LE PRÉSENT OUVRAGE
Pour l’accentuation des noms propres égyptiens fournis par les textes grecs, il faut, comme on sait, se contenter d'à peu près. JOUGUET m'a beaucoup aidé dans leur recherche. J'aurais volontiers adhéré aux principes abstentionnistes de F. Brass et ©. WEssELY (cf. Studien, VIT, Vorwort), mais, outre que l'œil est mal satisfait de ce procédé, l'absence d’accent, au milieu d'un texte accentué, n’a-t-elle pas, par elle-même, une signification précise? À une erreur certaine on doit préférer une erreur seulement possible.
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Le texte des enregistrements grecs des Nos 12 à 21 m'a été remis par mon savant ami PIERRE JOUGUET, en même temps que les originaux. Il à aussi vérifié et rectifié en partie mes lectures des notices grecques très cursives inscrites au verso des Nos 9 à 11. (Cest encore à lui que je dois la copie intégrale du grand papyrus grec reproduit comme complément du N°29. Ses conseils m'ont été précieux en plusieurs occasions. J'ai cru cependant ne devoir faire appel qu'avec discrétion à sa profonde connaissance de l'Égypte gTrÉCoromaine, parce que mon rôle d'éditeur ne comporte pas, de notre avis commun, une étude exhaustive des questions historiques soulevées par les nouveaux textes. La situation du démotisant est assez particulière. En matière d'histoire, sauf pour les survivances des temps pharaoniques, on peut dire, en retournant le mot du Timée, qu'il sera « toujours un enfant » à côté de l’helléniste. S'il s'engage, fût-ce sous la conduite du meilleur des guides, dans le dédale de la papyrologie grecque, il change de discipline et perd forcément le contact étroit avec l’égyptologie proprement dite. Certes, pour traiter à fond un problème intéressant les institutions d'époque gréco-romaine, il faut, comme l'écrivait MASPERO en 1904 (Revue Critique, XX, p. 116), «la collaboration constante d’un orientaliste et d’un helléniste ». Cette formule, nous sommes bien résolus, JOUGUET et moi, à la faire nôtre. (1) Mais pour une editio princeps, qu'on ne peut pas grossir outre mesure, l’égyptologue doit se contenter du rôle, modeste seulement en apparence, de traducteur exact et fidèle. S'il s'adresse aux données de l’histoire, c’est en tant que philologue et pour éclairer les obscurités de son texte. Il a rempli sa tâche en fournissant une version susceptible d'affronter la critique des démotisants et d’inspirer confiance à ceux qui ne le sont point.
Cette confiance ne se refusera pas, je l'espère, car on n'aura pas à constater des écarts considérables entre l'opinion de mes contemporains et la mienne, lorsque nous aurons été appelés à traiter de faits connexes. Le travail trop unilatéral et la polémique ont fait leur temps, dont le retour n’est pas à souhaiter. Je me plais à reconnaître le mérite et l'utilité des ouvrages dûs aux savants énumérés plus haut, et auxquels il faut associer W. Max Müzzer, J. J. Hess et FR. LexA. Si, par contre, des divergences de détail surgissent, elles sont plutôt de nature à renforcer la confiance, en montrant que, quand il y a accord, celui-ci résulte d'une véritable convergence de vues et non d’une acceptation sans critique, à l’aveugle, des résultats acquis antérieurement. C’est pourquoi je n'ai pas cru devoir atténuer. Si un certain nombre de petits manquements relevés, par exemple, dans l'édition
(1) Surtout quand aura été organisé, à Paris, l'indispensable laboratoire de papyrologie. J'ai d'ailleurs prié Joueur de rédiger, d’après les épreuves que je lui ai remises aussitôt la composition terminée, un mémoire où il
consignera son opinion sur les faits à éclaircir et qui paraîtra à part.
des papyrus du Caire, sont dûs à l'exécution d’une tâche considérable en un temps limité, n'oublions pas que le principal reproche fait à REVILLOUT était de travailler trop hâtivement et qu'on ne lui tenait pas toujours assez de compte de l’immensité du domaine défriché, dont chacun cependant savait tirer profit Moiï-même, contraint d'aller au plus pressé, je commets parfois l'injustice de citer des résultats, dûs à REVILLOUT, d’après des ouvrages plus récents et surtout mieux ordonnés que les siens. Je tiens à en avertir le lecteur. |
J'ai donc borné, intentionnellement, mon effort de documentation dans les directions excentriques. Au contraire, en tant qu'égyptologue, j'eusse voulu être aussi complet que possible, Non pas pour un vain étalage d’érudition, mais pour choisir, dans chaque cas, l'exemple le mieux approprié. $i, de ce côté, il y a des lacunes, et il y en a forcément, je les déplore, mais ne puis en assumer l’entière responsabilité, car elles résultent, au moins en partie, d’un ensemble de conjonctures si exceptionnellement défavorables que le lecteur m’excusera de ne les point passer sous silence.
Santé très ébranlée depuis la guerre, mémoire fatiguée et capacité de travail bien diminuée.
