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CABINET DU PROCUREUR GÉNÉRAL

Lettre de M. Grandperret, Procureur général, à M. Conti.

Paris, le 29 mars 1870-

Monsieur le Sénateur, Je reçois avec une joie profonde ia lettre par laquelle vous me faites savoir

que Sa Majesté a Jaigné m'accorder son npprobalion. Ce témoignage d'une auguste bonté sera l'honneur <le ma vie et !e sujet d'une éternelle reconnaissance. Toute mon âme et toutes mes foices sont vouées au service de l'Empereur.

Veuillez agréer, Monsieur le Sénateur, l'assurance de ma respectueuse considération. Grandperret.

(Cette lettre de M. Grandperret a été écrite au lendemain du réquisitoire de la cour de Tours, affaire Victor noir.)

Budget de la famille Impériale

Lettre de M. Achille Murât à Napoléon

Demande d'argent. —Une note donnant un total de sommes versées au prince Achille Murât était attachée à l'original de celte lettre. Nous la reproduisons plus bas.

Sire,

Je m'empresse d'informer Votre Majesté de mon retour à Paris, où j'ai été contraint de revenir, appelé par mes affaires. Je viens donc me mettre aux ordres de Votre Majesté, l'assurant que je n'ai rien de plus à cœur que de Lui prouver mon sincère désir de m'y conformer entièrement.

Après huit mois de séjour au Caucase, Sire, je suis revenu pour rejoindre 3n Afrique le nouveau régiment dans lequel, à la demande de mon frère. Votre Majesié a daigné me placer, persuadé que les arrangements faits pendant mon absence me permettraient de reprendre mon service et d'effacer alors, par ma conduite, de l'esprit de Votre Majesié, mes fautes passées. Ma'heureusement, Sire, rien ou presque rien n'est c-hangé dans ma triste situation. Jusqu'à présent, les fonds employés ont servi à éteindre à peine les dettes contractées sur parole, celles dans lesquelles l'honneur de mon nom était engagé, de sorte que tous les ennuis, tout le scandale dont j'étais menacé avant mon départ me menacent encore. En Afrique comme à Paris, ma présence va réveiller l'acharnement de mes créanciers; j'y serai poursuivi, traqué, saisi, exposé tous les jours à des réclamations incessantes, menaçantes, dont la malveillance ne manquera pas de s'emparer, et Votre Majesté est trop juste pour vouloir que, dans de telles conditions, j'aille rejoindre mon régiment, dans lequel toute la déconsidération dont je serais entouré m'enlèverait l'estime de mes camarades et rendrait mon existence et mon service au milieu d'eux complètement impossibles.

Je n'ose supplier Votre Majesté de vouloir bien me permettre d'aller Lui soumettre en quelques mots ma situation véritable, et les moyens d'en aplanir les difficultés, car la situation qu'on Lui a présentée a été très-exagérée, j'ignore dans quel but; mais je La supplie de croire et d'être persuadée que

je tiens avant tout à reconquérir son affection, et que pour y parvenir je suis prêta faire tout ce qui est dans mon pouvoir. De Votre Majesté le très-obéissant neveu et sujet,

Achille Murât.

80 septembre 18C9.

En marge, au crayon, de la main de Napoléon : ,

Refus. — L'Empereur ne veut pas se mêler de ses affaires.

Napoléon s'était fait présenter, avant de refuser, le total des sommes allouées de 1852 1 1866 à la famille Murât; ce total est assez respectable.

Le prince Achille Murât.

Juillet. Reçu de S. M. l'Empereur . . . 32,000 00

Août. Idem 10,000 00

Septembre. Idem 10,000 00

Octobre. Idem 3,000 00

Novembre. Idem 23,000 00

Avril. Idem 4,959 45

Novembre. Idem. ....... 248 00

xxn.

Subventions annuelles accordées aux membres de la famille

Impéiiale.

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