‹ Par l'Occident à l'Extrême Orient [microforme]Chapitre 33 sur 57 · LA MURAILLE DE LA CHINE · texte numérisé non relu

LA MURAILLE DE LA CHINE

Quand les steamers de la Compagnie du Pacifique ont fait escale à Kobé et passé la Mer Intérieure, à une journée de distance de Nagasaki, à travers les eaux troubles de la Mer Jaune se montre une ligne brune et basse, l’arête extérieure, la DE YOKOHAMA bordure la plus éloignée de cet ancien et mystérieux eh continent asiatique ; le véritable Cathay. Plus près encore, les arbres se montrent sur l’eau comme par un mirage, puis des mâts de navires et des traînées de fumée annoncent la rivière invisible déroulant ses méandres derrière ces arbres. Des jonques avec leurs voiles brunes lacées passent, de grands yeux peints sur leurs avants, car “Si je n'ai point d'œil, comment pourrais-je voir?” et leurs équipages malpropres, au visage martial, porteurs de la queue traditionnelle, surgissent des litières de nattes et de bambous. Le long des rives se trouvent des villages aux murailles hautes, et les buffles aquatiques à la peau lisse se vautrent dans la boue qui les entoure. Les champs sont tellement parsemés de tombes rondes en forme de four qu’ils ressemblent à un gigantesque village de chiens de prairie, dans lesquels les travailleurs sont disséminés partout.

Les leviers de la station de signalement à l'embouchure du Yangtse- Kiang s’agitent, le télégraphe annonce la nouvelle de l’arrivée du navire à Shanghaï, et bientôt les chaloupes se détachent pour le rencontrer à la barre de Woosung. Ceci est la Barrière Céleste, que les Chinois ont rendue plus effective que jamais, durant la guerre avec la France en 1884, en submergeant des jonques chargées de pierres dans les chenaux, à l'exception d’un seul, fort étroit et peu profond. Il y a vingt ans un chemin de fer circulait de Woosung à treize milles de Shanghaï, mais les Chinois l’achetèrent à un prix fort élevé, brisèrent les rails et les jetèrent avec les locomotives dans la rivière.

Approchée de la rivière, la colonie étrangère, la plus importante de l'extrême Orient, la métropole commerciale du Nord de la Chine présente une apparence imposante, Les constructions massives en pierre d’une hauteur de six étages s’alignent SHANGHAI. le long du Bund, et les constructions variées et imposantes des consulats allemand et japonais sont aligné:s du côté de Hong-Kew, l’ancienne colonie américaine. De l’autre côté du pont jeté sur la crique se trouvent les jardins publics, le parc entourant le consulat britannique et le centre commercial de la cité. Plus loin, en face du pont, se trouvent les quais et les rues du quartier français, dont les enseignes bleues et blanches placées au coin de chaque rue semblent être des coins de Paris même.

L'hôtel Astor et l'hôtel des Colonies sont les principaux de la ville. Le Club est situé sur le Bund, dans le quartier anglais, et il y a le Country Club à quelque milles de distance sur la route du “ Bubbling Well,” auquel les dames sont admises aussi bien que les hommes, où toute personne appartenant à la société se rend en été pour jouer à la paume, aux bals de l'après-midi, aux représentations et aux bals de la saison d'hiver. Les courses du printemps et de l’automne organisées par le Jockey Club attirent les foules de tous les endroits, et de grandes sommes d'argent changent de propriétaires. La vie sociale à Shanghai est formaliste, exigeante, élaborée et extravagante,

Les principaux points d'intérêt et les théâtres peuvent être aisément visités en un jour. Quelle que soit l'amitié qui puisse exister, ou combien puissantes les lettres d'introduction, ne demandez jamais à un résident d'un port chinois de vons accompagner pour visiter une des villes habitées par les indigènes ; ni ne lui parlez d'excursion après. Le résident vous dira peut-être qu'il n’a jamais mis les pieds dans la partie chinoise de la ville ; ou, qu’il y est allé une seule fois, il y a de cela dix ou vingt ans. Son “ compradore ”’ ou domestique vous trouvera un ami, ou un cousin obligeant, pour vous servir de guide. Entrant par la porte du nord, à l'extrémité de la colonie française, le voyageur peut se faire conduire par une de ces brouettes à voyageurs et se faire rouler autour des murailles à la porte ouest ou sud; puis rentrer à pied dans la ville par la porte nord. Il pourra voir des rues remplies de

magasins de soieries, de fourrures, de porcelaines et autres objets, et un tel fourmillement dans des rues d'une largeur de sept pieds et dans les ruelles adjacentes, pour appuyer la véracité d’un recensement accusant une population de 400,000 habitants. Il devra visiter aussi le Club des Mandarins, ou jardin à thé, la corporation des bijoutiers, où se tiennent des ventes publiques continuelles, et le temple situé au milieu d’un étang serpentant qu'on peut atteindre par nombre de ponts tortueux, le véritable paysage aux saules immortalisé et reproduit sur les dessins et les modèles. Autour de l'étang il peut voir des jongleurs en plein air, des diseurs de bonne aventure, des conteurs, des raccommodeurs, des barbiers et des dentistes exerçant leur métier, et le bruit étourdissant des voix, et la foule bientôt l’attire.

Dans la ville étrangère, il y a de beaux magasins sur la route de Honan et de Maloo.

Il y a un théâtre chinois dans le quartier près des murs de la ville, et un grand déploiement de riches costumes est la seule chose intéressante dans ces drames assourdissants. Nombre de Chinois ke Ds ee préfèrent résider dans cette partie du EL COUR quartier français, où ils sont sous la jurins diction des lois étrangères et taxés 1 équitablement, et où les délits sont li soumis à la juridiction d’une cour mixte,

Le NES // laquelle est composée d’un magistrat

ANA: — chinois et de deux membres du corps

é consulaire. Les Chinois riches des provinces reculées, de même que ceux de Shanghaï, viennent y

| : dépenser leur argent.

AU. Ness 2 SR 1 Les trois promenades de Shang- DER er He ; haï sont : au chemin de la Source d Bouillonnante et retour, au chemin

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