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SON CHAMBELLAN, MEMBRE DE SON CONSEIL ET AMBASSADEUR

Saragosse, le 2 9 juillet i5o6.

Louis Ferrer, mon chambellan , membre de mon conseil et mon ambassadeur, voici ce que vous avez à dire de ma part au sérénissime roi de Castille, mon très-cher et bien aimé fils, et ce que vous avez à faire à sa cour :

Premièrement, vous lui direz qu’il est convenable que j’entretienne auprès de sa personne un ambassadeur ordinaire pour lui communiquer toutes mes

Vergy, maréchal de Bourgogne, et d’Anne (Voyez Dunod, Histoire de l’église de Rede Rochechouart, sa seconde femme , quoi- sançon ,1,2 78-2 79.)

qu il ne fût encore âgé quede quatorze ans. 1 La version de cette pièce, ainsi que

y para que él me comunique las suyas, como entre padre y fijo se debe fazer, y para que en las cosas que compliéren á nuestros estados, podamos comunicarnos, y consejarnos, y fazer cada uno en favor del otro, lo que conviniere y fuére menester, para el bien de nuestros comunes estados , según el estrecho deudo y amor, y union que entre nosotros es; que por esto os embio, para que como mi embaxador residays de continuo en su corte, y que yo le ruego muy alíectuosamente, que todo lo que él viere que cumple al bien de nuestros comunes estados, y á él, y á mi juntamente, ò á él, ò á mi en particular, que todo lo quiera comunicar comigo por vuestro medio, lo que fuére publico, publico, y lo que fuére secreto, secreto; que lo mismo faré yo con él : y desta manera , el deudo y amor, y union que entre nosotros es se conservará mejor, y se acrecentará cada dia mas, y asi todos sus negocios se farán con mayor autoridad, y mas sin inconveniente.

Item le diréys que yo * á Dios gracias, llegué muy bueno á esta ciudad, y como me parto para Barcelona, y que alli espero de me embarcar, plaziendo á nuestro Señor, un dia despues del dia de nuestra

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affaires et recevoir communication des siennes , ainsi que cela doit se pratiquer entre père et fils, pour nous consulter mutuellement et nous conseiller sur les choses qui intéressent nos états respectifs, faisant ensuite l’un en faveur de l’autre tout ce qui conviendra et sera nécessaire pour le bien de nos sujets communs , suivant ce qu’exigent l’étroite parenté , l’affection et l’union qui existent entre nous. Pour toutes ces raisons, je vous envoie auprès de lui en qualité d’ambassadeur destiné à résider continuellement à sa cour, et je le prie trèsaffectueusement de me donner communication par votre intermédiaire de tout ce qu’il jugera devoir intéresser le bien de nos états respectifs , soit des siens ou des miens en particulier, soit des uns et des autres réunis : je dis commu-

deJoutes celles qui sont écrites en espagnol précis, sans s’astreindre à suivre littérale-

eten italien, est entièrement libre, le tra- ment les textes originaux, dans lesquels ducteur s’étant borné à en rendre le sens abondent les redites de tout genre.

Señora de agosto, para yr á visitar los mis reynos de Ñapóles y Sicilia, con propòsito y desseo de entender en cosas del servicio de Dios Nuestro Señor, y bien de la christiandad; y que aunque este sea mi principal propósito y intención de my yda, pero que también se añade á esto, pensar yo que puede mucho aprovechar al rey my fijo, que vean en Castilla, que yo no paro en España, por fazer perder del todo á muchos la esperança que de mi podrían tener en Castilla si parasse en España, y por los juntar á todos mas con el rey mi fijo; porque aunque yo tengo mucho amor al rey mi fijo, y mi voluntad, y obras, y palabras siempre son y serán endereçadas, para su honra, y bien, y provecho de su estado, y en esto yo pienso de le fazer siempre mas buena obra, que no le farà el rey de Romanos su padre; pero no embargante esso, si yo quedára en estos mis reynos de acá, todavía, pensáran muchos de Castilla, que yo tenia otro fin

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nication publique de ce qui sera public, et secrète de ce qui méritera le secret. De mon côté j’agirai à son égard de la même manière, et c’est ainsi que les liens de parenté et d’affection qui nous unissent se maintiendront et se resserreront tous les jours davantage; c’est ainsi, en outre, que toutes les affaires qui le concernent se traiteront avec plus de poids et d’autorité et moins d’inconvénient.

