PARIS
E. DKNTU, LIBRAIRE-EDITEUR
GALIBII D'OBliilKf, U, riLlU-IOTAL
T*H ITOIU WEtTU
PAPE
ET
Depais le jour où Pépin le Bref et son successeur Charlemagne s'adressèrent à tous les chefs d*armes et à tous les chefs d'Église pour consolider leur puissance, les rois de l'Europe occidentale entrèrent en lutte avec la Papauté. L'évêque de Rome investi de quelques fiefs, d'abord très- humble vassal du roi des Francs, méconnut bientôt la suprématie du pouvoir civil ; de cette féodalité organisée par les premiers Carlo vingiens surgit la vitalité si bizarre et si funeste du moyen âge.
Il n'y eut plus que deux puissances :
I^ Pape et F Empereur.
Certes, Charlcmagnc n'inventa pas ce système compliqué, mais il le perfectionna et le fonda sur des bases solides.
Le Pape, c'est-à-dire l'évêque de Rome, gêné dans ses prétentions territoriales par les seigneurs lombards, appela à son secours le souverain des Francs ; de cette ancienne conquête
franque dale le prétendu droit que s*est arrogé T Autriche de nminteoir, comme province conquise, l*ltalie, ce noble pays qui a fait, depuis mille ans^ tant d'efforts héroïques pour reconquérir son indépendance.
Les évoques de Rome reçurent d*abord l'investiture du domaine de saint Pierre, des rois francs ; mais bientôt ils se dispensèrent de cette formalité.
On lit dans un livre allemand du onzième siècle : « Dieu qui est dans le ciel a donné à la terre deux glaives ff pour protéger la chrétienté :
f Le glaive spirituel au Pape ; c Le glaive séculier ou politique à l'Empereur. » Toute l'histoire des idées humaines au moyen Age se trouve résumé dans ces mots.
Les Papes, devenus souverains temporels par la munificence des rois francs, prirent le titre de vicaires de Jésus-Christ sur to 2^*6 et imposèrent leur double autorité aux souverains les
plus puissants.
Ils excommunièrent empereurs et rois au nom d'une théocratie dont il n'est pas fait mention dans l'histoire des premiers siècles du christianisme ; ils forcèrent le pouvoir politique à s'humilier sous leur sceptre pastoral, et lui infligèrent ainsi une sorte de dégradation.
Grégoire YII constitua la caste des prêtres et en fit un élément entièrement séparé du corps social.
Nous ne retracerons pas ici les sanglantes péilpéties de la lutte lies Guelfes et des Gibelins : nous dirons seulement que
dans cette guerre si biea caractérisée par DaDle, le poète gibelin, le trône pontifical fut occupé par un homme de mœurs trèspures et dont le puissant génie illumine encore les épaisses té« nèbres du onzième siècle.
Nous avons nommé Hildebrand , beaucoup plus connu sous le nom de Grégoire YII.
En 1051, ce Pape, surnommé Grégoire le Grand, osa dire à FEurope :
c Non-seulement tous les rois de la terre, jusqu*à ce jour inf dépendants du Saint-Siège, ne Tont été que par abus et toléi rance, puisquMls sont essentiellement les vassaux du succèsf seur de saint Pierre ; mais encore l'Empereur des Allemands a et les autres souverains ne sont au fond rien autre chose que c nos indignes vassaux. Le Pape aura désormais le droit, le dec voir même, de déposer TEmpereur quand celui-ci ne sera plus i digne d'occuper le trône. »
Tel est le langage de Tex-moine Hildebrand, l'homme à la volonté de fer et de marbre. D'après Grégoire VII, le Pape était Je soleil, l'astre radieux par excellence, et les souverains les plus puissants devaient se trouver très-honorés de graviter autour de lui.
Le même Pape fit adopter le décret suivant dans uue asscm^ blée d'évéques en 1056.
c Le Pape ne peut plus ôtrc institué par rEiupcrcnr : il c n'est éligible que ]yir le collège des cardinaux ou des plus « hauts fonctionnaires de l'Église. >
Eu môme temps Grégoire VU fit déclarer vassal du Pape le roi normand de Naplcs et de Sicile.
Trois cents ans se sont à peine écoulés depuis la concession des premiers fiefs par Pépin le Bref et Gharlemagne ; mais les successeurs de Zacharie ont marché d'empiétement en empiétement avec une ténacité et une adresse incroyables. Us ne sont plus les vassaux des rois : ils les ont soumis à leur influence moitié religieuse, moitié politique.
« Le Pape, s'écriait Grégoire VIT, existe de par Dieu : il reff présente Dieu : par conséquent toute la terre lui doit obéis- « sance. »
Hildebrand venait de frapper un coup terrible : Tempereur Henri voulait lutter contre le Saint-Siège : il fut cité à comparaître devant Grégoire VII.
Frédéric P% Barberousse, si calomnié par les historiens cléricaux, s'était proposé de maintenir la toute-puissance impériale dans les affaires politiques et de laisser intacte celle du Saint* Siège dans les affaires ecclésiastiques.
C'était là, évidemment , le commencement de la séparation de l'Église et de l'État, dont on se préoccupe tant depuis quelques années.
