GOTTE, LA MARQUISE, LAFLEUR
(JLa marquise tire son miroir de poche; elle regarde si ses cheveux ne sont pas dérangés^ si son rouge est bien, )
LAFLEUR, après avoir fermé la fenêtre , parle à r oreille de GotiCy et finit en disant:
Je l'ai vu.
GOTTE
Ah! madame, voilà bien de quoi vous désennuyer. Il y a une dame enfermée dans Tappartement de monsieur le marquis.
LA MARQUISE
Qu est-ce que cela signifie?
Parle , parle : conte donc.
LAFLEUR
Madame... ( J Gotte, ) Babillarde.
LA MARQUISE
Je vous écoute.
LAFLEUR
Madame, pariant par révérence.
LA MARQUISE
Supprimez vos révérences.
•xî>
LAPLEUR.
Sauf votre respect, madame.
LA MABQUISB.
Que ces geus-lh sont bétes avec leur respect et leurs révérences ! Ensuite?
LAFLEUR
J*allois , madame , au bout du corridor, lors* que, par la petite fenêtre qui donne sur la terrasse du cabinet de monsieur, j*ai vu, comme j'ai l'honneur de voir madame la marquise...
LA MAUQUISE.
Voilà de fhomieur à présent. Eb bien! qo'avei-vous vu?
LAFLETJR.
J'ai vu, derrière la croisée du grand cabinet de monsieur le marquis, j'ai vu remuer un rideau, ensuite une petite main , une main droite ou une main gauche: oui, c'étoit une main droite, qui a tiré le rideau comme ça. J'ai regardé ; j*ai aperçu une jeune demoiselle de seize à dix-kuit ans : je n'assurerois pas qu'elle a dix-huit ans ; mais elle en a bien seize.
LA MARQUISE
Et... Étes-vous sûr de ce que vous dites?
LAFLEUB.
Ah! mndamr, voudrois-je...