En second lieu vous lui direz que , grâce à Dieu, je suis arrivé en bonne santé dans cette ville; que je vais en partir et me rendre à Barcelone, où j’espère m’embarquer le lendemain de l’Assomption pour aller visiter mes états de Naples et de Sicile , où les intérêts du service de Dieu notre Seigneur et ceux de la chrétienté réclament ma présence. Et bien que ce soit là le but principal de mon voyage, je m’y suis également déterminé par la considération de l’utilité qui pourra en résulter pour le roi mon fils. En effet, lorsqu’on verra en Castille que je ne m’arrête pas en Espagne, beaucoup de gens perdront toutes les espérances qu’aurait pu faire naître pour eux mon séjour prolongé dans ce pays, et s’attacheron t plus étroitement à mon fils ; parce que , malgré la grande affection que j’ai pour lui, affection en vertu de laquelle toutes mes pensées, paroles et actions n’auront jamais d’autre but que les intérêts de son honneur, de sqn bien-être particulier et de celui deses états; malgré la disposition où je suis de lui rendre encore de meilleurs offices que son père lui-même , le roi des Ro-

dél que tengo, y esto pudiera poner necessidad al rey mi fijo; y por le quitar d'està parte toda necessidad y pensamiento della, y darle todo el favor que á su negocio se puede dar, no quiero parar en estos mis reynos , antes mando á mis lugares thenientes que dexo en ellos que en todas las cosas que pudiéren con estos mis reynos ayudar y favorecer los negocios del rey de Castilla mi fijo, lo hagan, como por mi persona, y assi encomiendo al rey mi fijo essos dichos mis reynos , para que si en mi absencia mis lugares thenientes generales alguna cosa hubieren menester dél, para el bien de mi estado, lo quiera fazer, como yo lo faria por él.

Item diréys al rey mi fijo que crea y tenga por certissimo que yo soy en voluntad y en corazón su muy verdadero padre, y que assi lo mostraré por obra en todas las cosas en que lo pudiére mostrar, donde quiera que estubiére : y que uno de los mayores cuydados,

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mains; malgré tout cela, dis-je, un séjour plus prolongé de ma part dans la portion de mes états où je me trouve présentement donnerait à soupçonner à beaucoup de personnes en Castille que j’ai des vues toutes différentes de celles que je me propose réellement, ce qui pourrait causer de l’embarras à mon fils. En conséquence, pour le délivrer de toute inquiétude à ce sujet, et l’aider autant qu’il est en mon pouvoir, j’ai résolu de ne pas m’arrêter plus longtemps dans ce pays ; j’y laisse des lieutenants pour me remplacer, avec ordre de s’employer aussi activement qu’ils le feraient pour mon propre compte dans tout ce qui pourra intéresser les affaires du roi de Castille mon fils; je recommande également à ce prince , dans le cas où , pendant mon absence , lesdits lieutenants réclameraient de lui quelque service pour le bien de mes états, de vouloir bien les aider, comme je ferais en pareil cas à son égard.

Vous assurerez le roi mon fils qu’il trouvera toujours en moi le cœur d’un véritable père, et queje lui en donnerai des preuves dans toutes les circonstances qui pourront se présenter; vous lui direz en outre qu’un des plus grands soucis qui me préoccupent actuellement est de le voir maintenir dans la paix, la justice et l’obéissance , les états qu’il gouverne , libre lui-même de toute inquiétude et de tout embarras.

Vous lui donnerez à entendre que je crains beaucoup de voir certaines per-

que yo agora llevo, es dessear que el rey mi hijo tenga en paz, y en justicia y obediencia aquellos sus reynos, y que no tenga, ni se bea en ellos en ninguna necessidad.

Item le diréys que yo tengo mucho recelo que trabajen de poner différencias mas recias, que las que fasta aqui, entre él y la reyna mi fija, y que le ruego que siempre esté en esto sobre aviso, para que no pueda nadie poner las dichas différencias; y que la mayor securidad para esto seria estar miiy conformes él y la reyna my fija, y en mucho amor, y como muy buenos casados, porque desta manera no podria nadie poner différencias entre ellos; y que todavía, tengo yo por muy cierto , que por bien y dulcemente y con amor, y muy bien tratamiento acabará mas con la reyna mi fija, que de otra manera, y que esto es lo que Dios quiere, y lo que á todos lós buenos parecerá bien , y esto aprovechará assi mismo para salud de la reyna

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sonnes chercher à augmenter la mésintelligence qui a déjà régné entre lui et la reine ma fille 1. Je ne saurais trop lui recommander d’être continuellement sur ses gardes à ce sujet ; mais le moyen le plus sûr pour déconcerter de pareilles tentatives serait de vivre dorénavant en parfaite harmonie avec elle, comme c’est le devoir de tout bon époux. Bien plus, je tiens pour certain que des procédés doux à l’égard de ma fille seront plus efficaces sur son esprit que toute autre manière d’agir. Telle est évidemment la volonté de Dieu, et tel sera sans contredit l’avis de toutes les personnes prudentes : sans compter que la santé de la princesse en dépend. A ce propos, je désirerais que le roi mon fils prît toutes les mesures et les précautions possibles pour le rétablissement de cette santé à laquelle lui-même est si fort intéressé. En effet, si Dieu daignait la rendre à son épouse, comme il le fera, je l’espère, pourvu qu’on le seconde d’un autre côté, mon fils serait beaucoup plus tranquille et la princesse ne chercherait qu’à lui complaire en toutes choses. Quoi qu’il en soit , ayez grand soin ,