L'empereur Frédéric P"* devait fatalement succomber dans cette lutte à outrance contre le pouvoir papal : l'empire devait s'écrouler pour ne plus se relever, sous les coups redoublés de l'Église romaine et de l'aristocratie allemande.
lU.
Earberousse avait pris la ferme résolution de protéger l'Église
parles armes, mais il repoussait aussi parles armes toute prétention de F Église au gonvernemeut politique.
« Deux chefs supérieurs suffisent à la terre, disait-il : c L*uq, c'est moi, successeur de Charlemague.
«( L'autre, c*est le Pape, successeur de saint Pierre.
< A moi le corps.
« A lui les âmes.
c Si le Pape obéissait en toutes choses à l'Empereur, la re- « ligion tomberait en servitude.
c Si l'Empereur obéissait en toutes choses au Pape, il y auc rait bientôt en Europe des perturbations épouvantables.
« Ces deux chefs supérieurs doivent se contre-balancer ; cha- « cun d'eux administrera consciencieusement son monde à f lui, 1»
L*évêque de Rome n'accepta point ces propositions, et l'Ilalie devint un champ de bataille où Guelfes et Gibelins s'égorgèrent avec une fureur de cannibales.
Contre la noble race des Gibelins se levèi*ent alors deux géants :
La haute maison Welfe^ en Allemagne;
L'évêque de Rome.
Le Pape seul survécut à ce sinistre combat.
Par quels moyens les successeurs de saint Pierre, d'abord si humbles, si peu inOucnts, étaicnt-iis parvenus à ce degré de puissance?
En employant tour à tour la violencô et les ressources de la politique la plus raffiuée.
Le sceptre a remplacé la boulette symbolique des apfttres ; For et les pierreries brillent sur les habits pontiflcaux des prélats; c'est probablement à cette transformation soudaine que fait allusion ce proverbe du moyen âge :
Crosses de bois, évèqacs d*or; Crosses d*or, évêques de bois.
Le peuple indiquait ainsi que les papes et les évoques» en s'élolgnant de la simplicité des premiers chrétiens, avaient perdu sa conCance.
Dans Torigine, les évéques de Rome étaient élus par le con* cours des autres évêques^ du clergé et des fidèles. Mais, dès le onzième siècle, les pontifes s'affranchirent des entraves du suffrage universel. En 1059, Nicolas II réserva aux cardinaux le choix du Pape ; depuis la fin du seizième siècle, les cardinaux seuls sont éligibles. Â dater de cette même époque, la nationa* lité italienne devint une condition rigoureuse pour Téligibilité. Le Hollandais Adrien YI est le dernier étranger qui ait occupé le trône pontifical. Vainement objecta-t-on que, puisque les papes étaient exclusivement Italiens, leur autorité ne devait pas s'étendre au delà de la Péninsule.
Certes, loin de nous Tidée de dresser ici le bilan de la Papauté; celte histoire est aussi ténébreuse, aussi sanglante que les sombres annales des maisons d'York et de Lancastre. On pourrait récrire à la lueur des bûchers où périrent Savonarole, Arnaud de Brescia, Jean Huss, Jérôme de Prague ; après les Albigeois et les Yaudois, les Hussiles entrent en bataille : puis les paysans d'Allemagne, les montagnards des Cévcnnes, les marlyrs de la guerre de Trente-Ans.
Il y a eu des anti-papes et même des papesses, disent plusieurs historiens; le grand schisme, qui dura de 1378 jusqu*en 1&19, fut un scandale pour la chrétienté et démontra une |ois de plus que les Papes ont de tout temps mis leur ambition porsonnclle au dessus de leur mission céleste.
Mais à quoi bon exhumer ces trisles souvenirs à propos du pouvoir temporel et des empiétements de la Papauté sur le gou- Ternement des peuples? il nous répugne de pénétrer plus avant dans les domaines de Tinquisition ; nous n'avons pas le courage de dire comme Dante, le poète de V Enfer :
Pcr me se va tra la pcrdala gcnto.
Que le scandale retombe sur ceux qui en ont été les auteurs. Occupons^nous seulement des rapports et des luttes de la France avec la Papauté !
Les successeurs de Gbarlemagne ne tardèrent pas à voir quMl y avait incompatibilité absolue entre le caractère religieux du Pape et les attributions du souverain politique. Mais ou avait donné aux héritiers de l'apôtre Pierre des prérogatives dont ils abusèrent au détriment leurs bienraiteurs. Les Papes s'arrogèrent Y infaillibilité en matière de Toi, et tout pouvoir humain devint justiciable du vicaire de Jésus-Christ.
Les souverains de lYance sonl, de temps immémorial, qualifiés de fils aînés de CJiglisCy probablement parce que Clovis fut le premier roi barbare qui embrassa le chrislîanismc. Mais ces
fils é^nés ont vécu rarement en bon accord avec la sainte Église, lenr mère, dont ils n*ont pu supporter les exigences.
Louis IX^ lui-même, que Ton a pourtant canonisé, publia en 1269 sa pragmatique-sanction, qui précise dans six articles les relations de la France avec le Saint-Siège.
