SCÈNE VIII
comptant à très bon marché, et en nous prêtant quelquefois cent pistoles dans le besoin , dont il tiroit des billets de mille écus.
Mme piHUin.
Mais vraiment , c'est un usurier que ce marchand-là.
FRONTIN
Un usurier? Oh! parlez mieux ; c'est bien un fripon , madame Pinuin.
• Mra« PINUIN.
Et ton maître veut épouser la fiHe.d*un fripon?
FRONTIN
Le père est un fripon , mais la fille est un bon parti : ces sortes .de maria(];es ne sont pas sans exemple.
Mme PINUIN.
Mais que puis-je là-dedans, moi ?Quel est l'emploi que tu me destines?
FKONTIN.
Celui d'apprendre à la petite fille que mon maître est amoureux d'elle.
Mme piii)UIN.
Comment ! elle n'en est pas informée ?
FRONTIN
Non , mon enfant : on ne s'est encore fait que des mines de part, et d'autre; et, outre que nous ne savons pas bien si' elle entend les -nôtres, nous
a^ LES CURIEUX DE COMPIÈGNE.
fie comprenons pas trop ce que les siennes si|;iiî*
fient*
lime piNUin.
Quoi ! vous n*ayez pu menacer un moment de conversation, trouver le moyen de rendre un billet?
FHOHTIH.
Non. La mère est un diable qui ne la quitte pas ; c*est une de ces bourgeoises de la vieille roche, unepie-(rriéclie,un dragon surveillant, qu'il n'y a pas moyen d'endormir , et que tu auras peine à tromper toi-même, quelque talent et quelque expérience que tu aies.
lime PIN U 19.
Il faudroit donc que cela fût bien difficile.-