‹ Papiers inédits du duc de Saint-Simon: lettres et dépêches sur l'ambassade d'Espagne. Tableau deChapitre 3 sur 77 · Voir le Journal officiel du 10 décembre · texte numérisé non relu

Voir le Journal officiel du 10 décembre

3/i PAPIERS INÉDITS DU DUC DE SAINT-SIMON.

Les propriétaires et les éditeurs du manuscrit des Mémoires n'ont épargné aucune démarche pour parvenir jusqu'à ces précieux papiers : la seule communication qu'ils aient obtenue est celle de la Table analytique des Mémoires préparée par Saint-Simon lui-même, et qui, en bonne justice, n'eût pas dû être séparée du reste du manuscrit. Et pourtant cet appendice où Saint-Simon, de peur d'encombrer son récit, rejetait ses pièces justificatives, n'était-ce pas aussi une dépendance, une annexe des Mémoires? Si le général de Saint-Simon avait connu son existence, n'en eûtii point, de droit strict, obtenu la restitution? De même, n'est-il pas certain que le commentateur des Mémoires trouverait des ressources inépuisables dans les autres séries de documents qui font partie de la masse séquestrée, c'est-à-dire dans la correspondance de Saint-Simon, dans ses papiers de famille ou dans les dossiers d'études, de notes, d'extraits, réunis par lui sur toutes sortes de sujets de politique, d'histoire ou d'érudition? Nous croyons superflu d'insister sur ce point. Si quelques-uns peuvent croire, comme le prétendait Villemain en 1855, que les Mémoires aient gagné à un séquesre prolongé et à une tardive apparition, il nous paraît bien certain que, sans exception, tous les amis de Saint-Simon et de l'histoire se joindront à nous po:ir regretter que l'édition actuelle ait été commencée sans le secours des papiers de l'auteur et pour souhaiter que le bon droit, mis en évidence par lapr^ente requête, justifié, s'il en est besoin, par le caractère de notre travail, ne tarde pas à triompher d'une prétendue raison d'État dont on excipe depuis plus d'un siècle.

Chacun connaît cette admirable collection des Grands écrivains de la France^ couronnée par l'Académie, dirigée par un membre de l'Institut, objet d'un travail inouï au point de vue du coUationncment des textes, de l'exactitude des moindres variantes, de la

précision des notes les plus insignifiantes. M. de Boislisle, qui s'occupe depuis trois ou quatre ans déjà de ce Saint-Simon, et qui consacrera encore peut-être dix ans de sa vie à mener à bien cette entreprise si nécessaire d'une histoire de Louis XIV faite en quelque sorte en marge des Mémoires^ est un de nos jeunes savants les plus estimés pour ses travaux et les plus aimés pour l'aimable façon dont il met son érudition au service de tous.

Cette fois la coupe déborda. Une huée nouvelle s'éleva, mais énorme, pleine de railleries et de colères, de risées et d'indignations. M. de Freycinet, qui prenait possession des Affaires étrangères à ce moment, mit le nez à la fenêtre, demanda ce qu'il y avait et, quand on l'eut renseigné, fut fort surpris des abus de pouvoir qu'on se permettait au quai d*Orsay. M. Faugère prit sa retraite. La République de Platon chassait les poètes en les couronnant de roses ; la République de M. Grévy imita cet ostracisme, mais avec infmiment plus de justice, et reconduisit jusqu'à la porte cet archiviste peu serviable en le couronnant des fleurs desséchées de rhonorariat.

Le 18 février 1880, Saint-Simon séquestré depuis le 21 décembre 1760 fut donc définitivement délivré en principe.

Il aurait fallu ne pas connaître notre chère France, si singulière sur certains points, pour ne pas s'attendre à ce qu'un retour à demi offensif vînt essayer d'affaiblir la portée d'une mesure raisonnable et juste. Ce qui était à prévoir est arrivé; mais les manèges intérieurs dont nous toucherons quelques mots à la fin

de cette introduction n'enipècheront rien. Le livre de M. Armand Baschet a appris ce qui devait se trouver aux Archives; le présent volume apprend sommairement ce qui s'y trouve encore. Quelqu'un de mieux en cour que moi se rencontrera pour s'intéresser à la question, et dans six mois chacun sera libre de publier les papiers inédits de Saint-Simon, sans privilège et sans monopole pour personne.

Si les directeurs des Archives eussent été organisés pour admirer les œuvres du génie humain, ils auraient constitué un Fonds de Saint-Simon avec la totalité des papiers qui leur avaient été confiés et, l'inventaire de M'Delaleuàlamain, chacun, une foisl'interdit levé, i^'aarait eu qu'à demander ce qui le touchait spécialement. On n'eutpaslapensée d'adopter ce parti etle premier soin des chercheurs sera de reconstituer, en admettant que rien n'ait été égaré, ce qu'il aurait été si facile de ne pas disperser.

