‹ Par: composé des tragédies, comédies et drames des auteuers du second ordre (volume 2)Chapitre 30 sur 254 · SCÈNE XV · texte numérisé non relu

SCÈNE XV

ANGÉLIQUE

Est-il possible?

H. MOUFLARD

It faut bien que cela soit ; car, de quelque côté que nous allassions, j*entendois toujours : Tirez^ bourgeois. Fi les vilains, A la boutique. Gela n est point plaisant à essuyer , au moins.

M»ne VA LES TIN.

Non vraiment ; cela est fort ridicule.

M. MOUFLARD

Et les maudites hallebardes! Ah! les vilaines armes, madame Yalentin, les vilaines armes!

ANGÉLIQUE

Vous enparoissez bien mécontent : seriez-vous blessé ?

M. MOUFLARD

Non pas dangereusement ; mais ces brutaux de sergents ne croient que vous faire si(];ne de vous ranger, et ils vous assomment.

MHie VA LENTIN.

Allez, mon pauvre monsieur Mouflard , vous en voilà quitte à bon marché.

M. MOUFLARD

Ah ! ce qui me chagrine le plus, c*est le cousin et le beau-frère, que j'ai persécutés pour faire le voyage , et qu'on a mis en chemise : leurs femmes ne roc pardonneront jamais.

ANOÉLlQtJfi.

On les a mis en chemise ?

M. HOUFLARD.

Oui. Nous nous sauvions de réQimetit en réQÎ^ ment, pour éviter le tumulte et le scandale; il est désa^éable de se faire des affaires avec une armée, voyez<>vou8.

MWe VAtEHTlN.

II faut céder à la force ; tous avez raison.

m. MOUFLARI».

En chemin faisant nous sommes malheureusement tombés dans un diable de bataillon, ^^^^^^ les officiers étoient à pâu près vêtus comme ces deux messieurs.

ANGÉLIQUE

Gela vous devoit faire respecter.

M. MOUPLAHD.

Gela a fait tout le contraire : quatre grands pei> dards de soldats leur ont fait une querelle d'Allemand, sur ce qu*iis ont contrefait les habits uniformes du régiment ; ib les ont dépouillés en un clin d'œil , et on les a mis au drapeau pour vingt-quatre heures.

M"* VALElfTIN.

Mais cela ne se fait point : il faut aller s'en plaindre pi y a bonne justice.

aCÈNE XV. 4$

M. MOUFLARD

n faut s'aller plaindre? Se plaindra qui voudra: pour moi*, je pars demain, et de grand matin cuéme. Jusqu'au revoir , niesdamed.

ANGÉLIQUE

Nous nous retrouverons à P^is, monsieur Mouflard.

M. MOUFLAan.

Oui , mais nous ne nous retrouverons] amais au camp , sur ma parole^. Ali ! la vilaine chose qa*une revue ! la vilaine chose ! je n*en verrai de ma vie^ pas même à la plaine de Grenelle.

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