SCÈNE
LE PRINCE
L'excès da désespoir semble calnoer mes sens. . .
Qael repos! moi, des fer«! ô doaleur! ô tourments!
Sultane ambitiease, achêYe ton ouvrage :
Joins pour m'iusassiner l'artifice à la rage :
A ton lâche visir dicte tous ses forfaits.
Le traître ! avec quel art, secondant tes projets.
De son récit trompeur la perfide industrie
Du sultan par degrés réveiUoit la furie!
Combien de ses discours l'adroite fausseté
A laissé, malgré lui , percer la irérité !
Ce peuple coDStemé , ce ailenoe , cei lanpes
Qu'arrache ma disgrâce aux publiques alarmes ,
Ce deuil marqué du sceau de la religion,
C*étoit donc le signal de la rébellion 1
Hélas ! prier, gémir, est-ce trop de licence?
Est-on rebelle enfin pour p\euTet VV^aocsc^k.^'^
i44 MUSTAPHA ET ZÉANGIR. k
Et le sultan le craint ! Il croit , dans son erreur , Aller d'un camp rebelle apaiser la fureur !
Il verra leurs respects dans leur sombre tristesse; On m'aime en chérissant sa gloire et sa vieillesse. Suspect dans mon exil , noirci', presque opprimé , A révérer son nom je les accoutumai ; Son fils à ses vertus se plut à rendre hommage : Que ne m*a-t-il permis de l'aimer davantage ! On ne vient point : ô ciel ! on me laisse en ces lieux, En ces lieux si souvent teints d'un sang précieux. Où tant de criminels et d'innocents peut-être , Sont morts sacrifiés aux noirs soupçons d'un maître ! Que tarde le sultan? S'est-il enfin montré?
A-t-il vu ce tumulte , et s'est-il rassuré ?
Fit Zéangir! mon frère! O vertus! ô tendresse! Mon frère ! je le vois, il s'alarme , il s'empresse ; De sa cruelle mère il fléchit les fureurs; Il rassure Azémire, il lui donne des pleurs.
Lui prodigue des soins , me sert dans ce que j'aime : Une seconde fois il s'immole lui-même.
Quelle aiideur enflammoit sa générosité, En se chargeant du crime à moi seul imputé !
Quels combats ! quels transports ! Il me reiidoit mon père: C'est un de ses bienfaits , je dois tout à mon frère. rs'oii, le ciel, je le vois, n'ordonne point ma mort ; Non : j'ai trop accusé mon déplorable sort ; J'ai trop cru mes douleurs, tout mon cœur les condamne; Je sens qu'en ce moment je hais moins Roxelane. Mais qne\ bruit ! Ah ! du moins... Que vois-je? le visir! Lui, dans un tel momentWuV^Àawste^VwjviLv".