ACTE V, SCÈNK V. i5i
Tout mon cceur s'écrioit : vous me rendez mou fils ! Stpoor des jours si chers quand je suis sans alarme:», Qaand j'apporte en ces lieux ma tendresse et mes larmes...
ZBANOiRy hors de lui, et ^adressant à Roxelane. Cest yooB dont la fureur Tégoiige par mon bras; Vous dont Fambition jouit de son trépas ; Qui y mr tant de vertus fermant les yeux d'un ]>ère , L'aroi fiût nn moment injuste, sanguinaire...
Pardonnei, je yous plains, je vous chéris... Hélas! Je oonnoU votre cœnr, vous n'y survivrez pas. Cest la dernière fois que le mien vous offense :
{regardant sa mère. ) M(m soj^ilioe finit, et le vôtre commence.
(// sa tua sur le corps de son frère, )
SOLIMAN
O comble des horreurs !
ROXELANE
o transports inouïs !
SOLIMAN
o père infortuné !
ROXKLAMB.
Malheureuse! Mon fils.
Lui pour qui j'ai tout fait ! lui, depuis sa naissance ,, De mon ambition l'objet, la récompense \ Lui qui punit sa mère eu se donnant la mort, Par qui mou désespoir me tient lieu de remord \ Pour lui j'ai tout séduit, ton visir, ton armée ; Je t'effrayois du deuil de Byzancc alarmée ; De ton Aïs en secret j'excilois les soldats ;
i5i MUSTAPHA £T ZÉA,If«IR.
Par cet ordre surpris tu signois son trépat r
Je forçois sa prison, sa perte étoit certaine.
L'amitié de mon fils a devancé ma haine.
Un Dieu vengeur par lui prévenant mon
Le musulman le pense, et je le crois enfin,
Qu*une fatalité terrible, irrévocable.
Nous enchaîne à ses lois,/le son joug nous aocaUt;
Qu'un Dieu , près de fabyme o& nous deront périr.
Même en nous le montralit, nous force d'y courir:
Xy tombe sans efiroi; j'y brave sa colère.
Le pouvoir d'un despote , et les fureurs d'un pare.
Ma mort...
( Elie fait un pas vers son fils. )
SOLIMAN
Non : tu vivras pour pleurer tes forfaits , Monstre. De ses transports prévenez les effets; Qu'on l'enchaîne en ces lieux, qu'on veille «ur sa rie. Tu vivras dans les fers et dans l'ignominie , Aux plus vils des humains vil objet de mépris» Sous ces lambris affreux teints du sang de ton fils. Que cet horrible aspect te poursuive sans cesse; Que le ciel , prolongeant ton obscure vieillesse, T^abandonne au courroux de ces mânes sanglants; Que mon ombre bientôt redouble tes tourments , Et puisse en inventer de qui la barbarie Égale mes malheurs , ma haine, et ta fiirie!