SCÈNE V
BETTI, BELTON, MYLFORD.
MYLFORD, à Belton.
Je quitte Arabelle, et je vais vous instruire... B ETT I , à Mylford.
Aimes-tu Bel ton ?.. .
MTLFOBD.
Oui.
Bon! il vient de me dire Qu'il n'a point d'or...
BELTON, à M^/^rc^. •
O ciel! oseriez-votts penser!...
MYLFORD.
Par un vain désaveu craignez de m'ol^nser.
Vous connoissez mon cœur, mes sentiments , mon zélé
Je sais l'heureux devoir d'une amitié fidèle ;
aa LA JEUNE INDIENNE.
Tout mon bien est à vous.
BELTOif, bas, à BetU.
A qaoi me rédiii»-tu !
BETTi,àBe/ton.
Mais il t'offre son or; que ne le reçois-tu?
{àMylfbrd.) Nons ne prendrons pas tout.
BBhTOW y à Mylford.
Souffrez que je^l'instruise {à BetH,) U se fait tort pour moi : son cœur le lui déguise. Il m'offre tout son bien : je dois le refuser, Ou de son amitié ce seroit abuser.
Cette offre où quelquefois un ami se résijg^ne , Quand on l'ose accepter, on en devient indigne.
Quoi! l'on rejette ici les dons de l'amitié?
BELTON.
Souvent qui les reçoit excite la pitié.
BETTI.
Je ne vous entends point. Si chez tous la parole Ne présente aucun sens, c'est donc un bruit frivole? Des cris dans nos forêts parloient plus clairement Que ce langage vain que votre coeur dément.
Quoi ! /u veux que les dons puissent être une tache? Que sur qui les reçoit quelque opprobre s'attache? Que la main d'un ami ?... Non , tu t'es abusé ; J'en suis sûre. Jamais je ne t'ai méprisé.
MTLFORO.
BeitoD, vous entendez la voix de la nature.