AU COMTE DE BELLE ISLE
Madrid, ce 20 février 1722.
L'arrivée de M. de Chavigny en cette ville et ce qui est apparent qu'il y vient faire, sera la matière de cette lettre, que je vous adresse, M., plustôt qu'a M. le C Dubois pour ne manquer point ce que je dois au bien de l'Estat et prendre les biais convenables aux façons de penser de ce Ministre, a qui les avis ne vont pas et surtout de 300 lieues de luy; je crois que ce dont il s'agit vous paroitra mériter toutte votre attention et celle de M. Le Blanc, a qui je vous prie de vouloir bien communi juer ma lettre pour en faire l'usage que vous jugerez tous deux ensemble être le meilleur pour le bien de l'affaire, et comme je vous écris par mon fils qui s'en retourne a Paris je m'expliqueray sans ménagements.
M. de Chavigny arriva icy le 16 de ce mois, et me vint voir le 17 au matin; après des propos généraux, il me dit qu'il venoit icy pour l'affaire de Castro et de Rousiglione, que M. de Parme avoit compris l'impossibilité de retirer ces fiefs des mains du Pape et toutte la difficulté d'en retirer un équivalent en terres, qu'il se restraignoit à le lui demander en argent, ce qui seroit aisé si cette cour y vouloit contribuer en se joignant a