Volume 317. De la main du Duc
LETTRES ET DEPECHES. 3Zi7
Marlyet jel'ai veu logé au p"" pavillon au voyage très long qui précéda la mort de S. M. et dans les p" temps de la venue de M""*" la Dauphine, j'y ai veu souvent le G. de Goron, ministre de Savoye. Il y a un logement pour le ministre de France à Aranjuez qui est fixe et beau pour le lieu, il est aussi logé à l'Escurial. C'est à V. E. à peser ce qui est le plus convenable. Il est vray qu'il y a différence entre un lieu fixe comme Versailles et des listes de Marly qui changeaient à tous les voyages, mais il est vray aussy que le roi d'Espagne est 8 mois de l'année hors de Madrid et que durant ces 8 mois le ministre de France le suit toujours. Il m'a paru que M. Laullés le désirerait extrêmement et qu'il s'est retenu de vous en rien dire pour ne point embarrasser et préférant que cela vint de Y. E.Jen'ay point esté prié, n'y encore moins chargé, d'en parler; ainsy vous estes en toutte liberté d'ignorer la chose si elle ne vous paroist pas convenable et en estât aussy, si vous le voulez, d'avoir toutte la grâce de votre motu proprio. Avec cela je finis en suppliant V. E. de compter pour jamais sur mon respectueux, fidèle et tendre attachement.
Le Duc de St-Simon.
3Zi8 LETTRES ET DÉPÊCHES.
LXYII ET LXVIII.
AU ROI ET A LA REIiNE d'ESPAGXE^
Copie de mes lettres au Roy et à la Rej-ne d'Espagne, de Meudon 12 aoust 1722, sur la déclaration du futur mariage de l'infant D. Carlos avec M"* de Beaujollais^.
Sire,
Les bienfaits et les bontés dont il a plti à V. M. nne combler et qui m'attachent si puissamment à sa personne sacrée m'autorisent à me donner l'honneur de me mettre à ses pieds dans l'extrême joye que je ressens d'un accord de mariage qui triple les premiers liens et qui promet à l'Italie une liberté si glorieuse et si utile à vostre auguste famille. J'ose prendre la liberté de supplier V. M. d'estre persuadée que personne au monde ne prend une si vive part que je fais en tout ce qui luy peut plaire, que ses grâces me sont toujours présentes et que la reconnaissance en est égale au très profond respect avec lequel je suis,
Sire,
DeV. M.,
Le très humble et très obéissant serviteur.