1 Jeanne , fille du roi Ferdinand et d’Isabelle la Catholique , épousa l’archiduc Philippe en 1496, âgée de dix-sept ans. Tous deux montèrent en 1 5o4 sur le trône de Cas-

tille. Jeanne, attaquée d’une maladie mentale, perdit complètement la raison à la suite du décès prématuré de son époux et ne la recouvra jamais ; elle mourut en 1 555-

mi fija, y lo contrario daña para su salud; y querria que el rey mi fijo probasse y trabajasse todo lo que puede aprovechar para la salud de la reyna mi fija, porque con salud, si Dios se la diere, como espero que se la dará, si le ayudan, el rey mi fijo estaña mas descansado, y ella holgaría de le complazer en todo ; y en este articulo fablad siempre de manera que el rey mi fijo conosca que lo digo por el amor que le tengo, y por su bien, como es la verdad; y también lo digo, porque como padre desseo ver mucho amor y conformidad entre ellos.

Item si por aventura se fablasse en poner en alguna forteleza á la reyna mi fija, como ya hoviéron platicado en ello, si os pidiéren mi parecer o voluntad sobre ello , diréys que yo , por el amor que tengo al rey mi fijo, nunca seria en tal voto ni en consentimiento; porque tengo por cierto que es la cosa que menos le cumple, y que si mi parecer y consejo sigue en esto, por causa del mundo, no la deve

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lorsque vous toucherez ce point, de parler de telle sorte que le roi mon fils comprenne bien que le seul motif qui me dicte ces avis est l’aifection que je lui porte , ainsi que le désir, si naturel à un père , de voir la bonne intelligence régner entre ses enfants.

Si par hasard on venait à renouveler la proposition de placer ma fille dans quelque château fort, comme il en a déjà été question , et qu’on vous demandât mes intentions à ce sujet, vous répondriez que mon attachement au roi mon fils ne me permettra jamais de partager cet avis, car j’ai la certitude qu’il n’est rien de plus inopportun qu’une pareille mesure, et s’il veut suivre en cela mes conseils, il n’y consentira lui-même pour rien au monde. Je le répète encore, de bons procédés seront plus efficaces sur l’esprit de ma fille que toute autre manière d’agir. Cette voie est la plus sûre et la plus conforme à la volonté de Dieu ; l’autre au contraire ne présente qu*e de graves inconvénients.

Dans le cas où le roi mon fils vous chargerait de dire de ma part à son épouse quelque chose qui fût au préjudice de cette princesse , vous répondriez que vous me consulterez à ce sujet, et que vous exécuterez ensuite mes ordres, ajoutant que vous avez reçu de moi , comme il est vrai , des pouvoirs généraux pour faire tout ce qui pourra être utile à mon fils , mais que vous n’en avez aucun pour vous prêter à la moindre chose qui, directement ou indirectement, serait de

fazer; que, como dicho es, podria tener tan buena manera con ella, que acabe mucho mas con ella con amor y buen tratamiento, que de otra manera, y que la una es via segura, y lo que Dios quiere, y la otra es llena de inconvenientes.

Item si el rey mi fijo vos dixére que de mi parte digáis á la reyna mi fija alguna cosa en perjuysio della, responderéis que lo consultaréis comigo , y que faréis lo que yo vos embiaré a mandar sobre ello; porque aunque teneis mandamiento mio general, para fazer todo lo que fuére en favor del rey mi fijo, pero que no teneys mandamiento , para fazer cosa que directa ni indirectamente sea en perjuizio ni defavor de la reyna mi fija, sino para consejar que lo mas sano y mejor es que esté él muy bien con ella, y ella con él.

Item vos lleváis traslado de la capitulación y escritura, que fuéron asentadas entre mi y el rey mi fijo , y si en ello alguno de los suyos vos fabláre, diréis siempre que mi fin y intención es de guardar muy enteramente loque entre nosotros está asentado y capitulado.

Item si vos fabláren algunos en maravillarse de lo que fablan las dichas escrituras en perjuyzio de la reyna mi fija , diréis que no saveis cosa de aquello , ni saveis lo que en aquel articulo yo fize , ni dexé de

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nature à porter préjudice à ma fille. Que vos instructions sur ce point se bornent à donner à tous deux les avis que vous croirez leur être les plus salutaires , c’est-à-dire de vivre ensemble dans une parfaite intelligence.

Vous emporterez avec vous une copie du traité conclu entre moi et le roi mon fils. Si quelqu’un des siens venait à vous sonder sur ce point , vous auriez soin de répondre que mon intention est de me conformer fidèlement et entièrement à tout ce qui a été convenu entre nous.

De même , si quelqu’un paraissait témoigner devant vous quelque surprise au sujet de ce traité dont certains points semblent être préjudiciables à la reine ma fille, vous répondriez que vous ignorez complètement ce que j’ai pu faire ou ne pas faire à cet égard , mais que la seule chose que vous sachiez parfaitement, c’est que je porte à ma fille la plus grande affection, et queje suis disposé à faire pour elle , ainsi que pour son mari , tout ce qui sera en mon

fazer; porque saveis cierto que yo tengo mucho amor á la reyna mi lija , y que todo lo que pudiére fazer por ella, y por el rey su marido mi fijo , lo hé de fazer, y á este propòsito lo que mas vos pareciére.