D'après la version la plus accréditée, Louis IX déclare que la couronne relève de Dieu seul.
Il pose en droit la liberté des élections canoniques et dénie au Pape les promotions et les collations.
La pragmatique de Louis IX Tut le point de départ du Gallicanisme ; elle a beaucoup servi à TalTranchissement de la nationalité française et de la société laïque en général :
La France avait à remplir de grandes destinées qui réclamaient rindépendance de la monarchie ; la Papauté n'était plus Tin strument providentiel de la civilisation européenne; lepoU"> voir civil reprenait sa prépondérance.
A Touverture du XIV*' siècle, la Royauté et la Papauté recommencèrent la lutte. Les démêlés de Philippe le Bel et de Boni-» face VIII ont un immense retentissement dans toute FEurope. Bonirace se croit aussi Tort que ses prédécesseurs Grégoire VII et Innocent III. Philippe le Bel convoque les états-généraux, et la nation donne raison au Roi contre le Pape.
En 1438 fut publiée la pragmatique-sanction de Bourges; elle proclamait la nécessité des conciles œcuméniques et leur supériorité sur les Papes ; elle enlevait à ces derniers les nominations aux évêchés et aux abbayes ; elle limitait les appels en cour de Rome, restreignait les effets de Texcommunication et de Tinterdit, etc., etc.
Le pouvoir royal, secondé par les états-généraux, ne se montra plus si elTrayé par Texcommunication ; le tonnerre du Vatican avait perdu son terrible prestige.
La bourgeoisie française s'était constituée très-lentement, très-péniblement, comme toutes les institutions qui doivent du-
rer de longs siècles : cette bourgeoisie, Troudeuse par caractère, entrevoyait déjà le triomplie de la liberté politique et de la tolérance religieuse ; elle seconda puissamment Philippe le Bel et Charles YII dans leurs querelles avec la Papauté ; aux étatsgénéraux de Bourges, elle déclara que le roi de France était et devait rester indépendant de Tévôque de Rome, en tout ce qui concernait l'administration de la France.
Louis XI supprima, il est vrai, la pragmatique-sanction de Bourges; mais ce prince, peu scrupuleux sur les moyens de gouverner, la fit exécuter selon les besoins de sa politique ; ^dans ses relations avec le Saint-Siège, il se montra renard et non lion. Aux empiétements du pouvoir temporel, il opposa les ruses de la diplomatie.
Charles VIII et Louis XII maintinrent la pragmatique malgré les réclamations des Papes, qui considéraient cette mesure royale comme une grave atteinte aux droits du Saint-Siège.
En 1516, François P' la remplaça par le concordat I £n faisant cette concession à la Papauté, il commit une grande faute politique, dont la responsabilité pesa lourdement sur toute la dynastie des Valois.
Nous voici au beau soleU de la Renaissance ; les arts et les sciences chassés de Constantinople trouvent un refuge en Italie, et le pontificat de Léon X est un reQct du siècle de Périclès.
Mais la Péninsule se dégrade par le matérialisme le plus abject. Le terrible Machiavel, cet inventeur et professeur du des^
*-. la -^
pôtiuaè, fédige âvéc uû génie effrayant le code ëpouvantablâ qui a servi depuis de Credo inferoal à tous les oppresseurs.
Le christianisme officiel est complètement vicié ; mais Tépoque des grandes lumières commence, puissamment soutenue par la sublime découverte de Timprimerie.
Sur ces entreraites, un tout jeune Allemand» docteur de TU- Diversité saxonne de Yittemberg, Martin Luther, jette le gant à ce redoutable Pape de Rome, à ce vicaire de Dieu, à ce mat* tre du genre humain*
c L'heure est venue, s'écrie le réformateur, en 1519, oh le « Seigneur des vivants et des morts vengera ses saiats martyrs : « je vous dis que le sang de Jean Huss de Bohême étouffera le < Pape, »
Plus heureux que le martyr tschéque, et soutenu par plusieurs princes allemands, Martin Luther établit la réforme : les nouvelles croyances pénètrent en France, en Angleterre : le roi Henri YIII rompt tout lien avec le Saint-Siège, il se déclare Pape, et réunit ainsi le pouvoir spirituel et le pouvoir souverain.
Si François I<^% au lieu de signer le concordat et de persécuter les hérétiques, eût, à rexempic de son rival Henri YIII, brisé les entraves de la Papauté, la France n'aurait pas été couverte de sang et de ruines pendant les guerres de religion ; nous n'aurions pas à enregisti*er dans nos annales l'abominable nuit de la Saint-Bartbélcmy, les excès des ligueurs et des huguenots; Henri III ne serait pas mort sous le poignard du moine Jacques Clément; Ravailiac n'eilt pas songé à assassiner Henri IV.
Et quel fut le rôle de la Papauté peudant cette période si funeste à la France ? Le Souverain-Pontife, intronisé par les bienfaits de Pépin le Bref et de Gharlemagne, protégé par leurs successeurs, prit parti pour les Espagnols et préconisa le démembrement de notre belle France*
ûeiiri de Navaîi'e de convertit à la foi romaine, il allure à Saint-Denis le dogme nouveau; il entre dans Paris, il est roi de France, le Pape doute de la sincérité de sa conversion et la diplomatie négocie pendant un an pour obtenir Tasseutiment de Rome.
