SCÈNE V GASTON DE SANDIIAY, BERTHE
GASTON
Voyez, Papillon nous sert très intelligemment:
c'est mon ami, d'ailleurs. Vous n'avez rien à craindre de lui.
BERTDE
Vous pensez qu'il n'abusera pas de la situation?
GASTON
J'en suis persuadé. Et puis, qu'importe I nous nous aimions avant son arrivée; nous continuons. Papillon a fait mon bonheur, mon bonheur véritable, car, maintenant, vous êtes sûre de mes sentiments. Je vous aime. Nous nous marierons, et à défaut de diamants, de dentelles, de fortune, que je ne pouvais pas mettre dans la corbeille, il y aura votre vertu, votre beauté, vos vingt ans si rieurs, votre taille souple. Je donne la corbeille vide, c'est vous qui la remplissez.
BERTHE
Vous aussi, mon ami, vous y mettrez votre courage, votre force, votre élégance, votre grand nom, votre amour pour une pauvre fille.
GASTON
Je vous adore.
BERTUE
Je vous aime... Mais c'est très mal ce que je vous dis, ce que nous disons. Nous n'avons pas le droit de parler ainsi.
GASTON
Pourquoi? C'est l'éternelle romance que tout le monde a chantée.
BEliTHE
Il faut qu'une jeune fille soit sage en pensées, en paroles, en actions.
GASTON
Vous êtes une petite sainte. (// veut Cembrasser.)
BERTUE, se défendant.
Non, non, non. Pas même sainte nitouche. Allons les rejoindre. {Ils sortent.)