Item en todas las dichas cosas, y en todo lo que allá negociáredes y fabláredes , estad sobre aviso , en no dezir ni fazer cosa contra el rey de Castilla mi fijo, ni de que pueda haver enojo. Mas todo lo que dixéredes y ficiéredes sea endereçado para conservar y acrecentar el amor y unioE que entre nosotros es ; y en esto poned todo vuestro cuydado y industria, en tener nos siempre muy juntos y conformes, y en mucho amor como es razón ; y governaos de manera que imprimais bien en el entendimiento del rey mi fijo, que yole soy verdadero padre , y que ando con él clara y verdaderamente , y con amor, porque no faltará quien todavía le dé a entender lo contrario ; y también digo que esteis sobre aviso en esto , porque avrà muchos que dirán al rey mi fijo cosas de vos que dezis y que tratáis , y os levantarán cosas, que nunca liavréis pensado. Y digo esto, assi para que os guardéis dello, como para que tengáis prevenido al rey mi fijo, que si algo le dixéren de mi, o de los mios, que no sea conforme al amor que yo le tengo , que os la diga cada vez que lo tal acaeciére , para

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pouvoir. Vous ajouterez à cette réponse toutes les particularités que la circonstance fera naître.

Dans toutes les choses dont je viens de vous parler, comme dans celles que vous aurez à traiter par la suite , veillez avec le plus grand soin à ne rien faire ni rien dire de contraire aux intérêts du roi de Castille, ni qui puisse le mécontenter; mais que l’ensemble de vos paroles et de vos démarches tende à maintenir et accroître même l’union et l’affection qui existent entre nous. Ne négligez rien pour obtenir ce résultat , travaillant surtout à bien pénétrer mon fils de cette vérité , que j’ai pour lui les sentiments d’un véritable père , et que j’agis à son égard avec toute la franchise et la sincérité désirables , parce qu’il ne manquera pas de gens qui chercheront à lui persuader le contraire. Je vous recommande également une grande vigilance pour ce qui vous concerne vousmême, car il se trouvera infailliblement des malintentionnés qui rediront au

que vos le satisfagáis , y'deis razón , deziéndole la verdad de lo que supiéredes , y yo vos avisse de lo que nos supiéredes para que en todo quede satisfecho.

Item en las cosas de Roma, procurad que el rey mi fijo tenga alii embaxador, que mire y procure derechamente el servicio suyo , y de su corona real, y que no tenga ni siga otros fines de particulares ; y sobre todo que tenga muy derecho fin , en conservar y acrecentar nuestra union y amistad, y sepa que don Antonio de Acuña no es para fazer lo que lié dicho por diversos respectos; y si fiziere mudança en el embaxador de Roma, y proveer de otro , fazer me lo eys saber, y procuraréis saber que sea persona que mi embaxador y él se puedan bien conformar, y estar conformes para todo lo que cumpliére á mi y al rey de Castilla mi fijo.

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roi mon fils toutes vos paroles et vos démarches, vous attribuant souvent des choses auxquelles vous n’aürez jamais pensé. Je vous préviens de ceci, d’abord afin que vous soyez sur vos gardes, ensuite pour que vous priiez le roi, dans le cas où on lui rapporterait au sujet de moi ou des miens quelque chose de contraire à l’affection que j’ai pour lui , de vouloir bien vous en avertir chaque fois , pour que vous puissiez lui donner toutes les satisfactions et explications nécessaires, lui disant franchement ce que vous savez ; de mon côté, je vous transmettrai les renseignements qui vous manquent, afin de le rassurer entièrement sur ce point.

Quant à ce qui concerne les relations avec la cour de Rome, tâchez de déterminer le roi mon fils à y entretenir un ambassadeur pour veiller continuellement et avec chaleur à ses intérêts ainsi qu’à ceux de sa couronne, sans avoir d’autres fins particulières. Cet ambassadeur devra surtout travailler franchement à maintenir et resserrer les liens d’affection qui nous unissent. Or, il faut que le roi sache que don Antonio da Cunha est souverainement impropre, et sous plusieurs rapports, à un tel office. Dans le cas où on songerait à le remplacer à la cour de Rome, vous aurez soin de me faire savoir qui on lui destine pour successeur, vous employant de tout votre pouvoir pour que celui-ci soit un homme capable de s’entendre parfaitement avec mon ambassadeur dans tout ce qui concerne le service de mon fils et le mien.