Nous n'avons pas la prétention d'avoir, en cinq semaines, accompli ce labeur qui demandera de très longues et très patientes investigations; nous avons voulu simplement indiquer en quelques lignes hâtives ce que nous avons aperçu dans une première reconnaissance.

Si l'ensemble des papiers de Saint-Simon ne subsiste pas à Tétat complet, il se trouve cependant une série

qu'on pourrait appeler le Petit fonds de Saint-Simon. Cette série commence avec le volume 44 et finit avec le volume 71. Remplie de papiers généalogiques, elle contient, à côté de copies de mémoires divers, de documents imprimés et d'un inutile fatras de factums nobiliaires, des matériaux intéressants dont quelques-uns ont servi aux Mémoires.

Nous allons essayer d'abord de donner une idée de chacun de ces volumes.

Volume 44. — Titre moderne : Maison royale de France.

Ce volume, qui contient près de 400 pages de la main de Saint-Simon et d'une écriture incroyablement serrée, est presque entièrement rempli par un résumé de l'histoire de France en forme de tableau synoptique sur quatre colonnes et par des généalogies de familles nobles.

En tête de la première page on lit :

a Sommaire très court de l'histoire de France et de l'estrangère en tant qu'elle y a rapport avec les dattes et à commencer à Hugues Gapet ^ . »

Volume 45. — Titre : Maisons princières ^ noblesse y officiers de la couronne. Ici encore des mémoires relatifs à des questions de titre et de rang :

« JDécembre 1711. ReQections sur le bruit répandu avec beaucoup d'apparence du mariage du fils de M. le prince de Rohan avec une fille de madame la duchesse. »

1. Nous mettons entre guillemets tout ce qui est de la main de Saint-Simon.

(( Projet pour amener l'abaissement de la maison de Bouillon. »

« Projet de déclaration du roy pour faire effacer la qualité de prince et d'abondant l'éteindre partout où il a été pris (mots raturés : la Maison de Bouillon Va). »

« Projet de déclaration du roi pour réduire à son vray et unique nom la Tour la maison depuis quelque temps ditte de la Tour d'Auvergne ou de Bouillon. »

« Matériaux pour servir jusqu'en 1753 aux Mémoires, »

Sous ce titre, nous trouvons toujours des mémoires sur la noblesse, Matériaux pour servir à un mémoire sur Voccurence présente août 1753, mémoire sur les honneurs^ au-dessus duquel Saint-Simon a dessiné une petite fleur de lis et qui se termine par un tableau des honneurs conquis^ des honneurs manques^ des honneurs refusésy des honneurs accordés^ dissertation sur la noblesse française servant de préface à la généalogie de la maison de... (en copie).

A la page 197 commence pour fînir à la page 329 la partie la plus intéressante de ces manuscrits inédits que nous ayons rencontrée jusqu'ici. Ce sont les notes qui ont servi aux Mémoires^ les renseignements matériels et les observations morales que Saint-Simon a rassemblés et fondus plus tard pour ses portraits; en un mot les croquis à la plume et les ébauches, avec quelques couleurs indiquées, du grand peintre. Saint- Simon a établi les dossiers de ses personnages par ordre d'emploi : maréchaux de France, chanceliers, grands maîtres de la maison du roi, confesseurs du roi, gouverneurs des enfants de France, capitaines de gardes, etc.

Volume 46. — Titre : Règlements des conseils du Roi.

Copies d'ordonnances ou règlements des conseils du roi.

Volume 47. — Titre : Règlements des conseils du Roi.

Reproduction exacte du précédent volume.

Volume 48. — Titre : Parlements et chambres des Comptes.

Pièces relatives au Parlement de Paris, à la cour des Aydes, au Châtelet, à différents magistrats et officiers.

Volume 49. — Titre : Parlements et Ducs et Pairs.

Saint-Simon a groupé là tous les documents qu'il a pu réunir sur les Parlements. En tête du volume on lit : «Arrêts donnés au Parlement de Paris transféré à Tours concernant les affaires publiques 1589, 1590, 1591, 1592, 1593. »

« Mémoire d'un homme de condition au corps de la noblesse sur ses véritables intérêts dans l'affaire des Paris contre le Parlement de Paris. »

« Liste de messieurs les exilés » (exil du Parlement en 1732), avec indication du lieu d'exil de chaque magistrat.

Volume 50. — Titre : Parlements et Ducs et Pairs.

« Projet de protestation. »

« Autre projet de protestation. »

« Extraits des légitimations et grandeurs des bâtards. » Véritable essai sur le rôle des bâtards dans l'histoire de France.

