ACTE III, SCÈNE IV. 3o
lOUlSOtï.
n 1611 est tout transporté. Monsieur de Lëpine ëtoit-il de même quand il a su...
COLETTE
Je n ai jamais vu personne si ravi.
MAROTTE
Quoi ! monsieur Giflot neTétoit pas encore da- Tantage?
COLETTE
Davantage? non: cela ne se peut' pas; mais c*étoîttoutde même. Allez, je vous réponds d'eux, répondez-moi de Biaise.
LOtlSON.
Tout cela est le pluâ beau du mohdé ; mais que nous servira-t-il de les aimer et d'en être aimées? ^
COLETTE
Dame, je ne sais.
WTAnOTTE.
Tu di^ois tantôt que nous ne manquerions paft d'expédients.
COLETTE
Oui; mais j'ai Tesprit bouché, je ne sais pas pourquoi.
LOUisoir.
J'ai beau rétér, le mien l'est aussi.
So4 LES TROIS COUSINES.
MAROTTE
Ma mèrQ et mon oncle ne consentiront jamais à ces maria{][es.
Oh ! je ne crois pas : il fa adroit de fortes raisons pour les y résoudre.
LOUISON
Si le pélerina{]^e de Biaise pouvoit produire ces fortes raisons-là, ma sœur?
' mahotte.
Oui, les pélçripages sont bons à bien des choses
COLETTE
Qu'est-ce que c*est qu| ce pèlerinage de filaise?
L OUI SON
Un petit voyage qu'il va faire avec je ne sais combien de filles et de garçons du village.
COLETTE
Comment! Biaise s'en va? il me quitte, ma cousine?
MAROTTE
Non, il ne te quitte point; au contraire, il dit .que le pèlerinage en vaudroit beaucçup mibux, si vous vouliez le faire ensemble.
COLETTE
Moi, m'en aller avec un hoi^me?
AC tlâ m, SCÈNE IV. 3o5
ly'dtTTSOti".
- Kbils* lui 4rô&s frùtnk éet»\ë perâftadèf^
• 'COEfiTTB. ■:'■ '
Vous ne mêle persuaderez point.VoyèX leb^aii conseil !
AÉAROTTE^
Gomment , le beau conseil? Je lui ai répcmâa que tu le suivrois , iHoi.
ddLETTK.
Mais cela est foi^t iiâpeftinent, fbri tidicttlei et vous me feriez passer...
LOUiaON.
Vfe te fàohtf point, cousine; il ti^f a qo'a n'eit fîehfaii^.
COLETTE
Le bel esprit ! dochMft* eOÈBfme ça des paroles , m*cngager malgré moi datis des démafchë^...
Quand est-ce qu'ils partent?
MAft01"ï«i
Dès àùjourd'feiti peut-éire^. * ' éotETTE.-
Dès aujourd'hui î Voué ne demanderiez pas firietn qàedfe*Qié» faire faire lïn pas comme cduilàp«^ai'vo«i^ ^riiéH}tiei^. JesiÂs -dans une colèsc*.. Oh! je vous le reva^dra»^ vcws me le paierez , et
je m'en vengerai-.'
3o6 LES THOI^ COUSINES.
LOUISON
Eh bien ! là, venge-toi, et ne fais point tanc de bruit : tu n'as qu'à eu dire autant à monsieur de Lépine ; cela est bien difficile !
MAROTTE
A monsieur de Lépine , et à monsieur Giflot aussi.
COLETTE
Fort bien : vous tiendriez toutes deux les paroles que je donnerois, je le vois bien.
MAROTTE
Oh! pour cela, oui; j'ai plus de cœur que toi; et si Ton se mêloit pour moi de quelque affaire, on n*en auroit pas le démenti , je t'en réponds.
LOViSOtl.
. On ne fait rien que pour lui faire plaisir, et on en a le désagrément, voyez?
COLETTE
Mais , vraiment , vous n y songez pas : aller en pèlerinage comme cela, c*e8t se faire enlever.
MAROTTE
Non, point du tout: je le,crQyois d*abord; mais Biaise nous dit que ce n'eât. qu'un voyf^ge.
COLETTE
Oui , un voyage avec des garçoBS l