A SON ÉMINENCE LE GRAND-AUMONIER
Monseigneur,
J'ai appris avec le plus grand étonnement, que M. Cortyl, mon voisin, curé de Wylder, canton de Bergucs, département du Nord, a demandé une chasuble à l'Empereur, et qu'on lui a répondu qu'il aura quelque chose de plus solide; sa demande est donc accordée ? il s'attend à un calice.
Conimeje pense que vous aimez à être bien renseigné sur les personnes où vous donnez, je vous dirai qu'il est de notoriété publique ici qu'il a fait, au moment dej^ élections, tout ce qui lai était possible pour la candidature de M. Plichon, candidat de l'opposition ; M. de Clebsattel, candidat du gouvernement, qui a échoué, n'a eu dans cette paroisse que trois voix, et dans la mienne, il a eu la majorité ; puis, il a donné un dîner à M. Plichon, il a fait faire des portes triomphales, des arcs de triomphe parés de guirlandes, tirer des coups de fusil dans les rues oii il dev«.'t passer; il y avait des pourboires dans tous les cabarets.
J'ignore par qui sa pétition a été présentée, il dit qu'elle a été remise à Monseigneur Darboy, je suis loin d'en garantir la vérité.
Vous jugerez, Monseigneur, dans votre haute sagesse, s'il convient ou non^ •'y donner suite ; s'il l'obtient, cela fera un très-mauvais effet dans le pays.
J'ai l'honneur d'ôtrc, avec le plus profond resnect, Monseigneur, votre trèshumble et tout dévoué serviteur,
PUPPÏNCK, Curé.
Oaiiibecque, le 10 mars iSC>lk