Item todos los que fasta aqui an trabajado asi de dentro de los reynos , como de fuera dellos, en poner discordia entre mi y el rey mi fijo, es de creer que siempre trabajarán en lo mismo, y dirán y levantarán cosas que nunca se pensáron. Digolo porque si el rey mi fijo dixére que le han dicho en Castilla, ó que le han escrito de Roma, ó de Françia, ó de otra parte, algunas cosas que no sean conformes al amor que yo le tengo, podréys dezir y certificar sin duda que son cosas levantadas, y que no las crea, y que en toda parte le seré siempre verdadero padre, y que vos me las faréis saber ; y que vos embiará yo délias tal razón, de que él quede bien contento ; y en lo de Françia, siempre que os preguntáren mi parecer, diréis que mi parecer es que lo que al rey mi lijo mas conviene por diversos respetos , es que estemos muy bien con el rey de Françia, y que con-

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Il est très-probable que tous ceux qui, tant à l’intérieur qu’au dehors du royaume , ont travaillé jusqu’ici à semer la mésintelligence entre mon fils et moi , ne ralentiront pas leurs efforts, m’attribuant comme précédemment des choses auxquelles je n’ai jamais songé. Je reviens encore sur ce sujet, afin que si mon fils venait à vous dire qu’il a appris sur mon compte, soit en Castille, soit par des lettres reçues de France, de Rome ou de tout autre côté, des choses peu conformes à l’affection que je lui porte , vous puissiez répondre sans hésiter, et lui affirmer en toute sûreté que ce sont de pures inventions, qu’il doit rejeter comme telles; ajoutant qu’en toutes circonstances il trouvera en moi un véritable père; que vous me donnerez à connaître ces bruits injurieux, et que je vous enverrai sur ce point des explications qui ne lui laisseront rien à désirer. — Pour ce qui concerne la conduite à tenir avec la France, toutes les fois qu’on vous demandera mon avis à ce sujet, vous répondrez que ce qui me semble convenir le mieux aux intérêts de mon fils est de vivre, lui et moi, en paix et bonne amitié avec cette puissance. S’il se trouvait présentement à la cour un ambassadeur français, et qu’il vînt à vous parler, répondez-lui avec beaucoup d’affabilité, vous attachant à lui persuader que le roi de France et moi ne faisons qu’un. Cependant ne le prévenez point sous ce rapport , et ne lui en parlez qu’autant qu’il vous mettrait sur la voie , de crainte de donner de nouveaux soupçons au roi mon fils , et peut-être- à l’ambassadeur lui-même. papiers d’état. — i.

servemos su amistad; y si alli residiere embaxador de Françia, y os fabláre; fabladle con mucho amor, y mostrando que el rey de Françia y yo , somos una misma cosa : pero no procureys de fablarle , si él no lo procura , porque no pongáis nuevas sospechas al rey mi fijo , ni tanpoco las pongáis al dicho embaxador.

Item yo y la reyna que gloria aya capitulámos con el rey de Ingalaterra que daríamos en dote á la princesa de Gales , nuestra fija , dozientos mili escudos de oro, que son las dozientas mili doblas de oro , que los reynos de Castilla serviéron y pagáron para su casamiento, de las quales las cien mili le fuéron pagadas, y de las otras cien mili llevó buena parte enjoyas, y oro, y plata, como lo sabe Juan Lopez ; de manera que le quedan por pagar hasta veynte y seys quentos , poco mas ó menos ; las quales joyas , y oro , y plata , entran en quenta de las otras cien mili coronas, que se le han de pagar; *y lo restante délias está asentado que se le pague en Londres, quinze dias antes de ser consumado el casamiento de la dicha princesa, y del principe de Gales, nuestros fijos; el qual casamiento está asen-

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11 avait été convenu entre moi, la feue reine mon épouse et le roi d’Angleterre, que nous donnerions en dot à la princesse de Galles, notre fille1, deux cent mille écus d’or, qui ne sont autres que les deux cent mille doblas fournis par les royaumes de Castille pour son mariage. La moitié de cette somme a déjà été acquittée, et elle a reçu une partie notable du reste, tant en bijoux qu’en vaisselle d’or et d’argent, comme Jean Lopez le sait fort bien; de manière qu’il reste à lui payer environ vingt-six cuentos 2. Les joyaux ainsi que la vaisselle d’or et d’argent entrent en déduction des cent mille couronnes formant le second payement stipulé, et le surplus de cette somme devait être compté à la princesse quinze jours avant la consommation de son mariage avec le prince de Galles ,

1 Catherine, née en i485, et morte en

1 536 , femme d’ Artus, prince de Galles, puis de Henri VIII , son frère puîné , tous deux fils de Henri VII, roi d’Angleterre.