ÛO PAPfERS INÉDITS DU DUC DE SAINT-SIMOnJ

(( RéfntatioD de l'idée du Parlemenl d'être le t mier corps de l'État nouvellement prise et hasarde*

a Explication du plan de la grand chambre du ^<j lement de Paris. »

II Mémoires abrégés de quelques usurpatiooa î Parlement sur les Pairs de France. » ^ ■

n Brouillons de projets sur lesquels il faudrait tlwV ^ vailler petit à petit sans relâche et sans jamais tomott dans le piège de se laisser rebuter par lieii , »

Ce travail, qui n'a d'amusant que le titre, est illustré de petits dessins daus lesquels Saint-Siaioii avoolu \ figurer les bâtons que chacun porterait selon son rang. ^

« Mémoire sur l'interest des princes du sang à em^ pescber tout aggrandissement des enfar ts légitimés do roi ou â les contenir du moins dans les seuls avantages et dans l'unique rang de leurs dignités ou de leurs charges, u Août 1720.

Volume 61. — Titre : Ducs et Pairs de France.

(c Esiat par roy de touttes les ereciions qu'ils ont faittes depuis l'an 1500 jusqu'à l'an 17S7 de duchés ad de comtés pairies et de duchés vérifiés ou non vérifiés, n

Il Mémoire sur les ducs et pairs, sut- la questira de préséance avec le duc de Larochefoucaud etc.

Volume 52. — Titre : Diics el Pairs de France. Copies de lettres d'érection depuis 1297 jusqu'ttj^.^j 1566. ^'

Volume 53. — Titre : Ducs el Pair» de France,

INTRODUCTION GÉNÉRALE. ûl

Copies de lettres d'érection depuis 1566 jusqu'en

Volume 54. — Titre : Ducs et Pairs de France. Copies d'autres lettres d'ereciion.

Volume 53. — Titre : J}uts et Pairs de France. I Copies de lettres d'érection depuis 1647 jusqu'en

Volume 56. — Titre : Ducs et Pairs de Frature. Copies de lettres d'érection depuis 1663 jusqu'en

Volume 57. — Titre : Ducs et Pairs de France.

Copies de lettres d'érection depuis 1689 jusqu'en

Volume 53. — Titre : Ducs et Pairs de France.

Il Nottes sur tous les duchés pairries existants depuis Tan 1 500 en rang d'ancienneté de pairrie en la m^Die Tornie et marques pour abréger dont on s'est servi en celles des duchés paiiTies et vérifiés esteints.»

Gros volume d'une écriture étonnamment menue et serrée qui contient beaucoup d'éléments utilisés pour les Mânioircs et les variantes de certains passages des Mémoires. Histoire presque complète des familles ducales.

Volume 59. — Titre ; Pairies de France et d'Angleterre.

Histoire de la Pairie de France, des pairies d'Angleterre, des pairies femelles en Angleterre. — Origine des snnds d'Espagne.

. ^ Ba tète on lit : « Ce livre a esté fait par M. le La-

!i2 PAPIERS INÉDITS DU DUC DE SAINT-SIMON.

boureur et a esté donné à H. le duc de Smon en 16 w

Volume 60. — Titre : Ducs et Pairs de France.

Discours, mémoires sur les Pairs en général, formules d'hommages et de serments.

Volume 61. — Titre : Ducs et Pairs de France. Réceptions et séances des Princes du sang et des Ducs et Pairs au Parlement.

Volume 62. — Titre : Ducs et Pairs de France.

Débats de préséance. — Traduction du mémoire du duc d*Arcos ou des grands d'Espagne contre les ducs sur l'égalité des uns et des autres dans les deux monarchies. — Plan de la séance tenue à St-Germain, en présence du roy le vendredi quatre février 1639 sur la condamnation du duc de Lavalette.

Volume 63. — Titre : Princes du sang et princes légitimés.

Mémoires manuscrits et imprimés sur la question des princes légitimés.

Copie d'un mémoire en forme de i*equëte présentée au roi le 24 avril 1723 par le comte de Toulouse.

Volume 6i. — Titre : Durs et Pairs de France.

Nottes sur tous les duchés pairies, comtés pairies et duchés vérifiés depuis 1500 jusqu'au 1730 abrégés autant que l'ont pu permettre l'historique qui y est meslé pour un plus curieux éclaircissement et les anecdotes qui ont paru mériter ne pas périr par le temps. Le tout à l'égard des origines des maisons exactement

INTRODUCTIOxN GÉNÉRALE. W

tiré du grand ouvrage si connu du feu sieur de Fourny et de ses continuateurs ; sans y comprendre les duchés ou*comtés pairies réunies à la couronne ny celles qui ont été érigées en faveur de Princes du sang. Ces nottes séparées en duchés et en comtés pairies et en comtés vérifies; les unes et les autres divisées en esteintes ou subsistantes avec des tables un peu étendues.

Énorme compilation de Al 3 pages d'une écriture de copiste très soignée.

Volume 65. — Titre : Préséance entre Ducs et Pairs.

Mémoire sur les discussions de préséance entre les ducs de Larochefoucaud et de St-Simon.

Volume 66. — Titre : Préséance entre Ducs et Pairs.

Même sujet.

Volume 67. — Titre : Préséance entre Ducs et Pairs.

Différends de préséance entre les Ducs et Pairs. — Duchés d'Aiguillon et d'Estouteville. — Factums de M"* de Rouillac touchant le duché d'Epernon. — Affaires relatives au duc de Luxembourg.