Puis Henri lY meurt assassiné par un fanatique.
Après les scandales de la régence de Marie de Médicis survient un homme, un prince de TÉglise, le cardinal de Richelieu, grand politique, patriote ardent, peu scrupuleux dans le gouvernement et très-soupçonneux à Tendroit du pouvoir temporel des Papes. Le terrible cardinal, qui ambitionnait toutes les gloires, est remarquable par les nobles instincts de nationalité, qu'il manifesta dans de grandes circonstances. La suprématie, Tbonneurde la France étaient ses principales préoccupations.
On assure que dans les dernières années de sa vie, ce Cromwell à robe rouge avait conçu le dessein de réunir les deux pouvoirs politique et religieux. Ses démêlés avec Grégoire XV . et Urbain YIII lui avaient donné une triste idée de la politique pontificale. La mort Tempêcha de réaliser ce projet, qui eût probablement épargné à la France la révocation de Tédit de Nantes et les persécutions les plus odieuses.
Les catholiques les plus zélés, les plus ardents, savaient trèsbien ce qu'ils devaient penser au sujet de la politique pontificale, basée sur les principes de Machiavel beaucoup plus que sur TÉvangile. Michel Montaigne et Etienne La Boëtie ont inauguré la philosophie moderne, la liberté de la pensée.
En même temps, saint Vincent de Paul, le grand apôtre de la charité chrétienne, réalise, par ses faits, la morale du Christ, et le règne de Louis XIV commence.
YIL
 Ricbelieii succède Mazaria : le lion est mort, vive le renard ! Les prétentions papales ont beau jeu avec ce ministre qui n'oublia jamais son origine italienne et surtout la faveur dont le Pape daigna Tbonorer en lui donnant la pourpre. Sous son administration, gouvernants et gouvernés ne s'occupent que d'agiotage ; les traitants, les maltôtiers remplacent les conciles» les pères de l'Église. On ne songe plus à brûler les hérétiques, on pille la France, ou vide les caisses de l'Etal.
Louis Xiy dit enfin en plein Parlement :
c L'État c'est moi. »
L'absolutisme s'incarne dans cet homme couronné; les beaux* arts, la victoire s'attèlent à son char de triomphe : Rome se montre d'abord d'autant plus conciliante qu'eu lui accorde tout ce qu'elle demande. Mais les concessions enhardissent le sacrécollège, et Louis XIV, poussé à bout par l'orgueil, par la cupidité des cardinaux, provoque la célèbre déclaration de 1682, cette charte des libertés de l'Église gallicane.
On s'attendait à un bref d'excommunication ; mais Innocent XI, soit qu'il redoutât le grand roi, soit qu'on lui eût donné de sages conseils, garda un silence prudent, et la parole de Bossuet inaugura une ère nouvelle pour l'Église française.
Malheureusement l'iuûuence fatale de madame de Maintenon, la révocation de l'édit de Nantes, les guerres des Gévennes, l'exil de cent mille familles protestantes, furent la triste contrepartie des libertés de l'Église gallicane, et l'influence de Rome redevint toute-puissante pendant la vieillesse de Louis dit le Grand.
Sous Louis XY, les querelles religieuses, nous dirons même
les persécutions, recommencent avec une affreuse Intensité. Rome souffle partout la liaine et la discorde.
Et pourtant la philosophie, cette puissante messagère de la révolution de 1789, se montre déjà à l'horizon comme le soleil par une belle matinée de printemps. Ghoiseul bannit les jésuites émissaires du Pape ; le supplice de Jean Galas et celui de Labarre rappellent, il est vrai, les excès de Tinquisition ; mais la raison humaine, la tolérance, la discussion, se préparent actirement à faire constater leurs droits si longtemps méconnus.
Voltaire, Rousseau, Diderot, Dalembert, en un mot, les philosophes de Tencyclopédie, régnent sur la France régénérée.
Uépiscopat français lui-même n'est pas resté étranger au mouyemenl qui s*est produit dans la nation ; plusieurs prélats se montrent sympathiques aux idées* nouvelles ; la liberté devient contagieuse ; la France entière s'agite dans les accès de cette fièvre divine qui doit donner à l'Europe les éternelles doctrines de la civilisation moderne.
Nous sommes en 1789.
Certes, jamais occasion plus propice ne se présenta pour la Papauté de recouvrer la grande influence qu'elle avait exercée an temps de la primitive Église et pendant une partie du moyen &ge. Le Pape, le vicaire du Christ, se montra systématiquement hostile, non<-seulement à la révolution, mais encore aux idées d'émancipation qui se produisirent alors en Europe*
j^^a^» ^jp^^mjiev GpnstA rétahlU, pfti; le eeiiQ«r4At le» obos«s à peu près telles qu'çUe^ étaient i'vfv^ 1» tf^imctîiNi «o«elw entre FraHç«i$ V' «I LéQA X. Le Pirenier Cpasijil pouvait alors, 89113. aul d9fHfa:% Jiimw \f» iwk fWf^kt^ («IjgiengL et jfQUtktm^ ep i^Qmm^itt ijw FAirigrçliQ,. et «^anetûr i twt jamais k Franoe ^ lia 80nitad4 i^QWWie^
Ilpir4P^9i toUleupent^ péwblj&iDeDt le cancorijiiit» tnOMctio* qx4 m PR^serra pa^ q/iffUteifii^. awéw.apr^^ Ifapft Wi W i l"" d^k haine 4u l^çAtjy^ e), 4« s^cré-colléga..
