties, ni dans quoi que ce soit qui en ait l'air. Voici quelques années que le catholicisme nous dit assez clairement ce qu'il est, ce qu'il veut être. Il le dit à la fois par sa hardiesse et par ses craintes, par sa roideur, par sa souplesse, par sa logique, par ses contradictions. Il ne s'agit que de savoir démêler la pensée unique, invariable, qui préside à ses diversités, et qui se promet l'empire du monde.
Cette pensée, 'j'en ai fait ailleurs Fanalyse au point de vue philosophique et moral. Mon Borne et le Cœur humain était destiné à montrer comment le cœur humain a créé le catholicisme, et comment le catholicisme, en retour, sacrifie tout au cœur humain, caressant son orgueil, flattant ses goûts, même quand il a Tair de les combattre, et, en somme, régnant par lui beaucoup plus que par la divine autorité dont l'Église affirme être investie.
Je voudrais donc reprendre historiquement la même thèse. Le concile annoncé ne me fournit pas seulement une occasion que j'attendais, mais un centre autour duquel, sans effort, se grouperont les faits que j'ai recueillis. •
J'aurais pu, pour les recueillir, m'adresser successivement à tous les siècles. Le romanisme se donnant pour le christianisme apostolique, tous les siècles chrétiens, du dix-neuvième au premier, peuvent être interrogés sur l'ancienneté ou la nouveauté de ses doctrines, de ses institutions, de ses tendances.
Mais, cela, ce serait plutôt de la controverse, et
je ne veux pas en faire. Mon plan donc, le voici :
[.0 champ, d'abord, je le limite, sauf une ou
'Iv iix '/\t;ui>'.i);:^ i:i lispcnsables, à l'espace compris
entre le concile de Trente et le concile qui va s'ouvrir.
Les questions, je les pose sur le terrain du catholicisme lui-même, telles, veux-je dire, que les poserait un catholique cherchant à constater ce que ces trois siècles ont produit, en bien ou en mal, pour son Église. En quoi, depuis le concile de Trente, a-t-elle avancé ou reculé ? Quelles tendances se sont fortifiées ou affaiblies? Quelles doctrines ont été laissées dans Tombre, ou mises de plus en plus en lumière? En quoi l'Église a-t-elle subi ou refoulé Tinfluence des temps modernes? Qu* a-t-elle gagné? Qu'a-t-elle perdu? Quelle est, enfin, sa position réelle au milieu des générations contemporaines? — Et chacune de ces questions se subdivisera nécessairement en plusieurs.
Cela dit, commençons.
Â(r DIX-NBDTIÈMB SIÈCLE CHAPITRE PREMIER