Volume 68. — Titre : Ducs et Pairs et grandes charges de la couronne.

Toujours des copies de mémoires sur les Ducs et Pairs.

Récit fait par le marquis de Dangeau de ce qui s'est

4/i PAPIERS INÉDITS DO DUC DE SAINT-SIMON.

passé dans la chambre du Roi pendant les derniers jours de sa vie *.

1° Pairs ecclésiastiques nommés par Louis XIV.

2" Ducs et Pairs vérifiés et non vérifiés de Louis XIV.

3» Officiers de la couronne de Louis XIV.

A*" Rangs étrangers à TEstat et Chapelle de Louis XIt«

5° Grandes charges données par Louis XIV.

Ces 5 numéros représentent encore des matériaux qui sont entrés dans la confection des Mémoires ou qui plutôt leur ont servi de premier thème. C'est la mise au net avec de nombreuses additions des notes biographiques établies par ordre de charges ou de fonctions que nous signalions dans le volume portant le n"" &5 et intitulé : Maisons princières^ noblesse^ officiers de la couronne. L'écriture du copiste ressemble un peu à celle de Saint-Simon, mais elle est autrement nette et lisible.

i. Le mémoire spécial que Dangeau avait rédigé en dehors de son Journal sur les derniers jours de Louis XFV n'aura probablement été communiqué à Saint-Simon qu'après son travail fait sur la copie du journal de Dangeau. Il écrit effectivement dans ses additUmt au dit journal : « Les mémoires de Dangeau particularisent si bien les derniers jours du roi qu*il serait inutile d'y rien ajouter en ce genre que des omissions de courtisan ; on t&chera aussi de suppléer aux lacunes des trois derniers jours du roi, qui méritent infiniment d*ètre regrettés, que le même esprit de politique a sans doute fait laisser, dont on ne se propose que d'eipliquer les choses principales. »

Ces lacunes n^existaient pas, puisque Dangeau, frappé de la solennité du spectacle, qui devait impressiooner vivement un homme qui aimait réellement Louis XIV, avait renoncé cette fois à la forme du journal pour écrire un mémoire à part à dater du 25 août sur la maladie et la mort du roi. C'est ce mémoire qui figure dans les papiers de Saint- Simon, quoique celui-ci ait l'air de ne l'avoir pas connu, soit qu'il lui ait été confié tardivement, ce qui nous semble probabley soit qu'il s'en soit sen'i sans vouloir l'avouer, ce qui est encore très possible. Voir la Mort de Louis XIV (librairie Quantin).

Volume 69. — Titre : Finances et Monnaies, Mémoire sur le bruit qu'on répand à Paris qu'en Hollande on donne cours pour A' à nostre ecu qui n'a cours en France que pour 3 1. 12 s. 6 d.

Mémoires sur la circulation des espèces. — Mémoires et projets présentés à Desmarels en 1712 sur des opérations de finance. — Document assez instructif sur : la différence qui se trouve du prix des marchandises qui s'achetaient en l'année 1696 à celles d'aujourdui dnsi que de la paye des ouvriers journaliers et chevaux nécessaires aux travaux de la Monnoye de Paris.

Volume 70. — Titre : Finances et Monnaies.

Mémoires sur les mêmes questions. — Comparaison de la valeur de l'or et de l'argent dans les diverses provinces de France. — Reflexions sur les billets de l'État. — Proposition d'établissement de banque.

Volume 71. — Titre : Finances et Monnaies, Règlements sur les cours de monnaies.

Tous ces documents auront été vraisemblablement réunis par Saint-Simon au moment où dans la détresse générale tout le monde cherchait un moyen pour améliorer l'état des finances, peut-être à l'époque où l'on commençait à parler au Palais-Royal du système de Law.

Nous allons maintenant indiquer ce que nous avons rencontré de papiers provenant de Saint-Simon dans des fonds divers, dont trois portent à la fois le titre de France avec une numérotation de volumes différente.

Volume 1. — Titre : France 780-1458.

12 lettres, motifs et desseins de l'ouvrage. Consi-

dératioQ sur les difficultés d'écrire une histoire de France exacte. Réflexions sur celles de Mezeray et du père Daniel.

Volumes 2, 3, A, 5. — France. Commerce.

Procès-verbaux des conseils de commerce dont les originaux sont à la Bibliothèque nationale.

