‹ Papiers inédits du duc de Saint-SimonChapitre 13 sur 91 · Volume · texte numérisé non relu

Volume

iU LETTRES ET DÉPÊCHES.

rendre compte par ma lettre de Coué de ce f|ue m'avoit dit ce Duc, je me contenteray d'ajoutter que j'ay appris de M. Dadoncoiirt icy c|ue]f|ues menus détails la dessus qui ne donnent pas grande lumière, mais qu'il est informé seurement c^ue M. Dossone scait les noms de ceux de nôtre cour, qui ont fait jouer les ressorts, dans le dessin de venir a bout de rompre les mariages après les avoir fait différer.

Je laisse aux redections de Y. E. la nécessité de tirer, s'il est possible, de si importantes lumières du Duc d'Ossone, et les usages si essentiels a en faire, et j'ay fort exhorté Dadoncourt, a vous rendre compte de tout ce qu'il sçait, dont il avoit déjà, a ce qu'il m'a dit, préparé une lettre. Cette cabale cjui a aussy infecté quelques uns de la cour d'Espagne, une fois dévoilée, decouvriioit beaucoup de commerce, qu'il seroit bien utile de ne pas ignorer. Tout est si bien, entre des mains aussi habiles que les vôtres, qu'il faut demeurer en grand repos après vous avoir rendu compte de ce qu'on apprend.

Je conjure Y. E. d'estre bien entièrement persuadée de mon très parfait dévouement.

Le Jhic de St-Simon.

P. S. — M" de cette ville m'ont donné un mémoire sur tout ce qu'il leur arrive de fâcheux dans leur commerce de la part des Espagnols, que je n'ay pas encore eu le temps de voir : Je le liray en chemin et en enverray une copie a Y. E. par le premier ordinaire, au cas qu'elle n'en eût pas receu d'eux un pareil, et qu'elle

eût quelques ordres a donner la dessus, soit a moy, soit a d'autres personnes en Espagne.

YIII

AU DUC D ORLEANS

De Bayonne, 10 novembre 1721.

Je ne puis Monseigneur quitter la terre de France sans avoir l'honneur de prendre congé de V. A. R. et de luy témoigner toutte ma reconnoissance infinie qui cepend' ne peut m'attacher a vous plus intimement que je le suis de toutte ma vie et la vostre. Mais a travers tant de bontés vous avez la malice de m'envoyer par ces délicieuses provinces dans une saison ou il n'y a plus de sardines, d'olonges, de figues, de melons muscats ny de ces petits oiseaux tant vantés, et ou les esturgeons ne paroissent pas encore; vous saurez pourtant que je me suis crevé d'huistres vertes parfaittes, que M. l'intendant de Bordeaux m'a gorgé de la plus exquise chère et que j'achève icy de me crever délicieusement aux dépens du pauvre d'Adoncourt, de l'Evesque, de la Reyne Douarière pour soutenir mieux la sobriété de la routte dicy a Madrid. Je considereray demain de tous les yeux d'un vray serviteur le lieu ou se consommera votre chef d'œuvre et ou se commencera le comble de

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