‹ Papillon, dit Lyonnais le Juste; pièce en trois actesChapitre 14 sur 52 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Mêmes, BAPTISTE, apportant des verres.

PAPILLON, prenant la bouteille des mains de Baptiste qui allait servir.

Donne-moi la bouteille, tu verses comme un charretier. Nous allons boire, si vous voulez, à la mémoire de M. Destouches.

MADAME VÉRILLAC

Avec grand plaisir. Voilà une idée, monsieur Papillon, q^ui prouve que vous avez du cœur. [File boit.) Ma fille vous fera honneur. Bois, Berthe! [Elle lui passe S07i verre.)

PAPILLON, à Baptiste.

Tu ne bois pas à la mémoire de M. Destouches?

BASTISTE

Si, si, monsieur. {Ils trinquent tous.) PAPILLON, trinquant avec M. Vérillac.

A la mémoire de M. Destouclies. {Trinquant avec madame Vérillac.) A la mémoire de M. DestOQches. [T-rhiifiutn^^wirtrBnpùUe.) A la mémoire de M. Destouches... [A lui-même avant de boire.) A la mémoire de M. Destouches... A sa mémoire. C'est si imprévu, tout ca, j'en ai la larme à l'œil.

MADAME VÉRILLAC

Brave garçon !

BAPTISTE, à pari, emportant les verres.

Il est saoul!

BERTJIE

Maman, permets-moi de me retirer.

VÉRILLAC

Attends un instant. Monsieur Papillon, je tiens à vous dire simplement ceci, en présence de ma femme et de ma fille Nous sommes entrés ici légalement; j'examinerai avec soin la situation nouvelle; si elle est régulière, comme elle me parait l'être, nous sortirons pour vous faire place. Nous sommes venus avec un semblant d'aisance, nous sortirons ruinés. J'avais besoin de vous dire cela.

MADAME VÉRILLAC, à Vérillac.

Très bien.

PAPILLON, très franc, serrant la main à Vérillac. Ah I mais je ne l'entends pas ainki ; vous êtes de très braves gens, c'est entendil, seulement, moi aussi, je suis un bon garçon.] Papillon n'a jamais fait de mal à personne, à personne, entendez-vous, et je ne veux pas commencer aujourd'hui. Non, non, ça, je le jure. Vous êtes ici, c'est parfait. Le notaire m'a dit que c'était chez moi, c'est parfait aussi. La maison est grande, pas vrai. Enfin, nous verrons. Nous examinerons la situation, comme vous avez dit. Puis, rien ne presse. Vous m'avez bien reçu, c'est l'essentieL Mais vous faire du mal, jamais, jamais ! Quand vous méconnaîtrez...

MADAME VÉRILLAC

Vous êtes un véritable Destouches. Embrassezmoi, mon cousin, embrassez votre cousine. PAPILLON, après avoir embrassé.

J'aime mieux ça que des querelles.

MADAME VÉRILLAC, à Bcrtlie.

Va donner des ordres pour l'installation de monsieur Papillon.

BERTHE s^incline.

Cousin... (Elle sort.)

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