Volume 18. — France 1585 à ilU K

Pai-allèle des trois premiers rois Bourbons. — May

Ce volume de hhV pages est certainement la pièce capitale des papiers inédits de Saint-Simon. Il ne s'agit plus ici d'ébauches préparatoires des Mémoires ou d'écrits rédigés sur des questions nobiliaires, il s'agit d'un livre tout entier conçu sur un plan parfaitement arrêté et amené à son point de perfection. Le Parralèle est, dans un certain sens, le seul ouvrage d'histoire proprement dit qui soit sorti de la plume de Saint- Simon. L'auteur, chaque ligne le démontre, a fait effort pour dompter un peu son tempérament, afln d'arriver à cette impartialité sereine qui est la qualité maîtresse de l'historien. A-t-il toujours réussi? Évidemment non. Sans doute, pour Louis XIV particulièrement, il s'est bien promis d'être juste, de considérer l'ensemble du

1. L'inventaire de 31' Delaleu indique deux manuscrits portant le titre de : Parralèles.

• N* liO. Un portefeuille de treize cayers intitule : Parralèle, paraphé <ur la première page du premier cayer et sur la dernière page du dernier cayer par les notaires soussignés. »

« N^ 147. Un portefeuille de quatorze cayers intitulé : Parralèle. •

Cest len^ 147 qui est évidemment, si Ton en juge d'après Tabsence absolae de toute rature, la copie définitive que noas avons eae entre les mains.

règne et non un détail isolé ; il a traduit même d'une manière émouvante l'impression qu'il éprouvait en abordant le portrait de ce prince.

« Ce n'est pas sans effroy, écrit-il, que j'entre en celte carrière. Il s'agit d'un monarque dans la cour duquel j'ai passé mes plus belles et plus nombreuses années dans rhabitude du plus religieux respect, qui souvent a fait naistre et nourri en moy l'admiration la plus fondée, d'un prince qui a été plus maisire qu'aucun roy dont on puisse se souvenir même par la lecture, qui Ta esté longtemps au dehors presque autant qu'au dedans, et dont la terreur dure encore par la longue impression qu'elle a faiste. Il est vray que plus il a esté puissant, grand, absolu, arbitre longtemps de l'Europe, plus aussy il a été homme et payé plus chèrement tribu à Thumanité. »

N'importe, ces dispositions ne se maintiennent pas longtemps. Dès qu'il s'agit des bâtards, et de M'"^ de Maintenon surtout, le pamphlétaire reprend le dessus sur l'historien et, à côté de traits que Ton retrouve dans les Mémoires^ accumule encore d'autres invectives.

La pensée qui a décidé Saint-Simon à composer ce Parralèle est une pensée de reconnaissance envers Louis XIII, qui avait comblé son père de bienfaits et dont l'auteur des Mémoires parle toujours avec une sorte de vénération. Les premières lignes qui ont pour titre tt Dessein » (les titres de chapitres sont, comme dans les Mémoires^ écrits en marge de l'ouvrage) ne nous laissent aucun doute sur cette intention pieuse de rendre une tardive justice à un prince que Saint-Simon estime avoir été méconnu.

Dessein. — Un parallelle parfaitement exact et historique d'Henri IV, de Louis XIII et de Louis XIV demanderoit des volumes à qui entreprendrait de comparer tout entr'eux par le nombre d'événements arrivés sous leurs règnes et pendant que Henr) IV n'a esté que Roy de Navarre et chef de parti. Un ouvrage si vaste serait peu curieux parce qu'il serait surchargé d'une répétition historique dont la suitte est si publiée par le grand nombre d'histoires et de mémoires particuliers qui sont entre les mains de tout le monde. On se contentera donc de les supposer connus et de ne s'esiendre que sur ce qui l'est peut estre le moins, qui est le caractère particulier de chacun de ces trois monarques noyé dans le nombre des événements de leur règne, presque toujours défiguré par l'ignorance, la flatterie, la haine, l'intérêt particulier et de les comparer tous trois ensemble par ce qu'ils peuvent avoir de commun ou de distinctif. J'ai longtemps souhaité que quelquun bien instruit s'avisât de faire ce parallelle. Je ne dissimuleray pas que l'impatience de l'injustice si communément faiste à Louis XIII entre son père et son fils ne m'ait mis de tout temps le désir de le revendiqueri dans l'esprit et encore plus dans le cœur. Je Tay reconnaissant, mon père a deu à ce prince touste sa fortune, moy par conséquent tout ce que je suis, tout ce que j'ay me retrace ses bienfaits. J'attends en vain que quelqu'un autre de ceux qu'il a comblés et plus capable que moy s'en souvienne assés pour tirer son bienfaiteur d'une oppression si peu supportable, personne ne s'y présente depuis tant d'années : à la fin, rindignation de l'ingratitude et de l'ignorance me metieut la plume à la main mais sous la plus scrupuleuse direction de la vérité la plus exacte qui seule donne le prix à tout avec la confiance.

