SCÈNE VI
BELTON, MYLFORD.
MYLPORD.
Enfin tout est conclu.
Je suis sûr d'Arabelle , et son cœur m'est connu. Sa réponse pour vous est des plus favorables. •> Ces nœuds, a-t-elle dit, me semblent désirables. •> Mon cœur depuis six ans à Belton fut promis; « Mes yeux ont vu Belton, et ce cœur s'est soumis. « Je déplorois sa mort, le ciel nous le renvoie ; •> Mon père a commandé , j'obéis avec joie. » Mais de cet air chagrin que dois-je enfin penser? L'amitié doit savoir...
BELTON.
Ah ! c'est trop VofCetact.
i4 LA JEUNE INDIENNE.
Connoissez mon état. L9 jeune infortunée.
Compagne de mes maux, en ces lieux amenée...
L*homme est fait pour aimer. J'ai possédé son cœur : Daos un climat barbare elle a fait mon bonheur. Non , je ne puis trahir sa tendresse fidèle.
Elle a tout fait pour moi.
MYLFORD.
Vous fierez tout pour elle.
Il m'est doux de trouver mon ami généreux; Maûs mon premier désir est de vous voir heureux. De l'hymen d'Arabelle observez l'avantage; Observez que déjà vous touchez à cet âge Où pour un état sûr votre choix arrêté Doit vous donner un rang dans la société.
Pour vous par cet hymen la fortune est fixée. Et de tous vos malheurs la trace est effacée. .
Je le sens : vos raisons pénétrent mon esprit. Sans peine il les admet; mais mon cœur les détruit. Qui, moi? trahir Betti ! la rendre malheureuse ! Je n'en puis soutenir l'image douloureuse.
Hélas ! si vous saviez tout ce que je lui dois ! Mais qui peut le savoir?... Cest elle; je la vois. Le remords à ses yeux m'agite et me dévore.