2 Cuento signifie un million. Mais rien dans le texte n’indiqüe de quelle monnaie il s’agit ici.

tado que se hoviese de consumar luego en haviendo cumplido quinze años el dicho principe de Gales, nuestro fijo, los quales dize que cumplió el junio cerca pasado ; y por causa de los negocios y ocupaciones que se ofrecieron en la venida en Castilla del rey y de la reyna mis fijos, no huvó lugar para poder se proveer en embiar á tiempo á Ingalaterra el cumplimiento de la dicha paga. Pero quedó concertado que para la dicha paga , serviessen las joyas de la reyna que gloria aya, que están en poder de Juan Velasquez, y el dinero que está en poder de Juan Lopez , para ello , según mas largamente vos informará dello el dicho Juan Lopez. Y porque la paga desta dote, es la cosa que mas encargada dexó por su testamento la reyna que gloria aya, y assi por descarga de su consciencia, como por lo que le cumple ala dicha princesa de Gales, mi fija; que si la dicha paga ne se fiziesse se pornia peligro de desatarse su casamiento , procuraréis con el arçobispo de Toledo, y con los otros testamentarios de la reyna que gloria aya, y principalmente con el rey mi fijo, que se dé luego orden en embiar á Ingalaterra el cumplimiento de la dicha paga,

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lequel mariage aurait lieu aussitôt que ce dernier aurait atteint 1 age de quinze ans. Or cette époque est arrivée au mois de juin qui vient de s’écouler; mais par suite des occupations que m’a causées l’arrivée de ma fille et de mon gendre en Castille, le temps m’a manqué pour recouvrer et envoyer à temps opportun en Angleterre le complément de la somme en question. Toutefois il a été résolu que pour la parfaire on emploierait les joyaux de la feue reine, déposés entre les mains de Jean Velasquez , ainsi que l’argent remis à cet effet à Jean Lopez , comme ce dernier vous en informera plus au long. Le payement de cette dot étant la chose sur laquelle mon épouse a le plus insisté dans son testament, tant pour l’acquit de sa conscience que dans la vue des intérêts de la princesse de Galles, dont le mariage courrait grand risque d’être rompu à défaut d’exécution de cette clause , insistez fortement auprès de l’archevêque de Tolède et des autres exécuteurs testamentaires de la reine, mais surtout auprès du roi mon fds , pour qu’on envoie le plus tôt possible en Angleterre le complément de la somme .dont il s’agit, et que la consommation du mariage

para que en pagándola se consuma el dicho casamiento ; porque de otra manera no lo farian, y la dicha princesa mi fija padeceria mucho daño y vergüença, y para escusarlo, haveis de procurar esto con todo la instancia y diligencia y cuidado , y recando que menester fuére , como cosa que mucho cumple a nuestro servicio. Y negociadlo á consejo de Juan Lopez , que está bien informado del negocio ; que en negociar bien esto , es bien casada la dicha princesa mi fija; y en dexarse de fazer la dicha paga, se desfaze su casamiento, y queda ella perdida ; asi que pues vedes lo que esto importa á mi honrra y servicio, fazed último de potencia porque se haga; y procuraréys que el rey don Phelipe mi fijo pague lo que montan las joyas, y que Jas tome para si. Vaya persona fiel con el dinero que faga la paga en Londres , y cobre carta de pago del rey de Ingalaterra.

Item si huviére alli embaxador de Ingalaterra fabladle mostrando que entre mi y el rey de Ingalaterra ay mucho amor y hermandad , y deudo como sabeys;y si os apuntáre algo, en que no se ha emhiado el cumplimiento de paga déla dicha dote, daréis la razón que

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de ma fille ne souffre plus aucun retard ; autrement il serait à craindre que tout ne fût rompu , et l’honneur de la princesse se trouverait alors gravement compromis. Vous concevez donc facilement l’importance que je dois attacher à une affaire où la dignité de ma famille ainsi que la mienne propre se trouvent si essentiellement intéressées, et vous ne négligerez aucun moyen pour obtenir que mes intentions soient promptement et complètement exécutées. Don Philippe gardera pour lui les joyaux de la feue reine ; il en remettra le prix à une personne de confiance, qu’il chargera d’aller effectuer le payement à Londres, et qui n’oubliera pas de solliciter une quittance du roi d’Angleterre.

Dans le cas où il se trouverait à la cour de Castille un ambassadeur d’Angleterre , vous vous attacheriez à le convaincre qu’il existe entre son maître et moi toute l’amitié possible, ainsi que l’exigent les liens de parenté qui nous unissent. S’il venait à vous sonder sur les motifs du retard qu’a éprouvé le payement du reste de la dot de ma fille , vous lui expliqueriez la chose dans son vé-

ay delà dilación que en ella ha havido; la quai no lia sido á culpa mia; pero que ello se cumplirá enteramente; y dezir le eys como está deputado el dinero para ello y que vos teneys cargo de solicitarlo con el rey mi fijo y con los testamentarios.

Item con el embaxador de Portugal, fablaréis assi mismo, mostrando mucho amor al rey y á la reyna de Portugal mis fijos, ofreciéndoles de mi parte mi persona y estado, para lo que cumpliére á ellos y á su estado.

Item á los embaxadores del papa y de Venecia, mostraréis assi mismo mucho amistad, como de palabra vos hé dicho, y lo mismo á los embaxadores de Navarra.

