‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 3)Chapitre 114 sur 127 · RUY-GOMEZ, COMTE DE MELITO · texte numérisé non relu

RUY-GOMEZ, COMTE DE MELITO

A. L'AMBASSADEUR RENARD

Gand, 1" novembre i556.

Magnifique seigneur le comte de Challant a rempli sa mission d'une

manière satisfaisante , et bien que, pour les motifs dont on fait part à V. S. dans la correspondance officielle, nous eussions préféré qu'il ne vînt pas, cependant on s'occupe de préparer la réponse qui doit lui être donnée; et , à mon avis, sa présence nous jelte dans un étrange embarras. Mais j'attends cette semaine un courrier d'Italie , qui nous apportera sans doute la nouvelle de quelque arrangement définitif ou provisoire avec le pape, et une fois munis de ces renseignements, nous pourrons répondre au conile avec plus de résolution que dans le moment présent, où l'on ignore l'état des affaires de ce pays. Aussi, dans l'audience que

y á esta causa, en esta postrera audiencia que dio S. M. á Bassa- Fontana, no se le ha respondido mas que remitirse S. M. á los postreros medios de acordio que al duque de Alba se embiáron y que, basta ver respuesta del duque, no podria S. M. respondelle con resolución, y assy el Bassa-Fontana se ha contentado desperar, y espera al dicho correo que no puede tardar.

V. M. como de suyo podrá dezir por allá, quando por ventura tratare desta materia que, sin la venida deste correo que esperarnos, duda que podamos dar respuesta resoluta al dicho conde de Chalain, ny al dicho Bassa-Fontana, affirmando siempre con quanta voluntad S. M. dessea este acordio del papa, para tratar después del de la paz entre el rey de Francia y S. M., y que no duda sino que los medios que S. M. le embió son tan justos y razonables que se havrá concertado ó tomado algún apuntamiento con que se pueda estar

seguramente y tratar con su Sd Nuestro señor la muy magnifica

persona de vuestra merced guarde y acresciente, etc. En Gante, á p° de noviembre i 556.

RUY GÓMEZ DE SILVA, Conde de Melito.

TRADUCTION

Basse-Eonlaine a récemment obtenue du roi, S. M. s'est bornée à lui dire qu'elle s'en tenait aux derniers moyens de conciliation indiqués par elle au duc d'Albe, et qu'elle ne pouvait lui donner de réponse plus explicite avant d'avoir reçu celle de ce dernier. Basse-Fontaine a dû se résigner à attendre , et attend, en effet, le courrier du duc , qui ne saurait désormais tarder beaucoup.

Si l'on venait à vous parler de cette affaire, V. S. dirait, comme de son chef, qu'elle doute fort qu'avant l'arrivée du courrier d'Italie on puisse donner une réponse décisive au comte de Challant ni à Basse-Fontaine; insistant toujours beaucoup sur le vif désir du roi de terminer l'arrangement avec le saint-père , afin de pouvoir traiter ensuite de la paix avec S. M. T. C; ajoutant de plus que les conditions proposées à Rome sont si justes et si raisonnables, que le roi ne doute pas qu'elles ne soient devenues la base de négociations solides et fructueuses avec S. S Dieu garde votre seigneurie, etc.

RUY-GOMEZ DE SILVA, Comte de Melito.

LE DUC DE SAVOIE

(Ambassades de Renard, V, 173.)

Bruxelles, 2 novembre 1 556.

Très-chier et bien amé: Vous verrez ce que le roy monseigneur vous escript présentement en responce, quant à la négotiation du conte de Chalant, que nous fera estre tant plus succinct en ceste, laquelle servira seullement pour vous advertir de la réception des vostres du xxixe d'octobre dernier, du contenu desquelles vous tenons recors. Et vous savons très-bon gré de la bonne diligence dont vous usez pour enfoncer et descouvrir les desseings et occurrences de delà, vous requérans continuer, etmesme si la gendarmerie de France, que vous escripvez avoir passé monstres en armes, est encoires en pied desdictes monstres, et s'ils lièvent quelque infanterie françoise du costei de la Picardie , et où; s'ils ont renforcé Metz, comme il semble par aulcunnes lettres du conte de Megben, s'il estbruict que le connestable doibge aller audict Metz, et quant; s'd est vray ce que vous escripvez avoir entendu au regard du sieur de Vauldemont, mesmes qu'il se soit accordé de mectre Nancy es mains du roy de France ; quel moyen il y auroit pour y remédier plus convenablement, et au surplus de tout ce que vous

entendrez méritant advertissement 1 Très-chier et bien amé,

Nostre Seigneur vous ait en sa garde. De Bruxelles, le second de novembre 1 556.

E. PHILIBERT

Et plus bas :

COURTEWILLE.

1 Le surplus de cette dépêche est sans intérêt.

papiers d'État. — iv. 96

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