Malgré quelques défauts le ParralèlCy dont le vrai

1 . Saint-Simon a très probablement voulu dire de « le réhabiUter. »

titre serait : Essai sur les règnes d^ Henri IV ^ de Louis XIII et de Louis XIV ^ est une œuvre magistrale, une des plus belles pages d'histoire que nous ayons lues. A côté du penseur qui embrasse du regard et qui juge de haut le mouvement accompli dans un siècle tout entier, on retrouve l'artiste, l'être épris de la vérité, qui excelle à peindre la vie, à donner aux figures l'animation, la ressemblance et l'accent. Les amours d'Henri IV, si souvent racontées prennent, avec Saint-Simon une physionomie nouvelle. Les formes diverses de courage chez les trois souverains, les passions si dissemblables, les morts si différentes fournissent à Saint-Simon l'occasion de rapprochements saisissants. Peut-être l'auteur, entraîné par ce qu'il appelle lui-même a les préférences de son cœur », met-il un peu trop en relief la personnalité d'effacement et de demi- teinte de Louis XIII; mais l'équité, on peut le dire, domine dans ce magnifique tableau historique peint d'un pinceau tantôt large et vigoureux, tantôt délicat et fin. Le lecteur, lorsqu'il connaîtra enfin ces pages écrites il y a près de cent quarante ans, rendra à Saint-Simon le témoignage qu'il se rend à hii-même dans les lignes qui terminent l'ouvrage.

(( Enfin, c'est maintenant au lecteur à porter un jugement éclairé et équitable entre Henry le Grand, Louis le Juste et Louis XIV qui, au moins dans les derniers temps de sa vie, a bien mérité le nom de Grand, par la magoanimité incomparable dont il a porté les plus cuisants malheurs d'estat et de famille; au lecteur, dis-je, à estre persuadé que la vérité la plus exacte a conduit icy tous les traits de ma plume et a sans cesse dominé ma juste recon-

naissance plus encore s'il se peut que tous mes autres sentiments. »

Volume 32. — France i7i2. Renonciations.

Aoûst 1712. Mémoire succinct sur les formalités desquelles nécessairement la renonciation du roy d'Espagne tant pour lui que pour sa postérité doit estre revêtue en France pour y estre justement et stablement validée.

Volume 40. — France 1680. Traité historique de la noblesse.

1680. Traitté de la noblesse tant ancienne que moderne, fiefs, caractères et tournois.

Volumes 77, 78 et 79. — France 1620-1652. Mémoires de Lamothe-Goulas ' .

Outre les renseignements qu'ils lui ont fournis sur le règne de Louis XIll, les Mémoires de Goulas, d'un accent très franc et très rude à l'occasion, ont dû certainement intéresser vivement Saint-Simon. Il y a du Saint-Simon, plus vert peut-être et moins bilieux, dans ce Lamothe-Goulas, qui personnifie admirablement cette noblesse de robe qui a ses huit quartiers et qui n*en tire pas vanité. Plus disposé à se rattacher à la bourgeoisie, austère et laborieuse dans ce temps-là, qu'à la noblesse de cour à laquelle il n'épargne ni les railleries

1. Paul Goulas, secrétaire des commandements de Gaston duc d*Orléans, conseiller du roi en ses conseils et seigneur de Ferrières, était nô le 2 octobre 1594 à Paris, où il mourut le 19 juillet 1661 ; il fut enterré à Ferrières.

Ces mémoires sont désignés aussi dans l'inventaire de M* Delaleo : N* 5. Deux volumes in-folio : « Mémoires de Goulas » paraphés sur le premier et le dernier feuillet de chaque volume par les notaires soussignés.

narquoises, ni les compliments en style gaulois sur les fortunes faites par les intrigues et par les femmes, Goulas, en rappelant certaines aventures de grand seigneur, dit, non sans une sorte de fierté indépendante, qui sent sa Ligue et sa Fronde, au neveu, pour lequel il écrit ces Mémoires : « Vos mères ont été chastes, vos pères ont vécu dans une grande intégrité et n'ont pas sali leur réputation. »

La publication de ces Mémoires vient d'être entreprise par M. Constant, sous les auspices de la Société de l'Histoire de France; mais l'éditeur n'est pas un artiste : il a précisément négligé les premiers chapitres qui ont un côté si vivant, qui nous aident à connaître l'état d'esprit d'un bourgeois du xvii» siècle, qui représentent ce que l'école moderne appelle si heureusement le document humain.

Volumes 72 à 78. — France.

Mémoires de Mademoiselle de Montpensier.

Volume 147. — France id80'i485.

Reflections sur l'Histoire de France par M. le comte de Boulainvilliers avec une lettre préliminaire à Mademoiselle • . . MDCLXXII.

En tête de la première lettre on lit : A Mademoiselle Cousinot le 22 mai 1707.

Volume 448. — France i7i2.

« 6 Janvier 1712.

« Projest du restablissement des trois estats du royaume de France en particulier, de la monarchie en général et d'une meilleure forme du gouvernement en toutes ses parties. »

20 pages excessivement intéressantes écrites probablement pour le duc de Bourgogne.

(( Janvier 1712.

c( Projet du restablissementdu royaume de France. »

Mémoire sur la régence.

En marge on lit : u Remb le l*' février 1713 », puis de la main de Saint-Simon : « Ce mémoire du Président Haiiay trouvé dans les papiers m' de son fils qu'il a légués à M. Chauvelin m'a esté communiqué en avril 17A9 par le mesme M. Chauvelin cy dev. ministre et secrétaire d'estat garde des sceaux. »

« Collection sur feu monseigneur le Dauphin mort le 18 février 1712. »

Ces sept pages sont la première esquisse du portrait du duc de Bourgogne qui figure dans les Mémoires.