La |^e8lai|rajtwn olkvoiâiii^» hîien que pirotectrîo? des ooi^é- ^Uona et des mispiffiiiwirea^ eujt à lutiiw coAtre Rome» et le soi Çt^rles ^, qui oCétait ni protestant, ni phUo80[^, expuka les jésuites par un décret
La rojauté de Juillet xécut ^kvec k SaJ^Siége suit k pied d» la plus complète indifférence- : LouisnÇhilipfe étaitî dttcîple de Yolt^ire, de Rousseau,, et Grégoire ^Yl ne se montra pas très-scrupuleux lorsquMl accuei^jH^it^A^lÂcafl^k VW Nicolas.!*' et donna le baiser de paix à ce pape d6(|;piBy%glaaé9k bMUXeau de la catholique Pologne •
L'Autriche couvrait de son réseau de fer la malheureuse et vaillante Italie ; la Yénétie, la Lombardie, là Toscane gémissaient sous le joug de Tétrangers imposé par le traité de Vienne. Les patriotes supportaient leurs tortures avec une résignation héroïque ; ils avaient foi en un avenir très-prochain, et le jour djB l'affranchissement commençait à poindre aux horizons iwageux de la servitude.
tT^é
void en 18&6.
e sur le trône pontifical, et l'Italie tressaille d'allé-
gresse, die erdt f nele momeiM ert venu rà.k Papaaté aurrii'a loyalement la cause de la liberté^ coBMSoe aux premiefa tenq^ à» christianisme.
AssnréflimU si Pie IX eût ét6 doHé du génie de Grégoire VII eo de:Sixte*Qiiin(, on Favirait y% la croix d'une mais et le dra^peau italien dans Fantre, se mettre à la tète da moayement libérai et îaangarer,. aa nom du Gbrist, la régénârattion de la Péninsule.
Il n'était pas à la hauteur de cette grande mission ; dans ces circonstances solennelles où, pour nous servir de Texpression d'nn célèbre puUieiste, F Italie était en matée liberté, Pie IX ne montra ni le dévouement des martyrs, ni ThabUeté d'un simple homme d'État
Souverain spirituel et temporel, le Serviteur des serviteurs de Dieu eut peur de la liberté, lorsqu'on 18&8 Rome se souvint de son ancienne splendeur et proclama la république»
Il déserta la chaire de saint Pierre et rejeta l'alliance de' Charles-Albert, roi italien, pour tendre la main à l'Autriche, représentée par Radetzki!
Le pontife si populaire en 1846 et 1847, ferme l'oreille aux supplications de l'Italie, réservant toutes ses bénédictions apostoliques pour Habsbourg et ses farouches émissaires.
La Lombardie saccagée, Tenise presque réduite en eendres, s'écrient en vain :
c Nous sommes vos filles, Saint-Père, ayez pitié de nous et • maudissez^ du moins, nos bourreaux l 9
Le Vatican n'a pas le moindre anathème pour venger l'Italie.
Pie IX rentre enfin dans Rome par des brèches fumantes et pratiquées par lé canon des armées françaises.
Il a p■ofllis>de9^Béfllrma qu^it ne veut pas^ aeeorder ; le cardinal Antonelli, cet infatigable représentant de Tidée auUri-
chienne, domine dans les conseils da successeur de saint Pierre, protégé, gardé pourtant par une garnison française.
Après la gigantesque campagne de Grimée, un congrès des grandes puissances de TEurope se réunit à Paris. Dans ce conseil amphictyonique , convoqué par le gouyernement français, bn stipule qu'on accordera de larges réformes à l'Italie, surtout aux États-Romains ; le gouvernement pontiflcal fait des promesses excessives.
L'oppression de rAutricbe devient de plus en plus insupportable.
Le lion italien, si longtemps muselé, fait entendre un rugissement formidable.
La France, ce soldat de Dieu et de la liberté, entend ce cri de détresse.
L'Italie, en dépit de l'Autriche et du gouvernement pontifical, va s'affranchir..
Le glorieux étendard de 1789, le drapeau d'Arcole, de Rivoli, de Marengo étincelle de nouveau sur le sommet des Alpes comme une auréole de liberté ; les Autrichiens sont d'abord battus à Magenta, à Palestre, puis à Mélignano, et, enfin, à la grande et terrible journée de Solférino.
L'Empereur des Français a dit, dans sa proclamation aux Lombards:
c L'Italie sera libre des Alpes à l'Adriatique, t
Paroles prophétiques, qui sont déjà passées à Fétat de fait accompli.
Uentrevae de Villafranca, le traité de Zurich ont assuré Tindépendance de la Péninsule centrale.
