SCÈNE MI PAPILLON', MADAME YÉRILLAG
MADAME VERILLAC
Vous savez que M. Vérillac est président du tribunal. {Papillon approuve de la télé.) Vous savez que Ton ne nomme à ces hautes fonctions que les hommes les plus instruits et les plus honnêtes?
l'APILLON
Non, je ne savais pas.
Vous allez être à la tète d'une grande fortune, mon cousin. Vous aurez à vous défendre contre tous les assauts que subissent les gens riches.
En effet, j'ai toujours entendu dire que les V^domestiques sont une plaie dans une maison.
MADAME VÉRTLLAC
S'il n'y avait qu'eux !
Ils sont fainéants, n'est-ce pas ?
MADAME VÉRILLAC
Ah ! Dieu !
l'APILLON
/ Quand je suis entré, celui que vous appelez / Baptiste, il était vautré sur un canapé... Il gagne I beaucoup?
MADAME VÉRILLAC
Beaucoup.
/ Et il ne fait rien?
MADAME VÉRILLAC
Presque rien. Mais il y a des choses plus graves. Je vous les indiquerai. Il faudra aussi vous initier à un tas de petits usages indispensables dans le monde nouveau où vous allez entrer. Oh ! ce n'est rien, vous aurez bientôt fait de vous y mettre. Simple question de costumes, de langage, de manières; c'est insignifiant, mais il le faut. Votre cousine Bertlie vous renseignera sur tous ces détails. Elle est si intelligente, votre cousine, si instruite ; vous verrez comme vous aurez en elle un petit professeur charmant.
J'ai la caboche dure, je pourrai pas apprendre. Je peux plus maintenant.
MADAME VÉRILLAC
Mais si, mais si, Berthe vous fera une douce violence si c'est nécessaire. Vous vous compren-
drez très bien tous les deux. Voulez-vous que je vous dise quelque chose qui va vous étonner et c'est pourtant Fexacte vérité. Au premier coup d'oeil que nous avons échangé, je me suis senti une grande et profonde sympathie pour vous.
\'ous êtes bien aimable.
MADAME VERILLAC
Je suis heureuse de votre bonheur. C'est au point qu'il me semble que rien n'est changé ici et que je n'ai qu'un enfant de plus. •
Madame...
MADAME VÉRILLAC
Appelez-moi cousine, mon ami, car je suis votre cousine.
Oui, ma cousine. Eh bien, je ne vous le cache pas, à mon tour, je suis content. C'est très beau ici. Je profiterai de vos bons conseils et aussi de ceux de M. Vérillac et aussi de ceux de mademoiselle Berthe... C'est très beau ici, très beau, c'est bien bâti !
MADAME VÉRILLAC
N'est-ce pas ? Et vous verrez comme c'est agréable ; mais il faut être nombreux ici, le château est si grand! Il faut de la gaieté, de la jeunesse ! Il faut remplir la maison de bruit, de chansons, de rires.
Oui, oui, je suis gai, moi, je ris volontiers. C'est bien ce qu'il y a de meilleur au monde.