« Lettre adressée au Roi sur la situation de la France » aoust 1712. 22 pages.

Cette lettre a été envoyée sans signature; elle débute ainsi : « Quelque doive estre d'ordinaire le sort d'une lettre anonyme, je scais que votre majesté à qui rien n'échappe et qui en a reçu assez souvent en sa vie n'a pas laissé souvent de les lire et de donner ainsi accès jusqu'à elle à des vérités qu'aucun autre canal n'eut esté en état d'y porter. »

(( Texte latin et traduction en français du discours fait par N. S. P. le Pape Clément XII aux Em. Cardinaux sur la mort de monseigneur le Dauphin et de M*"' la Dauphine le 16 mars 1712 en plein consistoire. »

Volume 480. — France.

« Mémoire adressé par Saint-Simon au Régent sur la convocation des États généraux. »

Volume 493. — France iliS.

« Lict de justice du 27 aoûst pour notte » 70 pages. C'est le récit des Mémoires^ sauf de très légères variantes.

Vol urnes 24 à 31 . — France et divers états de T Europe.

Projet d'une histoire des traités faits entre les états de l'Europe depuis la paix de Vervins 1598 jusqu'à celle de Nimègue 1679.

Volume 51 . — France et divers états 1609-1624.

Mémoires historiques de 1609 à 1624. Sur la garde du volume, nous trouvons cette note de M. Faugère : « Ce manuscrit est une copie des mémoires de Du Val, marquis de Fontenay-Mareuil, dont l'original se trouve à la bibliothèque de la rue de Richelieu, et qui ont été impnmés en 1826 dans la collection Petitot, tome 50, 24 juin 1874. P. F. »

Volume 59. — France et divers états 1643-1690. Mémoires historiques.

Éclaircissements ou mémoires sur les principaux points de l'histoire de ce siècle, contenant ce qui est arrivé de plus remarquable dans toute l'Europe.

Ce sont les mémoires de Frémont d'Ablancourt.

Volume 67. — France et divers états de VEurope i667 à 1743. Mémoires et documents,

(c Conseil d'état tenu au Louvre le 25 octobre 1716 au matin. » 16 pages.

C'est à ce Conseil que furent soumis les préliminaires du traité de la triple alliance.

« Mémoire sur les affaires étrangères de la France 15 juillet 1733. »

Le titre à l'encre rouge n'est pas de la main de Saint- Simon, mais le mémoire est tout entier de son écriture. 6 pages.

Volume 79. — France et divers états de V Europe i698 à m3. Mémoires de Torcy.

« Relation des causes de la guerre commencée en Tannée 1711 et de la paix signée àUtrecht en Tannée 1713 par le marquis de Torcy alors ministre et secrétaire d' estât, ayant le département des affaires étrangères . »

A la fin se trouve un court récit d'une conversation de Saint-Simon avec Torcy sur les conférences de Gertruydenberg.

Cette copie, qui n'a pas moins de 63 pages, et qui est entièrement de la main de Saint-Simon, témoigne une fois de plus du soin qu'il mettait à recueillir de première main les documents susceptibles de le renseigner sur les événements auxquels il n'avait pas été mêlé.

Volumes 111, 112, 114, 115. — Bretagne.

Papiers sans importance. — Inventaire de titres, copies de chartes.

Volume 117. — Champagne.

États de Champagne.

Volume 24. — Allemagne d648. Négociations de Munster.

Copies d'actes relatifs à cette négociation .

Volume YZ.— Allemagne 1638 à i648.

Préliminaires de préparatifs à la paix dont les traités furent signés à Munster et à Osnabruck en 16A8.

Volume 1 — Négociation en Danemarck i690 à i697. M. de Bonrepeaux.

Tableau géographique et historique du royaume de Danemarck, suivi des négociations de 1693 à 1697 par M. de Bonrepaus.

Volume 70. — Espagne 1659. — Négociations des Pyrénées.

Lettres et Hémoires de M. le ciardinal Mazarin à mes sieurs Le Tel lier et de Lionne contenant le secret de la négociation de la paix des Pyrénées dans les conférences tenues à,Sainct-Jean-de-Luz entre ledit seigneur cardinal et dom Louis Daro en 1659.

Il y a au commencement plusieurs lettres du mesme très particulières et curieuses escriptes au roy et à la Reyne pendant son voyage.

Volume 51. — Hollande 1699.

Mémoire concernant le commerce des Hollandais depuis leur établissement jusqu'à la présente année 1699

Par M. de Bonrepos ambassadeur du roi en Hollande.

Volume 94. — Borne.

Mémoires sur l'institution canonique des évoques. 25 pièces.

Saint-Simon, on le sait, faisait partie du bureau des

bulles avec le maréchal de Villeroy, le duc d'Antin, le maréchal d'Uxelles et le marquis de Torcy.