Quelle conduite tient la Papauté pendant que Tltalie, secondée par la généreuse et loyale influence de la France, secoue et brise un joug abhorré ?
Elle est restée muette comme un sphinx, insensible comme le marbre. Vainement la diplomatie française lui donne les conseils les plus sages, les plus respectueux ; elle n*a d*oreilles, de sympathies que pour rÂutriche.
Les Romagnes se soulèyent et s'unissent au Piémont, devenu, par son dévouement, le centre de T unité italienne. A ces démonstrations, Pie IX, guidé par les inspirations de ta faction autrichienne, répond par des bulles foudroyantes mais qui n'effrayent plus personne.
Enfin le vicaire du Christ qui disait à ses disciples :
c Yotre royaume n'est pas de ce monde, i
le Vicaire du Christ fait un appel aux armes, et une expédition s'organise en faveur du pouvoir temporel.
Le sang français coule encore dans cette lutte déplorable du Pape contre les vœux de l'Italie. Nous n'avons pas à apprécier ici la croisade pontificale ; partout oii les Français succombent, la patrie est en deuil.
Pie IX est à Rome, toujours protégé par une garnison française. Le jeune roi de Naples va brûler à Gaête ses dernières cartouches, et l'Autriche concentre ses troupes sur les bords du Mincio.
Le Sacré-CoUége lutte sur un volcan.
NottB venons de poser sacciDctement les faits ^ actes de la Papauté depuis le septième siècle jusqu'à nos jours.
Il est temps de conclure.
Du moment que les Papes sont devenus princes temporels, ils ont été des pierres d'achoppement pour tous les progrès, pour tous les nobles élans de la raison humaine vers Tindépendance. »
Dans leurs rapports avec la France, ils se sont montrés orgueilleux, ingrats, perfides.
Philippe-Auguste, saint Louis, Philippe le Bel, Charles VU luttèrent vainement contre les empiétements de Rome.
Le concordat de François P' fut tout à T avantage de la Papauté; d^ailleurs de semblables transactions ne sont honorables pour aucun des contractants.
La déclaration de 1682 et la parole de Bossuet restèrent impuissantes.
Le concordat de 1801 n*apaisa nullement les rancunes du Snint-Siége.
De nos jours, les condescendances, les services, le dévouement du gouvernement français ont été payés sinon d'ingralilude, du moins d'une inqualifiable indifférence.
Nos régiments protègent le Pape et le nonce est rappelé de Paris.
L'Italie veut être indépendante, et la Papauté favorise la domination autrichienne, excommunie Victor-Emmanuel, le roi galant homme, et voue à la damnation Garibaldi et de Gavour, c'est-à-dire Tépée et le conseil de la Péninsule régénérée.
Elle envoie bénédictions sar bénédictions an jeune roi de Naples, conspué par son peuple.
Elle méconnaît la sincérité, la loyauté du gouyemement français.
Elle reçoit le mot d^ordre de Vienne et non de Paris.
Ahl quoi qu'en disent les feuilles cléricales, qui versent par anticipation des torrents de larmes sur le cercueil du pouvoir temporel, ce pouvoir bâtard, énigmatique, est une anomalie au milieu de TEurope régénérée par les doctrines de 1789 et la salutaire influence de la pensée française.
Aucun gouvernement n'a pu vivre d'accord avec la Papauté. Nous croyons avoir démontré par l'histoire qu'il y a toiyours, et qu'il y aura toujours incompatibilité entre le pouvoir politique et l'autorité religieuse :
Entre les souverains et les Papes.
Ce que n'ont pu faire Philippe-Auguste, saint Louis, Philippe le Bel, Charles VII, Louis XI, Louis XII, François r\ Henri IV, le cardinal de Richelieu, Louis XIV et Bossueti Napoléon V et la Restauration^ sera toujours impossible.
Donc, il est de toute nécessité que le pouvoir civil s'affranchisse de l'autorité papale.
L'organisation romaine a pu avoir son utilité au moyen âge, de même que les couvents et les monastères ; mais depuis longtemps elle a perdu sa raison d'être.
D'ailleurs, la France qui a vu naître saint Bernard, Gerson, saint Vincent-de-PauU Bossuet et tant d'hommes illustres par leurs travaux sur la religion, n'a pas besoin d'aller chercher ses instructions à Rome ; la foi ne doit plus être un monopole, mais rayonner sur tout le globe comme le soleil.
Victoria d'Angleterre est reine et papesse.
Le roi de Prusse est roi et pape.
Les souverains protestants de la Confédération germanique exercent à la fois les pouvoirs politiques et religieux.
En Suède, en Danemark, en Norwége les rois sont papes.
Alexandre II, empereur de Russie, est tzar et pontife.
Othon de Bavière est roi et pape à Athènes.
Le sultan des Turcs est empereur et pape.
Et nous devons ajouter que dans presque tous ces États, en Angleterre surtout et en Prusse, la réunion des deux pouvoirs a favorisé le développement des instincts nationaux et de la liberté.
L'Angleterre ne jouit-elle pas des immunités constitutionnelles ?
La Prusse ne marche-t-elle pas à la tète du libéralisme allemand ?
