‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 10 sur 130 · SUBVENTIONS · texte numérisé non relu

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Affaire Sandon.

Lettre de M. de Persigny à M. Conti (1).

T\ÎON CHER ÇONTI,

Voici une affaire grave qu'il importe d'étoufTer. La conduite de M. Billault a été inouïe. L'homme qui a été victime à ce point est sur le point de se laisser entraîner dans les mains des partis. Nous pouvons avoir un scandale affreux. Il

(1) On sp rappelle le scamlale causé par l'affaire de M. Sandon. La lettre de cachet ét«h remise en usage et l'on faisait des maisons d'aliénés autant <1o bastilles.

M. Sandon venait de faire réimprimer, ii Hiuxelles, son plaidoyer contre les médecins Tardieu, Blanche, Parchappe, FOTille, Baillarger et Miiivié, prononcé à Paris, devant la première chambre, le 9 mai 48GS.

paraît qu'avec une vingtaine ou trente mille francs, que M. Conneau se chargerait de prendre sur les fonds, on pourrait tout arranger.

Il y a d'ailleurs là une iniquité épouvantable : il importe de la réparer. Mille compliments.

Persigny.

Paris, 29 mars 1866.

Lettre de M. Sandon,

Monsieur,

Le docteur Conneau m'a fait connaître hier la réponse de l'Empereur.

Voici les faits :

4" Unministre responsable devant VEmpereur seul me fait arrêter dix-sept fois, et mettre à Charenton pendant vingt mois.

2" Un sénateur irresponsable me diffame odieusement, illégalement, et tue ma mère.

5° Un ministre de l'intérieur irresponsable adresse aux journaux des communiqués diffamatoires.

L'Empereur a dit au docteur Conneau qu'il y avait des juges, que je pouvait plaider. C'est une erreur.

En déchargeant chacun de responsabilité, l'Empereur l'a assumée tout entière. C'est lui qui me doit justice. Il m'a pris ma mère, ma fortune, mon honneur ; il ne me reste que ma vie, et dans ces conditions je puis en faire le sacrifice.

L'empereur me doit justice. Il doit savoir que, quand une illégalité étouffe, on en sort pour entrer dans le droit.

Je désire et espère être entendu. Ou n'accule pas, on ne désespère pas un homme ainsi.

Je désire vous voir, et daigne? me croire votre très-humble et respectueux serùtcur.

Léon Sandon, avocat.

Rue des Moulins, li" 2C, hôtel de la C6lc-d'0r, Por's, vendredi.

xn.

Dépêches des derniers jours de l'Empire.

Les dépêches du maréchal Bazaine établissent qu'à l'heure où M. de Palikao fuisail tu Corps législatif des communications rassurantes, il en recevait au contraire d'atlris-

tantes. Ces dépèches montrent eu outre que Napoléon, malgré les déclarations du ministre de la guerre, commandait toujours.

THÉÂTRE DE LA GUliRUE.

V Impératrice à la princesse Matldlde, à Saint-Gratien.

7 aoCtt, 12 b. 3S.

J'ai de mauvaises nouvelles de l'Empereur. L'armée est en retraite. Je rentre à Paris, où je convoque le conseil des ministres,

Eugénie.

A S. M. V Empereur, au camp de Châlons.

Camp de Foit-Plappeville, 18 août 1870, 8 h. 20 du soir.

J'ignore l'importance de l'approvisionnement de Verdun. Je crois qu'il est nécessaire de n'y laisser que ce dont a besoin la place.

J'arrive du plateau. L'attaque a été très-vive. En ce moment, 7 heures, le feu cesse. Nos troupes constamment restées sur leurs positions. Un régiment, le G0«, a beaucoup souffert en défendant la ferme de Saint-Hubert.

Maréchal Bazaine.

Le Maréchal Mac-Mahon au Ministre de la guerre.

Camp dr Chilons, 20 août 1870, S h, i5 m.

Les renseignements parvenus semblent indiqu^'^- lue les trois armées ennemies sont placées de manière à intercepter à Bai .:: les routes de Briey, de Verdun et de Saint-Mihiel. Ne sachant la direction de la retraite de Bazaine, bien que je sois dès demain prêt à marcher, je pense que je vais rester au camp jusqu'à connaissance de la direction prise par Bazaine, soit au nord, soit au sud.

Maréchal de Mac-Mahon.

Ministre de la guerre au Maréchal Mac-Mahon^ au camp de Châlons.

De Paris au camp de Châlons, le 20 août 1870, 3 îi. 40 du soir.

.l'ai reçu votre dépêche de 8 heures i5 minutes ; le seul renseignement que je puisse vous donner est le suivant : le 18 au soir, Bazaine occupait comme position la ligne de Amanvillers à Sussy.

Ministre de la guerre au Maréchal Mac-Mahon, au camp de Châlom.

De Paris au quartier impérial, le 21 août 1870, Il 10 h, 15 du soir.