Item si por aventura quando fuéredes llegado , no huviéren dexado sacar de Castilla al duque de Valentines, á Gil Nieto, y á Diego de Vera, que yo embié para que le traigan á essos mis reynos; en tal caso fablaréis sobre ello de mi parte al rey de Castilla mi fijo, diziéndole que al duque yo le mandé traer de mi reyno de Nápoles á Castilla, como á súbdito mio, que es, y como solía

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ritable sens , affirmant qúil n’y a point eu en cela de ma faute ; que , du reste , cette affaire sera bientôt terminée, puisque l’argent est prêt et que vous êtes chargé par moi d’en presser la remise auprès du roi mon fils et des exécuteurs testamentaires de la feue reine.

Vous parlerez delà même manière à l’ambassadeur de Portugal, l’assurant de mon attachement pour son maître 1 et l'épouse de ce dernier; mettant à leur disposition ma personne et ma fortune pour tout ce qui pourra intéresser eux-mêmes et leurs états.

Quant aux ambassadeurs du pape et de Venise , vous leur témoignerez toute l’affection possible, ainsi que je vous l’ai déjà recommandé; vous en agirez de même à l’égard des ambassadeurs de Navarre.

Dans le cas où , à l’époque de votre arrivée , on n’aurait pas encore laissé sortir

1 Emmanuel, surnommé le Grand et le filles de Ferdinand : Isabelle, morte en Fortuné, qui épousa successivement deux 1498, et Marie, décédée en 1517.

mandar traer á Castilla otros prisioneros de los mis reynos déla corona de Arragon, quando per algún caso me cumplia, y despues quando convenia, los mandaba bolver á los dichos mis reynos de la corona de Aragon. Y que agora quando yo dexé los reynos de Castilla al rey y á la reyna mi fijos, que yo mandé traer comigo los prisioneros de mis reynos que havia mandado llevar á Castilla, y entre ellos al dicho duque por si onradamente, por le tener cabe mi, y dar conclusion en su negocio; que es la causa, por que yo le mandé traer á Castilla para tenerle cerca de mi. Y que lo que entiendo de fazer en su negocio es lo mismo que á él cumple, y también me cumple á mi para mis cosas de Italia, y que ya sabe el rey mi fijo lo que sobre ello me escribió el dia que llegué á Aranda de Duero, y lo que le respondí; sabido lo qual tengo yo por cierto, que el rey mi fijo havrá mandado que no se ponga embarazo en la trayda del dicho duque, por que lo tal mas seria fuerça que razón,

TRADUCTION

de Castille le duc de Valentines que j’ai chargé Gil Nieto et Diego de Vera d’amener en Aragon , vous parlerez de cette affaire à mon fils , lui rappelant que j’ai donné ordre de conduire le duc de Naples en Castille , comme mon sujet , et de la même manière que j’ai fait transporter quelquefois dans ce dernier royaume certains de mes prisonniers de la couronne d’Aragon, lorsque la circonstance réclamait cette mesure , sauf à les renvoyer, s’il était nécessaire, dans leur pays. Mon fils doit se souvenir que lorsque je cédai à lui et à son épouse la couronne de Castille, je fis transporter à ma suite les prisonniers mes sujets, qui s’y trouvaient alors, et entre autres le duc de Valentines, que j’y avais fait amener avec tous les égards qui lui étaient dus , afin de l’avoir près de ma personne, et de statuer définitivement sur l’affaire qui le concerne. Or, je n’ai d’autre but, dans la décision qu’on attend de moi à ce sujet, que de déterminer ce qu’il y a de plus convenable pour lui et aussi pour moi relativement aux intérêts de mon royaume d’Italie. Mon fils n’aura pas oublié sans doute ce qu’il m’écrivit à propos de cette affaire le jour de mon arrivée à Aranda de Duero et la réponse que je lui fis. J’ai donc la conviction qu’il aura donné des ordres pour que l’on ne mette aucun obstacle à la translation de ce personnage. Toute autre manière d’agir, en

y seria fazerme mucha descortesia, y afrenta, y aun daño á mis negocios; y no creo yo que tenga él en mas ningún negocio de ningún hombre particular, que el negocio que toca á mi, y á mi honrra y estado, como es este; y dezidle, cerca dello, todo lo que de palabra os he dicho; y que espero dél que me ha de fazer siempre obras de verdadero fijo y amigo, y no de lo contrario, y procurad que mande al adelantado que luego lo entregue á los que yo hé embiado por él, para que me lo trayan, y no alcéis la mano de procurarlo, fasta que sepáis que se ha venido á Aragon, y luego , porque me importa mucho. Y en caso que todavía porliassen en tenelle , faréis secretamente al adelantado un requerimiento como lo llebais ordenado, para que lo entregue, y daréis orden que lo saquen y trayan.

