Volume 315. De la main du Duc
S/iO LETTRES ET DÉPÊCHES.
nière audience particulière de L. M. C. sur les quelles je prends la liberté de vous renvoyer a mes lettres cyjointes. Je me suis encore servi de cette occasion de congé pour dire, tant a L. M. C. qu'a M. de Grimaldo, tout ce que j'ay cru de plus conforme a vostre esprit sur M. de Chavigny qui de sa part me paroist fort content et qui scaura vous en rendre bon compte. Je n'oserois vous dire combien je m'en vais comblé tant de L. M. G. que de toutte leur cour et si ne dois-je pas tout a fait vous le taire puisque c'est le fruit des voyes que vous avez sceu me préparer.
Je pars demain pour passer les jours saints a Bayonne et ne m'arrester que deux jours a Blaye,ce qui pourtant me tiendra un mois en chemin par leur difficulté. C'est de quoy neantmoins je ne feroy point d'excuse, parce que mon impatience ne vous peut estre inconnue et qu'il ne se peut rien ajouter a celle que je ressens de tesmoigner, moy-mesme, toutte ma reconnoissance et tout mon attachement a V. E. que je conjure de ne pas doutter qui ne soyent a toutte épreuve; si avec cela elle peut estre contente de ma conduitte icy ce me sera un bonheur véritablement sensible, parce qu'il n'y a rien que je désire d'avantage que l'estime et l'amitié de V. E. que j'honore, pour ne parler pas plus librement, avec le respect le plus fidèle.
Le Duc de St-Siiiion.
LETTRES ET DÉPÊCHES. Ski
AU ROI 1
A Madrid, ce 23 mars 1722.
Sire
J'ay taché d'exécuter, avec toutte l'application et tout le soin qu'il m'a été possible, les ordres que j'ay receiis de V. M. pendant que j'ay esté en ce pays-cy, pour les glorieuses fonctions, dont il a plu a V. M. de m'honnorer, et dont j'ay reçue icy des fruits dignes de sa bonté et de sa royalle protection, et dont la reconnoissance sera éternelle. Je ne voy plus rien dont je sois maintenant chargé, ni aucune affaire dont M. le M. de Maulevrier, et M. de Chavigny, ne soient en estât de rendre un meilleur compte a V. M. que je ne pourrois faire : ces raisons, jointes a mon empressement d'avoir le bonheur de me retourner auprès de V. M., me font servir de la liberté, qu'il luy a plû m'accorder pour mon retour. Je pris avant hier, mes audiances de congé, et je viens de prendre la dernière particulière de L. M. G.; dans touttes les deux, elles se sont expliquées avec tant de tendresse pour V. M., tant de désir d'aller au devant de tout ce qui luy pourra plaire, pour conserver chèrement et rendre éternelle l'union présente, et tant de reconnoissance de tout ce queV.M. afait a l'arrivée de l'Infante Reine, que