MONTRÉAL, MERCREDI, %5 OCTOBRE
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Des hommes pervers peuvent quelquefois réussir à tromper le peuple pendant quelques jours, en dénaturant les faits, en mentant et en mentant encore avec une effrayante audace.
Mais la vérité triomphe tôt ou tard; le mensonge est mis ànu au grand jour, et ceux qui se sont faits les vils propagateurs de la calomnie tombent avec le voile épais et nuageux que l’on avait jeté sur la vérité. Nous n’avons encore rien dit des accusations portées par le Dr. Nelson contre M. Papineau. Le Dr. Nelson était jusqu'alors à nos yeux un homme resnectable, digne de lestime et de la confiance de nos concitoyens qu’il a conduits à la victoire en 1837. Nous hésitions à deviner une aussi monstrueuse perversité chez un homme qui s’est couvert de lauriers. Mais aujourd’hui, il y a deux hommes dans le Dr. Nelson; il y a un bon citoyen, un grand patriote qui en 1837, combattait contre la tyrannie pour la. liberté ; il y a un homme qui, en 1848, se fait l’ignoble is-
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trament d’une infame proscription, un homme qui traine ses lauriers dans la boue, un homme qui se fait espion, délateur public, le rôle le plus vil qu’il soit donné de jouer à un homme civilisé.
Tous ceux qui ont suivi enquête de ce procès devant le tribunal de lopinion publique, savent maintenant à quoi s’en tenir, et nous, nous ne pouvons plus longtemps garder un silence qui serait de la faiblesse. Nous devons défendre l’innocent trainé devant le publie, et cénoncer, foudroyer le traître qui, entassant mensonge sur mensonge, a tenté de briser et d’anéantir la plus belle de nos réputations canadiennes.
Le Dr. Nelson a accusé M. Papineau d’avoir fui de St.-Denis à l’heure du danger.
Il est prouvé que M. Papineau n'a quitté St.- Denis que sur les instances pressantes el réitérées du Dr. Nelson lui-même.
Il est prouvé que le Dr. Nelson a dit avant Ja bataille qu’il fa//ait que M. Papineau partit.
Il est prouvé qu’il lui a dit à /’heure de la bataille, qu'il fallait qu'il partit, qu'illni a ordonné de partir, et cela à plusieurs reprises,
I est prouvé qu ’après la batulle, aux Bermudes, en prison, à Corbeau, partout, il a dit à qui voulait l'entendre qu’il avait ordonné à M. Papineau de partir.
Peut-on faire une preuve plus concluante ?
Comment l’accusateur a-t-1il réplique ?
Par sa parole d’honneur et celle du Dr.
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Le Dr. Kimber n’a pas dit autre chose, sinori que l’ordre n’avait pas été donné à meuf heures. Avait-1l été donné auparavant, l’a-t-1l été ensuite, il n’en ditrien. C’est évidemment de la mauvaise foi; c’est un certificat arraché à la complaisante fublesse d’un ami.
Que vaut la parole du Dr. Nelson ?
Il en a deux ; il a deux bouches ; lune disait à M. Bouchette seu/ que M. Papineau s'était sauvé, et l’autre disait à MM. Goddu, B. Viger qu’il avait ordonné à M. Papincau de partir, ct à toute une assemblée, à Corbeau : “ Celui qui dit que M. Papineau s’est sauvé à St-Denis, est un être méprisable.”
Le Dr. Nelson a dit dans une de ses récentes délations: (Minerve du 5 juin 1848). “ C’est peut-être cette lettre, donnée quatre années après le fait, qui constitue selon vous l’ordre par écrit qui vous fit partir en toute hâte, bride abattue, sur wx de mes chevaux, permettez-moi de le dire, un peu à la Sancho Pança.” M.
Mignault, l’un de ses témoins, dit de son côté, dans un afficavit publié dans la Minerve du 4 sept: 1848, no. 1064: « M. Papineau n'ayant fait remarquer qu'il m'avait pas de chevaux pour fuir, je lui offris Ze mien que je fis seller et qu’il accepta.”
Premier mensonge de l’accusateur.
Le Dr. Nelson a dit qu’il n'avait pas été élu général. Des aflidavits prouvent le contraire et il existe ençore des bons signés par le général Nelson.
Deuxième mensonge de l’accusateur.
ss ND Nous pourrions en citer encore qui font voir jusqu’à l’évidence ce que vaut la parole d’honneur d’un homme qui prétend en faire le contrepoids de quinze dépositions sous serment de personnes toutes aussi respectables que le Dr. Nelson.
Rien donc ne balance, n’atténue même la preuve écrasante de M. Dessaulles que nous avons publiée. Il est clairement prouvé que M. Papineau n’est parti de St.-Denis que sur l’ordre formel et réitéré du Dr. Nelson lui-même.
Donc M. Papineau ne s’est pas sauvé, et le Dr. Nelson s’est fait le colporteur d’une infamce calomnie.
il nous fait peine d’être obligés de flétrir un homme qui depuis longtemps “occupait une place honorable parmi nos hommes publics, nous éprouvons aussi la plus vive satisfaction de pouvoir déjouer jes trares ourdies dans les ténébres contre le premier ‘hampion de nos libertés, contre le tribun dont la voix puissante a Si longtemps fait battre à l’unisson tous Îles cœurs canadiens.
M. Papineau s’est fait le représentant d’idées larges et libérales, de principes sains, et féconds pour le peuple, qui ne pouvaient trouver d’écho dans l’étroit cerveau d’hommes lâches et arriérés. Les principes étaient inattaquables, où s’est rué avec fureur sur l’homme qui ies professait. Quel aveuglement !
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Nous ne pouvons passer sous silence laffreuse démoralisation qui a ponssé nos vandales délateurs à déchirer notre histoire et à là souiller de leur ridicule et de leurs sarcasmes plats.
Le comité central de 1837, centre et foyer de Pagitation et de la réforme, dont faisaient partie les plus éminents patriotes du pays ; ies {és de la Liberté, cette noble phalange, ce batuillon sacré, composé de jeunes gens au patriotisme pur et courageux, n’ont pas trouvé grâce sous la plume trempée dans le fiel d'écrivains qui semblent avoir pris à tâche de prouver qu’ils sont issus d’une race abatardie et dégradée.
La Minerve dans cet effroyable sa/migondis intitulé l'oncle et le neveu, qu’elle a eu le courage de dérouler sous les yeux de ses lecteurs, disait : “ Qui osera nier qu’un seul mot de M. Papineau eût arrêté les démonstrations enfastines et ridicules des fils de la liberté. les déclamations furibondes du célèbre comité centrail Ps”
La Minerve n’a plus rien à envier au Morminz Courrier. rien que la consistance. La Minerre de 1837, était l'organe du comité central et des
fils de l: :1berté qu’elle essaie de flétrir en 1848. Le vert a bien changé depuis dix ans...
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