M. de Bouvîlle télégraphie de Vienne, le 20 : « On mande par une voie silre, du quartier général du pruice royal de Prusse : « Le choléra et le typhus font

c de nombreuses victimes. Il sera impossible de donner des soins aux t malades el aux blessés. On ne sait ce qui arrivera si la guerre se pro- « longe. »

Ministre de la guerre à Sa Majesté VEmpereiir, au camp de Châlons. {{)

Quartier impérial de Paris, le 31 aoAt 4870, il 10 heures.

Il y a deux partis à prendre : ou dégager promptement Bnzaine, dont la position est des plus critiques, en se portant en toute hâte sur Montmédy ; ou marcher contre le prince royal de Prusse, dont l'armée est nombreuse et qui a la mission d'entrer dans Paris, où il serait proclamé empereur d'Allemagne. Dans ce dernier cas, je puis envoyer le 13* corps d'armée, général Yinoy, 27,000 hommes, occuper la Ferté-sous-Jouare, où il serait le pivot d'un mouvement tournant de l'armée de Mac-Mahon, qui marcherait vigoureusement sur le flanc de l'armée prussienne, soit qu'elle prenne la route de Vitry, Champaubert et Montmirail, soit qu'elle se dirige par Wassy, Montiérender eX Brienne.

Les Inspecteurs délégués de Vétat-major à Colonel d^état-major Stoffel, attaché près de Son Exe. le Maréchal Mac-Mahon, à Reims.

loiigwy, 22 aofit, 4 h. SO m.

Inspecteurs délégués font connaître que le maréchal Bazaine adresse à S. Exe. le maréchal xMac-Mahon : « J'ai dû prendre position près de Metz pour donner du repos aux soldats et les ravitailler en vivres et munitions. L'ennemi grossit toujours autour de moi, et je suivrai probablement pour vous joindre la ligne du nord, et vous préviendrai si marche peut être entreprise sans compromettre l'armée. »

Général commandant supérieur de Verdun à l'Empereur , nu camp de Châlons, et au Ministre de la guerre à Paris.

Verilun, 22 août, S h. S m . du matin.

Enfin nous avons nouvelles du maréchal Bazaine par gardes forestiers qui apportent dépêche suivante :

Ban Saint-Hartin, le 19 août 1870.

Le Maréchal Bnzaine à S. M. V Empereur, au camp de Châlons.

L'armée s'est battue hier toute la journée sur les positions de Saint-Privat et de Rozerenilles et les a conservées. Les 4" et C* corps seulement ont fait, vers 9 heures du soir, un changement de front, l'aile droite en arrière, pour iiarer à un mouvement tournant par la droite que les masses ennemies tenlaient d'opérer à l'aide de l'obscurité. Ce matin, j'ai fait descendre de Xexxv

(ij .V l'heure où il annonçait ^ la tribune que Napoléon »e commandait plus, Jl. de Paliliao lui f hvdi» c«lte dépèclie.

positions les 2* et 5» corps, et l'armée est Je nouveau groupée sur la rive gauche de la Moselle, de Longueville au Sansonnet, formant une ligne courbe passnnt par le haut du Ban Saint-Martin, derrière les forts de Saint-Quentin et Plappeville. Les troupes sont fatiguées de ces combats incessants, <|ui ne leur permettent pas les soins matériels, et il est indispensable de les laisser reposer deux ou trois jours. Le roi de Prusse était ce matin avec M. de Moltke à Rezonville, et tout indique que l'armée prussienne va tâter la place de Metz. Je compte toujours prendre la direction du nord et me rabattre ensuite par Montmédy sur la roule de Sainte-Menehould et ChAlons, si elle n'est pas fortement occupée. Dans ce cas, je continuerai sur Sedan et même Mézières pour gagner Châlons. Il y a dans la place de Metz 700 prisonniers qui deviendraient un embarras pour la place en cas de siège; je vais pro[)Oser un échange à général de Moltke pour pareil nombre d'olficiers et de soldats français.

{Donner à Mac-Mahon.)

Le Ministre de la guerre à rEmpereur, à Reims,

Pari», îî août, 1 b. 5m. do Mir.

Le sentiment unanime du Conseil, en présence des nouvelles du maréchal Bazaine est plus énergique que jamais. Les résolutions prises hier soir devraient être abandonnées. Ni décret, ni lettre, ni proclamation ne devraient être publiés (i). Un aide de camp du Ministre de la guerre part pour Reims avec toutes les instructions nécessaires.

Ne pas secourir Bazaine aurait à Paris les plus déplorables conséquences. En présence de ce désastre, il faudrait craindre que la capitale ne se défende pas.

Votre dépêche à l'Impératrice nous donne la conviction que notre opinion est partagée.

Paris sera à même de se défendre contre l'armée du prince royal de Prusse Les travaux sont poussés très-promptement ; une armée nouvelle se forme à Paris, Nous attendons une réponse par le télégraphe.

UEmpereur au Ministre de la guerre,

Courcelles, I« 12 *o6t, 4 fa.