En tête de ces volumineux Mémoires sur des questions canoniques se trouve une lettre de Noailles, ainsi conçue : « Paris, le 2 mai 1718. J'ai l'honneur de vous envoyer, Monsieur, par l'ordre de S. A. R., un mémoire des questions sur lesquelles elle désire savoir votre avis et je vous supplie de croire que je profite avec beaucoup de plaisir de cette occasion pour vous informer que je suis parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur : Noailles. »

Volume 8. — Russie iT3i. — Relation de la

Moscovie.

Relation de la Moscovie en l'année 1731 par M. le duc de Liria ambassadeur de S. M. C. à S*-Péterbourg durant trois années.

L'ouvrage contient douze aquarelles fort joliment exécutées et représentant des paysans, des popes, des archimandrites et quelques-uns des supplices en usage en Russie.

Pendant son ambassade en Espagne, Saint-Simon avait eu tout particulièrement à se louer du duc de Liria, fils unique du premier lit du duc de Berwick, qui fut le parrain du vidame de Chartres lors de sa réception dans la Toison d'Or. Cette amitié se renoua lorsque le duc traversa Paris en revenant de Russie. « Quelques temps après mon départ, écrit Saint-Simon, il obtint l'ambassade de Russie avec une commission à exécuter à Vienne. Il réussit en l'une et en l'autre, tellement que la czarine sans l'en avertir, lui jetta un jour le collier de

son ordre au col. II repassa à Paris ou il se dédommagea tant qu'il put de l'ennui de l'Espagne et où nous nous revîmes avec grand plaisir. Il me voulut même bien donner quelques morceaux fort curieux qu'il avait faits sur l'état de la cour et du gouvernement de Russie. »

Nous trouvons encore, portant les n»' 226 et 228, deux volumes manuscrits ayant appartenu à Saint- Simon et paraphés par les notaires i.

Le premier volume est intitulé : Instructions du S^ abbé de la Trappe. Il contient 289 pages, et porte en tête un portrait du père dom Armand le Bouthilier de Rancé gravé, avec quelques modifications, d'après la toile célèbre deRigault; les titres de chapitre et les premières lettres de chaque paragraphe sont à l'encre rouge. Sur la première page on lit : Recueil en général des saintes instructions que fai reçues du S^ abbé de la Trappe sur la pure vérité de la religion^ comme on le verra par les réflexions contenues dans ce manuscrit.

Dn certain nombre de chapitres du premier volume sont marqués d'une étoile, entre autres celui-ci où il est question de Saint-Simon : Réponse de monsieur Van-cien abbé de la Trappe sur ce qu'il a pensé des prières et re flexions dans V ordre ou elles sont maintenant :

« Il m'avait demandé plusieurs fois quand je lui ferais voir la fin de ce petit ouvrage. Je la lui portais le jour que je l'entretenais de Tétat de ma conscience. 11 la reçut avec beaucoup de marques de joie, et après, lui ayant donné tout le temps nécessaire pour bien examiner ce que Dieu

1. Dans l'inventaire de M* Delaleu il est question de cinq volumes au lieu de deux. « N" il9. Cinq volumes in-octavo : Réflexions pieuses et Instructions de Vabbé de la Trappe, »

m'avait inspiré, je retournai le voir pour savoir ce qu'il en pensait. Il me répondit : Vous devez bien remercier Dieu, monsieur, il vous a donné par ce recueil de quoi vous consoler toute votre vie et, après voire mort, il vous fera honneur et quand vous trouverez l'occasion faites-le voir à monsieur de Saint-Simon. »

Le premier volume a pour titre : Sentiments du pecheur pénitent qui s'était soumis par la grâce de Diat sous la direction du 5* abbé reformateur de la Trappe.

Quel est le nom de Tauteur de ces livres religieux? Il est facile à deviner. Le second volume se termine en effet par la pièce suivante :

« Saint bouquet que le saint abbé m'envoya le jour'de la fête de saint Louis, saint bouquet qui fleurit tous les jours et qui fleurira éternellement.

c( Saint-Louis, ayant une couronne royale sur la tête et une couronne d'épines dans la main.

u Que cette couronne, grand saint, que vous tenez datns vos mains a d'avantage sur celle que vous portez sur votre tête! L'une n est que le masque d'une gloire passagère et l'autre le fondement d'un bonheur éternel.

« Obtenez de Jésus Christ qu'il me fasse part de celleci, qu'il m'eiivoye des peines, des afflictions, des souffrances et qu'en même temps il me donne la grâce de les recevoir avec joie, de les aimer et d'en faire un saint usage. »

L'auteur de ces maximes pieuses est évidemment M. de Saint-Louis, auquel Saint-Simon consacre deux pages dans ses Mémoires^ Après avoir vaillamment servi aux armées, M. de Saint-Louis éprouva le désir de se retirer, comme on disait alors ; il résista quelque

Page 1