‹ Papiers inédits du duc de Saint-SimonChapitre 21 sur 91 · Volume · texte numérisé non relu

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extrêmement des nouvelles de V= A. R. et de celles de Mademoiselle de Montpensier sur le départ de laquelle, elles me témoignèrent un grand empressement ; elles s'informèrent avec beaucoup de soin de la ressemblance de son portrait, quelles me firent l'honneur de me faire voir. Sur quoy je leur dis avec vérité quelle estoitbeaucoup mieux, et avoit lair plus jeune : la Reine repartit avec vivacité quelle se contentoit bien que Mademoiselle de Montpensier fût comme son portrait, quelle la trouvait a merveille, et extrêmement a son gré, a quoy le Roy d'Espagne applaudit beaucoup. Le Prince que je vis ensuitte,me demanda aussy, avec empressement, de vos nouvelles, et me parla de sa Maîtresse en gallant empressé; elle est attendue avecla dernière impatience, et au peu que je pus appercevoir dans les commencements, avec un grand désir de lier avec elle beaucoup d'amitié.

Jeûs hier ma première audiance particulière de L. M. G. aux quels je rendis les lettres de V. A. R. quelles reçurent l'un et l'autre, avec les plus grandes marques d'amitié, elles s'informèrent de vous, de vôtre santé et du départ de la princesse, que la Reine assura aimer déjà beaucoup, et qu'il ne tiendroit qu'a elle quelle fut parfaitemementheureuse. Jeiis Ihonneur de leur faire les compUments de Madame, de la santé de la quelle elles s'informèrent aussy avec beaucoup d'amitié, et le Roy d'Espagne se souvint, avec reconnaissance, de toutte celle que Madame luy a témoignée dans sa jeunesse ; elles s'informèrent aussi de la santé de Madame la Duchesse d'Orléans, et me chargèrent de faire beaucoup de compliments, a Madame a V. A. R. et a Madame la

Duchesse d'Orléans, de tout quoy je me flatte que V. A. R. voudra bien m'acquitter envers ces princesses, pour leur épargner l'importunité d'une lettre.

Jeùs ensuitte audiance du Prince des Asturies auquel je remis la lettre de \. A. R. qu'il reçut avec beaucoup de compliments et d'empressement pour Mademoiselle de Montpensier ; javois donné la veille a M. le M. Grinialdo les copies de toutes les lettres de la main du Roy, et de la Votre, il me fit l'honesteté de ne les vouloir pas recevoir. La difficulté, qui se pouvoit rencontrer, sur le traitement que vous donnez au prince des Asturies me fit insister fortement pour luy faire accepter les copies, affin quon ne pust pas se plaindre dans la suitte la dessus. 11 les garda donc a la fin, pliées touttes ensembles comme je les luy remis, et soit qu'il les ait liies, ou non, je n'en ay pas oïiy parler depuis, tellement, que je presentay au prince des Asturies, celle de vos deux lettres qui le traite de frère, et jay l'honneur de renvoyer a V. A. R. avec beaucoup de satisfaction l'autre lettre, ou cette qualité est supprimée.

Je vous suplie de vouloir bien dire a Madame que la première visitte, que jay faite a Madrid a esté a Mad^ la Comtesse de Solre, pour lui faire les compliments dont elle mavoit fait l'honneur de me charger.

Je suis avec beaucoup de Respect

Monseigneur de Vôtre Altesse Royale

Le très humble et très obéissant serviteur

Le Duc de St-Simon.

AU CARDINAL DUBOIS

Madrid, le 24 novembre 1721.

Je crois devoir avoir Ihonneur de faire cette lettre a part a V. E. pour l'informer de la façon dont jay esté reçu icy, pour quelle le soit de la joye qui y éclatte du chef d'œuvre, que vous avez fait, et pour que ce qui s'est passé puisse être conservé pour ceux qui seront revestus du caractère dont je suis honoré. Ces deux raisons mont déterminé, a vous rendre ce compte par ce que je me flatte que vous n'avez pas assez mauvaise opinion de moy pour croire que je prenne sur mon compte aucun des honneurs que jay reçus. C'est ce qui me rend plus libre a vous en parler comme d'une chose, qui m'est tout a fait étrangère et qui a esté rendue au respect du nom du Roy et la satisfaction de ce que jay Ihonneur de venir faire icy de sa part.

Des que je fus arrivé j'envoyay prier M. de Sartine de me venir voir le lendemain matin par ce qu'il estoit trop tard, et que jestois trop fatigué pour voir personne, le jour même. Il me confirma tout ce qu'il mavoit écrit et mandé de bouche par M. Pequet, avec plus de détail et d'estendu et alla ensuitte chez M. le M. Grimaldo, accompagné pour la forme de mon Secrétaire pour lui donner part de mon arrivée, et le suplier den

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