Ce qui est bon et utile chez les autres sera bon et utile dans notre chère France, cette terce féconde pour toutes les idées grandes et généreuses.
Au nom du pays et de la volonté nationale ;
Au nom de la religion compromise par des ambitions qui n'ont plus leur raison d'être ;
Au nom du progrès humanitaire înaugui^é par 1789 ;
Au nom de la tolérance et du libre arbitre, ces deux grandes lois des temps modernes ; Au nom de la sécurité de tous et de la paix :
Que le chef de TÉtat réunisse enfin en un seul et même faisceau le pouvoir politique et Tadministration du culte.
Que le gouyernement politique n*ait plus à ravenir deux centres distinctifs :
Paris;
ROIDB»
C'est-à-dire les deui centres de la civilisation et de T obscurantisme ;
Que le clergé français» qui réunit seul la science et la moralité nécessaires pour diriger le culte, ne reçoive plus ses inspirations de rétranger, mais de sa conscience et de son patriotisme.
Le prêtre doit être avant tout citoyen, servir F État qui le rétribue ; Rome est une patrie factice, le moment est venu de se déclarer pour la France.
Nous savons bien que nous marchons sur un terrain brûlant ; que notre pensée, simplement, loyalement exprimée,va soulever une tempête de malédictions et d'imprécations.
Mais il faut bien que quelqu'un ait le courage et la franchise de dire enfin la vérité.
Les interminables discussions de la question romaine ont produit une faligue universelle; nous dirons presque du dégoût.
'L'opinion publique se trouve arrêtée dans une impasse ténébreuse, à laquelle on n'entrevoit point d'issue.
Démosthène disait aux Athéniens :
< Tous les matins vous vous demandez sur la place publique :
• — Philippe est-il mort? Ehl que vous importe, puisque par Yo-
tre négligence vous auriez bientôt Tait un autre l?liilippe.
Nous dirons, nous, au gouvernement issu de 174(9 et da n^ frage universel, nous dirons à tous les Français :
c Chaque jour vous vous demandez si le Pape reste à Rome c ou s'il est déterminé à quitter sa capitale : si Pie IX, débart rassé enfin de IMnfluence du cardinal Antonelli, accordera les f réformes tant de fois promises, se réconciliera avec Yiclor- « Emmanuel, bénira Tltalie indépendante et reconnaîtra le fait « accompli? Que vous importe, puisqu'il est démontré que les € Papes n*ont, jusqu'à ce jour, fait aucune concession au pro- « grès européen, et se sont réfugiés dans les ténèbres et les abus < du moyen âge ? >
La Papauté, telle qu'elle est constituée depuis neuf siècles, reste incorrigible, imprenable dans la fantastique citadelle de son infaillibilité.
A tout progrès, à toute amélioration elle répond invariablement :
Non possumus ou non vohimus.
Nous ne pouvons ou nous ne voulons.
Mais ne sortons pas de notre sujet ; Bornons-nous à éclairer la situation du gouvernement français :
La querelle du pouvoir temporel a été suflSsamment débattue
par la diplomatie et les publicistes de toute l'Europe.
C'est une cause entendue et jugée.
Le système papal est reconnu depuis des siècles pour le plus détestable gouvernement qui ait jamais existé dans notre Europe occidentale.
XIY
Admettons que Pie IX a renoncé à son pouvoir temporel, qu'il 8*est réconcilié, du moins en apparence , avec Victor-Emmanuel ; la Papauté serait encore un danger pour la France, parce qu'elle aura toujours la prétention de régenter les gouvernements, sous le prétexte de sauvegarder la religion catholique.
Que Rome soit, si Ton veut, le centre du catholicisme, comme le Thibet est le centre du boudhisme monghol , peu importe, pourvu que la Papauté ne s'immisce plus dans les affaires et dans Tadministration même religieuse du gouvernement.
Le Pontife de Rome doit être nécessairement Italien ; or, un Pape, c'est-à-dire le père commun des fidèles, ne devrait pas avoir de nation, mais les résumer, pour ainsi dire toutes, au point de vue du dogme et de la foi. Les cardinaux ont décidé que les élus seraient nécessairement Italiens; ils ont constitué en monopole ce qui ne devrait appartenir qu'à Dieu.
Or, est-il juste qu'un pays comme la France reçoive les ordres d'un ancien moine italien, lorsqu'il compte dans ses annales et possède encore tant d'illustrations cléricales qui ont noblement protégé, défendu le catholicisme?
Est-il prudent de laisser à un Pape, qui a dû justifier de sa
qualité d'Italien pour arriver au trône pontifical, le droit de régler non -seulement ce qui concerne la foi, mais encore les moindres détails d'administration religieuse?
Non, mille fois non : la conduite que tiennent, depuis quelque temps, plusieurs membres du clergé français, prouve combien est fatale Tinfluence de Rome.
Qu'ont fait et que font presque tous les évèques? Dans Irurs mandements, ils sonnent le tocsin d'alarme, ils appellent la France à une chouannerie religieuse, et s'ils n'excommunient pas au nom du pouvoir temporel, c'est qu'ils ont de bonnes raisons pour douter de l'effet de leurs anathèmes.
