Volume 314. De la maia du Duc
I>o0 LETTRES ET DÉPÊCHES.
Ils sont aussy peimiés de ce qu'estant reiglée depuis onze mois quoy que peu, cela n'a point servi d'écoulement a ces glandes, et de ce quelle a dit avoir eu assez souvent l'éresipelle dont elle est présentement incommodée. Quoy que je ne sois pas médecin j'ay essayé de les remettre par la considération de l'aage de la Princesse auquel ces glandes ne sont rien en comparaison d'un aage plus avancé, et qui mesme sont assez fréquentes dans une grande jeunesse. Je leur fis encore remarquer que lorsqu'elle sera plus avancée et plus reiglée la nature pourra mieux les dissiper par cette voie. Mais il est vray que leur inquiétude est encore plus grande la dessus qu'ils ne me l'ont témoignée, bien qu'ils ne s'en soient pas cachés a moy. Il est vray aussy que tout le sang qu'on luy a tiré est pourri et qu'il est besoin de travailler doucement et assiduement a le restablir. Je dois tout dire a V. A. R. Ce sang est tel que je crus devoir prévenir des causes d'allarmes qu'on estoit peut être embarrassé a me dire, et ce que j'ay tesmoigné sur vôtre santé et sur celle de Madame la Duchesse d'Orléans qui, en ces cas la despend de la vostre, n'a eu aucune peine a trouver toutte confiance, et mesme avec des politesses sur V. A. R. quelle me pardonnera bien si je luy dis qu'elle n'a pas toujours méritées en ce genre. Mais quoy qu'il en soit ils sont entièrement en repos sur ce soubçon que j'avois appréhendé et qu'ils asseurent ne leur estre jamais venu. Ce qui doit autant vous faire plaisir, Monseigneur, c'est que rien ne retombe sur la Princesse, quoy que sa maladie ait fort fasché, et qu'outre le solide, elle ait interrompu les plaisirs préparés qui ne sont pas indifférents à la
Reyne. Ainsy V. A. P«. peutparfaittement comptera cet égard sur ce qu'elle verra dans l'autre lettre que j'ay l'honneur de luy écrire.
Puisque je suis en médecine et en train de tout dire, je ne puis m'empescher de vous représenter que si vous laissés continuer M. le Duc de Chartres de boire, manger, etc., comme il fait, il est du tout impossible que vous le conserviés. La tendresse et l'interest vous doivent souvent et vivement presser la dessus, et quand vous luy en devriés mal faire ma cour, de quoy V. A. R. est très capable, je ne saurois me taire a V. A. R. sur une si interressante matière par tout le respect et tout l'attachement que je luy dois et que je lui ay si fidèlement voilé.
Le Duc de St-Simon.
AU CABDINAL DUBOIS K
Madrid, ce 2 février 1722.
Ce mot a part est pour avoir l'honneur de dire a V. E. que M. le M. de Grimaldo m'a expressément et instamment prié de vous recommander les intérêts pécuniaires de M. de Sartine ep France qui s'y trouvent fort en presse par le malheur public du papier dont il a 215 actions. Je scay qu'il n'est pas aisé de bien faire dans une telle occasion, mais M. de Grimaldo