‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 119 sur 130 · A SON ÉMINENCE LE GRAND-AUMONIER · texte numérisé non relu

A SON ÉMINENCE LE GRAND-AUMONIER

Monseigneur,

J'ai appris avec le plus grand étonnement, que M. Cortyl, mon voisin, curé de Wylder, canton de Bergucs, département du Nord, a demandé une chasuble à l'Empereur, et qu'on lui a répondu qu'il aura quelque chose de plus solide; sa demande est donc accordée ? il s'attend à un calice.

Conimeje pense que vous aimez à être bien renseigné sur les personnes où vous donnez, je vous dirai qu'il est de notoriété publique ici qu'il a fait, au moment dej^ élections, tout ce qui lai était possible pour la candidature de M. Plichon, candidat de l'opposition ; M. de Clebsattel, candidat du gouvernement, qui a échoué, n'a eu dans cette paroisse que trois voix, et dans la mienne, il a eu la majorité ; puis, il a donné un dîner à M. Plichon, il a fait faire des portes triomphales, des arcs de triomphe parés de guirlandes, tirer des coups de fusil dans les rues oii il dev«.'t passer; il y avait des pourboires dans tous les cabarets.

J'ignore par qui sa pétition a été présentée, il dit qu'elle a été remise à Monseigneur Darboy, je suis loin d'en garantir la vérité.

Vous jugerez, Monseigneur, dans votre haute sagesse, s'il convient ou non^ •'y donner suite ; s'il l'obtient, cela fera un très-mauvais effet dans le pays.

J'ai l'honneur d'ôtrc, avec le plus profond resnect, Monseigneur, votre trèshumble et tout dévoué serviteur,

PUPPÏNCK, Curé.

Oaiiibecque, le 10 mars iSC>lk

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