‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 66 sur 130 · THÉÂTRE DU GYMNASE · texte numérisé non relu

THÉÂTRE DU GYMNASE

l'étrangère,

Comédie en un acte.

Palais des Taileries, le 8 octobrp 18C4.

l.a donnée de cette pièce, avec quelque méntigement que l'auteur l'ait traitée, nous paraît présenter un inconvénient grave.

Nous croyons mauvais de mettre sous les yeux du public ce dévergonaage d'imagination de femmes du monde, et du plus haut monde, qui, sans autre mobile qu'une curiosité malsaine, se donnent ainsi pendant une heure le et la honte de la vie de cpuiîisane.

La princesse russe Ismaïlofif, représentée comme appartenant à la plus haute aristocratie étrangère; la marquise de Cambry, représentant le monde parisien, amenées chez une Nina Castrucci, la première par un hasard dont elle se réjouit et dont elle profile, la seconde par la fantaisie d'un amant, qui satisfait ainsi un des caprices de sa maîtresse, nous semblent, dans leur ardeur joyeuse à jouer à la drôlesse, d'un enseignement aussi dangereux, plus démoralisant peut-être que la mise en scène des filles elles-mêmes.

Si nous entrons dans les développements de la pièce, nous ne pouvons pas ne point signaler la position si nettement avouée de M™* de Cambry vis-à-vis du vicomte Alexandre. Quant au dénoûment, nous trouvons profondément immoral et blessant de voir la princesse IsmaïiofT recevant son mari dans la chambre à coucher et aux lieu et place de la Castrucci, et trouvant ainsi nioyen de compléter légalement son équipée et de satisfaire tout à fait sa curiosité.

En résumé, la commission pense que VÉlrangère, qui aurait le double tort d'attaquer la morale publique et de froisser les susceptibilités de la haute société parisienne et étrangère, ne saurait être admise au théâtre , et elle ne peut qu'en proposer l'interdiction.

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