SCÈNE ¥. Bg
M»* AGATBE.
Je sais bian cju'ilfl d« s'aimont gpière ; mais ça »e fait rien : une feihme a beau ne pas se soncier de SOB mari, elle aime toujours bian mieux qa*il soit mort, que non pas' qu'il en ëpouse d*atttres.
.LépINE<
Mais éte»-Yous bien sûre de cette nouvelle-là , madame Agathe ?
M">e.AGATRK.
Si j*en suis sûre l C*est le cousin Vincent qui me Va dit. n revient de Nemours, comme vous savez.
LÉPIME.
Ëhbien?
M">* àGATHE.
£b bien ! il a trouvé là le meunier, qui s'est fait rat de cave. Ils ont joué bouteille à la boule ensemble, et en la beuvant le meunier lui a tout conté : qu'il est amoureux de la fille du cabaretier; qu'il y a trois ans que cet amom>-là lui trotte dans la cervelle; et comme il n'aime point madame Julienne, et que madame Julienne ne l'aime point , il a trouvé à propos de devenir veuf sans qu'il inourût personne , et de se remarier en survivance.
LÉPlIfE.
Gela est fort commode ; mais le meunier est
fort indiscret.
M»» AGATHE
Oh ! il a bian recommandé le secret au cousin : aussi le cousin ne l'a dit qu*À moi, je ne Tai dit qu à vous, je ne le dirai plus qu'à la commère Julienne*
LÉPISE.
Et je n'en ferai confidence qu'à trois ou quatre de mes amis, moi.
M»" AGATHE
Priez-les bian de n'en point parler, monsieur de Lëpine. Je meurs d'impatience de le conter à la commère. Il est bon qu'elle prenne un peu l'avis de sa famille là-dessus, et je crois qu'il ne seroit pas mal de faire avertir celle de son mari: qu'en dites-vous?
LÉPIME.
Oui, oui, vous avez raison : un secret est bien entre vos mains , madame Agathe.
3I">« AGATHE
Oh 1 je ne manque, ni de discrétion, ni de jugement, ni de conduite. Je ne vous dis pas adieu ^ monsieur de Lépine.