Au lieu de seconder dans son travail de réforme le gouvernement qui a tant fait pour eux, les prélats n'ont que des paroles de haine et de discorde. On dirait que leur patrie est à Rome. Ils ne devraient pas oublier que recevant des honoraires comme tous les autres employés du gouvernement, c'est un devoir pour eux de lui obéir, de le seconder.
Que dirait-on d'un maréchal de France qui prendrait parti pour une puissance ennemie de sa patrie? On le flétrirait du surnom de traître, car il est honteux de déserter le drapeau.
Oh I que doit-on penser des maréchaux de l'Ëglise, qui con* trarient l'action gouvernementale en Italie et se montrent disposés à sacrifier l'intérêt national au pouvoir temporel ? Sont-ils des évèques selon le cœnr de Dieu, selon le Christ qui disait:
« Rendei à Géear ce qui est à César ! »
Non. Il faut donc que la France, comme l'a fait depuis longtemps presque toute l'Europe, se débarrasse de la tutelle pontificale.
La nation n'a-t-elle pas atteint sa majorité en 1789 ?
La situation est fausse, intolérable; hâtons-nous d'en sortir.
Or, de toutes les solutions, la plus simple et celle qui nous parait inévitable, c'est raffranchissement du gouvernement français de toute entrave romaine.
C'est de rendre an clergé sa constitution civile.
C'est le chef de l'État réunissant les deux pouvoirs.
Qu'on se garde bien de croire qu'il nous est venu à l'idée de préconiser le schisme de Henry YIII.
Nous ne sommes plus au temps des schismes et des hérésies : Jean fluss et Luther courraient risque de n'avoir que très-peu de disciples. On a tant abusé de la religion, que V Europe, fatiguée, est tombée dans la plus complète indifférence.
L'Empereur chef de la religion nationale n'aurait pas besoin de rompre avec Rome pour ce qui concerne le dogme et la foi.
Le Pape, redevenu simple souverain spirituel, continuerait d'exercer sur le catholicisme une influence d'autant plus grande que la Papauté se rapprocherait de la simplicité de l'Église primitive.
Pour ce qui concerne spécialement la France, le chef de TÉtat dirigerait souverainement l'administration du culte.
Paris étant le centre et le cœur de la France, Farchevéque de Paris serait nommé grand-patriarche.
Chaque année un concile œcuménique se réunirait pour statuer sur Tétat du culte catholique.
Ce concile serait présidé par le grand-patriarche, dél^ué du chef de l'État.
Les conciles provinciaux seraient convoqués plusieurs fois chaque année, selon les besoin^^ des diocèses.
Le Pape pourrait se faire représenter dans les conciles par des cardinaux et des évêques, qui n*auraient que voix consultative.
Il y aurait douze cardinaux nommés directement par le chef de l'État et qui formeraient tour à tour le conseil du patriarche.
Les évêques actuels seraient maintenus à la condition qu'ils adopteraient la religion nationale*
A l'avenir les prélats seraient élus par le suffrage universel. Les communes nommeraient plusieurs électeurs pour chaque canton ; ces électeurs se rendraient au chef-lieu et procéderaient à l'élection de l'évéque qur devrait justfSer de sa qualité de Français. De* siwptes ppèlres serûenC âigiMe», comme cela se pratiquait dans les premiers, temps du eiuristiBnisuie.
Lea curés de caatoa Sisraietttnonynési pap les^ curés de ce canton.
Les curés de commune seraient élus par les habitants de la localité.
Les concordats de François 1'' et de Napoléon 1*' seraient et demeureraient annulés.
On rétablirait les synodes et le gouvernement aurait ainsi la gloire d'affranchir le bas clei^é soumis par le concordat au ^u- Yoir parfois trop arbitraire des évèques. Les prêtres et curés seraient jugés par leurs pairs : ils jouiraient enfin, comme les autres citoyens, des avantages d'un jury spécial.
Le chef de F État tient son pouvoir du suffrage universel, et nous pensons que les membres du clergé français se sentiraient très-honorés de subir cette épreuve, qui donnerait par le fait une nouvelle consécration à leur caractère.
L'argent des dispenses, et autres nombreuses redevances qu'on envoyait à Rome, formerait une caisse de réserve :
Pour les besoins du clergé français.
Pensions de retraite aux vieux curés.
Secours aux communes.
Aux établissements de bienfaisance et de charité spécialement religieux.
KVIL
Il serait trop long d'énomérer les avantages immenses qui résulteraient immédiatement de la rénovation dont nous soumettons ridée au gouvernement
Cette idée germe depuis longtemps en France ; mais jusqu'à ce jour on n'a pas eu la hardiesse de la développer :
Il en est des idées, conune des graines des fleurs et des plantes :
Il y en a de bonnes, il y en a qui ne doivent pas fructifier.
Les bonnes graines enrichissent et embellissent la terre.
Les mauvaises sont emportées par le vent dans des tourbillons de poussière.
' Nous avons un peu défriché la route, d'autres pionniers nous y suivront, et comme tout chemin mène à Rome, tout chemin est bon pour en sortir.
Nous croyons avoir choisi le plus sûr et le plus court.