Reçu votre dépêche. Nous partons demain pour Montmédy. Pour tromper l'ennemi, faire mettre dans le journal que nous partons avec 150,000 hommes pour Saint-Dizier. .T'accepte Wimpfen à la place de de Failly. Maissiat ne peut pas continuer ; vous nommerez Lacretelle à sa place. Supprimerez les décrets que vous a portés Rouher, mais exécutez les conclusions pour l'appel des anciens soldats.

(l)Ces décrets et la proclainstJon dont il est question ont été trouvés, le î! septembie, d»ns le cabinet de H. Ronher. Ces pièces figurent dans une îles livraisons suirantes.

Maréchal Bazaine à VEmpereur.

Ban Saint-Martin, 20 aoAt 1870,

Mes troupfis occupenl toujours les mêmes positions. L'eiiiiemi parait établir des batteries qui doivent lui servir îi appuyer son investissement ; il reçoit constamment des rentoiis. Le général M;irguerite a été tué le 16. On les croyait disparus. Nous avons dans la ville de Metz au delà de 1G,0Û0 blessés.

Pour copie conforme :

Le 21 aoi^t 4870.

Commandant place Thiouvillc.

Maréchal Bazaine pmir Ministre Guerre, Paris.

i'i auftt, 1 h. 7 m.

(Sans date delà transmission de Mézières.)

Nous sommes sous Metz, nous ravitaillant en vivres et en munitions. L'ennemi grossit toujours et paraît commencer à nous investir. J'écris à l'Empereur, qui vous donnera communication de ma dépêche. J'ai reçu la dépêche de Mac-Mahon, auquel j'ai répondu ce que je crois pouvoir faire dans quelques jours.

Maréchal Mac-Mahon au Ministre de la guerre, Paris,

Courcelles, 22 août 1870, 11 h. 30 m.

Le maréchal Bazaine a écrit du 10 qu'il comptait toujours opérer son mouvement de retraite par Monimédy.

Par suite, jje y^is prendre des dispositions.

Maréchal Mac-Mahon.

Maréchal Mac-Mahon au Général commandant à Verdun; au Commandant supérieur de Montmédy; au Maire de Longuyon.

Envoyez au maréeîial Bazaine la dépêche ci-après, très-imporlante. Faitesla-lui parvenir par cinq'ou six émissaires différents, auxquels vous remettrez les sommes, quelles qu'elles soient, qui leur seraient nécessaires pour accomplir leur mission.

Maréchal Mac-Mahon.

Mac-Mahon à Bazaine.

Reçu votre dépêche du 19. Suis à Reims ; me porte dans la direction de Montmédy. Serai après-demain sur l'Aisne, d'où j'agirai selon les circonstances pour vous venir en aide. Traitez marché de vos nouvelles.

Ministre de guerre à Maréchal Mac-Mahon. .

Bctiienivillr', par Reinif*

Les deux batteries fournies par l'artillerie de marine appartiennent à la 1'* division du 12" corps.

— es? — ► Ministre de guerre à fEmperetir.

De Paris à Courcellis, le 25 août 1870, à * h. SO m. du soir.

Winipfeii esl itrévenn. Lac^rolelle est nommé. Les décrets donnés à Routier sont supprimés. Je demande de nouveau des cadres pour l'infanti'rie et la cavalerie, i** régiments à G coini)agnies. Nous avons déjà 5:6 régiments de marche,

Empereur à S. Exe. le Ministre de la Guerre, Paris.

Couirelles, le 25 août 1870, 8 h. 15 m

Il est bien essentiel de diriger sur Reims, qui doit être diversion, tête de ligne de chemin de fer, une force assez respectable pour que des coureurs ennemis ne viennent pus interrompre nos communications.

Napoléon.

Maréchal Mac-Mahon au Ministre de la guerre.

Quartier général à Kcilul, 24 août, 9 h. 45 du soir

Je crains de rencontrer encore dans les Ardennes grandes ditTicultés pour nourrir rarméc; par le pays, difiîciiltés qui seront insurmontables si nous parvenions à joindre Bazaine. Je demande donc à ce qu'il soit dirigé sur Mézières des convois considérables de biscuit, soit près de deux millions de rations.

Maréchal Mac-Mahon.

EXTIl/^IT DES pÉ^'KCpES DU 4 SEPTEMBRE 1870.

(Jour de la République.)

A il/. Conti, chef cabinet de F Empereur^ 184, me Rivoli, Paris.

De Libramont, 1 h . 'tfi, le i septembre 1870

Préfet police est-il aux Tuileries de sa personne?

Réponse.

Il n'est pas aux Tuileries. Ne transmettez pas cette dépêche. Il y a un monsieur dans le cabinet à côté.

Alors ne remettez rien. Le nouveau directeur général envoie quelqu'un dans une demi -heure.

Recevez-vous les dépêches pour l'Impératrice?

Non.

Réponse.

Le pnlais est donc envahi?

iNon.

Réponse.

Alors, je vous donne quand même la dépêche de Madrid.

{Suit une dépêche de la comtesse Montijo à xn fille.)

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