Item diréis al rey mi fijo, que ya debe saver que al tiempo de la guerra que tubimos con el rey de Portugal, don Gaspar Fabra

effet, serait violente, abusive, injurieuse pour moi, et en outre préjudiciable à mes intérêts. Mais je ne puis croire que mon fils attache plus d’importance aux affaires de qui que ce soit qu’à celles qui concernent mon honneur et le bien de mes états : or celle-ci est du nombre. Vous lui répéterez, en conséquence, tout ce que je vous ai dit à cette occasion de vive voix, ajoutant que je m’attends à trouver toujours chez lui les procédés d’un fils et d’un ami et jamais d’autres. En attendant , veillez à ce qu’il donne à Yadelantade l’ordre de remettre le duc à ceux que j’ai envoyés pour le chercher, ne discontinuant pas vos démarches avant de savoir positivement que ce dernier a été transporté en Aragon , et cela le plus promptement possible ; car il m’importe beaucoup.

Dans le cas où l’on ferait encore quelques difficultés pour le laisser partir, vous adresseriez une requête secrète à Yadelantade, suivant les instructions que vous avez reçues de moi , et vous donneriez des ordres pour que le prisonnier fût remis entre les mains des personnes chargées de me l’amener.

Vous rappellerez à mon fils qu’à l'époque de la guerre que nous eûmes à soutenir contre le roi de Portugal, don Gaspard Fabra s’empara , en vertu des ordres qu’il tenait de moi ainsi que de la feue reine, et au nom de la couronne

tomó por mandado mio y de la reyna que gloria aya, para nuestra corona real de Castilla , á Villena y Almança que estavan contra nuestra corona, y para llevar gente para tomarlo, vendió un lugar suyo como muy buen servidor; y que entonces porque no huvó dispusicion para pagar al dicho don Gaspar Fabra loque havia gastado en aquello porque llevó la gente á su costa, la reyna, que gloria aya, le fizó y firmó cierta capitulación conque le dió aquellas tenencias en empeño á él y á sus herederos, para que pagándoles lo que alli dize por lo que él gastó en ello, las restituya; y que lo que yo mas querría, es que el rey mi fijo proveyesse en pagar luego á su muger y fijos del dicho don Gaspar lo que por la dicha capitulación debe hazer; y pagado aquello, proveyesse de las fortalezas á quien quisiesse. Procurad lo vos con diligencia, y que entanto que le pagan lo suso dicho se libre sus tenencias, como se suele fazer.

Item vos lleváis cartas mias para el arçobispo de Toledo y para

royale de Castille , des villes de Villena et Almanza qui s’étaient prononcées contre nous. Mais pour subvenir aux dépenses de cette expédition , ce fidèle serviteur vendit un village qui lui appartenait, et leva des troupes à ses frais. La couronne se trouvant pour lors dans l’impuissance de s’acquitter envers Fabra, la feue reine, en vertu d’un traité signé par elle, lui concéda l’usufruit des deux villes en question , tant pour lui que pour ses héritiers, jusqu’à entier remboursement de ses avances. Je désirerais bien que mon fils s’occupât de payer le plus tôt possible à la veuve et aux enfants de don Gaspard la somme qui leur est due, suivant les termes du traité, sauf à pourvoir après cela desdites places qui il jugerait à propos. Veillez vous-même à ce que mes intentions sur ce point soient exécutées, et les lenances restituées immédiatement après le payement, suivant l’usage.

Je vous charge de quelques lettres pour l’archevêque de Tolède, ainsi que pour les autres personnes de la cour de Castille. Vous parlerez de ma part à chacune d’elles suivant les instructions queje vous ai données de vive voix , n’oubliant rien pour les maintenir constamment attachées à mes intérêts

A l’époque de mon départ de Castille , on me pria , de la part du roi , d’écrire

todos los otros de aquella corte ; fablaréis de mi parte á cada uno dellos, segund de palabra os hé dicho, travajando de los fazer y

conservar por muy servidores mios

Item al tiempo de mi partida de allá, me fué pedido por parte jdel rey mi fijo que escriviesse de mi mano á la reyna mi fija, rogándola que tornasse mugeres para su servicio , porque le parecia muy mal asi sola : diréys al rey mi fijo, y al arçobispo de Toledo que me fabló en ello, que stando para escrivir esso ala reyna mi fija me escriviéron como havia ya tomado mugeres, y que viendo que avia fecho, dexé de escrivir, pues ya para aquello no era menester; y ver carta mia, le pudiera hacer alguna alteración. De Saragoça, á xxix dias de julio, año de mdvi.

YO EL REY

ALMAÇAN , secret.

TRADUCTION

de ma main à la reine son épouse , pour l’engager à prendre des femmes à son service , étant assez peu convenable quelle demeurât continuellement seule ; vous pourrez dire à don Philippe, ainsi qu’à l’archevêque de Tolède qui m’en avait parlé , qu’au moment où je me disposais à écrire à ma fille suivant leurs intentions, j’ai reçu l’avis quelle avait déjà fait ce qu’on désirait d’elle. Ce que voyant, je me suis abstenu de la démarche dont on m’avait prié, d’abord parce que cela était désormais inutile , et en second lieu parce que la vue d’une lettre de moi sur un pareil sujet aurait pu l’affecter péniblement. Saragosse, 29 juin i5o6.

MOI LE ROI

Et plus bas :

ALMAZAN, secrétaire.

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