Le fait de n'avoir pas eu de maître, car la mesure prise en 1908 à l’écard de REVILLOUT et les réflexions que j'entendais, m'ont écarté de son enseignement. Pourtant, je m'en rends Compte aujourd'hui, il ne m'eût pas abusé longtemps avec du «démotique de fantaisie » ; et, quand on s'attaque à de la matière aussi peu organisée, le métier d’autodidacte peut être un bon entraînement, mais conduit à enfoncer une suite interminable de portes ouvertes, sport déprimant à la longue, sans parler du temps perdu.
Le retard et le désordre apportés par cinq années d'interruption dans le dépouillement méthodique de la littérature égyptologique. L'impossibilité d'y remédier en faisant appel à la grande expérience de G. MASPERO, dont j'avais tant escompté le retour à Paris.
Le fait de n'avoir pas hérité la moindre note de mes devanciers. N'’est-il pas stupide d'être obligé de compléter soi-même, au hasard des lectures ou en incorporant des index, son exemplaire du dictionnaire de PEYRON, ou encore de se constituer, tout seul, un répertoire onomastique, forcément incomplet dans ces conditions ?
Les difficultés, d'ordres pécuniaire et autres, empêchant qu'on se procure les livres parus à l'étranger, surtout pendant et depuis la guerre. Les seuls ouvrages allemands postérieurs à juillet 1914 que j'aie pu consulter sont mentionnés ci-après. La liste de ceux qui me manquent, et non moins aux bibliothèques publiques, dont plusieurs très importants pour la lexicographie, serait beaucoup plus longue. Tous les érudits, mes compatriotes, souffrent plus ou moins de cette situation, mais elle est encore plus pémible quand on se trouve seul en face de l’étranger, mieux pourvu.
La cessation presque .totale des échanges de livres entre collègues, quand on a, soimême, interrompu sa production, füt-ce pour le plus louable des motifs. La quantité d’ouvrages à acquérir (faute de les recevoir autrement) déterminée en raison inverse des moyens dont chacun dispose d'autre part. La nécessité, pour le démotisant, d'avoir dans sa bibliothèque les principaux livres intéressant les hiéroglyphes, le copte, la papyrologie grecque. L'impossibilité de trouver les renseignements sur la grammaire, le vocabulaire et la paléo-
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graphie démotiques, ailleurs que dans les notes et les index des grands ouvrages à planches, d'un prix souvent prohibitif.
Le fait de ne pas disposer d’un crédit d’un centime pour achat de matériel; et, comme correctif, de pratiquer et d'enseigner la spécialité égyptologique réputée la plus décevante et la moins susceptible d’être vulg'arisée, avec les plus faibles émoluments de tout l’enseignement supérieur (}/; du maximum). Enfin, titularisation retardée de toute la durée de la guerre, et agrémentée d'une surprise qui m'a empêché, notamment, de reprendre les achats de livres avant la hausse vertigineuse.
Dans de pareilles conditions de travail, d’où sont absentes, par force, et la continuité de la tradition, et la coordination des efforts, et encore d’autres choses, nul ne saurait se flatter d’être à l’abri des traquenards bibliographiques, petits ou grands. Un moyen d’améliorer mon livre eût été de le laisser sur chantier un an ou deux de plus; mais, vu le reproche de carence adressé à la science française, j'ai cru devoir adopter ce principe directeur +: faire vite.
C’est avec un sentiment sincère et profond que j'adresse ici mes remerciments à PIERRE JOUGUET, qui, voulant réserver la publication de ses papyrus à un compatriote, m'a témoigné, dès nos premières conversations, une confiance qui ne s'est jamais démentie et a contribué à cimenter une amitié solide.
M. P. GEUTHNER a bien mérité de la science égyptologique en engageant, à une époque peu favorable, les frais de cette édition.
Le manuscrit du présent ouvrage a été envoyé à l'impression le 15 janvier 1921. La correction des épreuves était terminée à la date indiquée ci-dessous.
Paris, 20 septembre 1921.
Principales
À. Z. — Zeitschrift für ägyptische Sprache und Altertumskunde B. C. H. —= Bulletin de Correspondance Hellénique B. I. F, À. O. — Bulletin de l’Institut français d’ Archéologie
orientale
Djème — Crun Er SreIxporrr, Rechtsurkunden aus Djême Erbstreit — GRADENWITZ, PREISIGKE ET SPIRGELBERG, Ein
Erbstreit aus dem ptolemäischen Agypten Grundziüge —= WILckex Et Mitreis, Grundzüge und Chrestomathie der Papyruskunde. (Quand il n’y a pas de nom d'auteur, sous-entendre : WILCKEx. Le nom d’un des auteurs, suivi d'un numéro, renvoie à la Chrestomathie)
J. À. — Journal Asiatique
abrévations.
J. E. À. — Journal of egyptian Archacology
Lagides — Boucuk-Lrcrerce, Histoire des Lagides
O. L. Z. —= Orientalistische Lateratur-Zeitung
Pap. Mag. — Grirrira Er THoMPsoN, The demotie magical papyrus of London and Leiden
P. $. B. À. — Proceedings of the Society of biblical Archaeo-
logy Recueil — Recueil de Travaux (Égypte, Assyrie) Rylands — Grirrrrn, Catalogue of the demotie papyri èn the
Rylands library (tome III) Sax Nicoro — —, Agyptisches Vereinswesen zur Zeit der Ptolemäer und Rüômer
Urlrunden —= Urkunden des ägyptischen Altertums.