SCÈNE SIXIÈME 2t
HECTOR
Comment! vous ne voulez pas? mais je l'exige, moi, mais vous ne voyez donc pas qu’il faut que je me venge, que je lui fasse subir la peine du talion, dent pour dent! œil pour œil! femme pour femme! vilebrequin pour vilebrequin!
EMMA
Mais, monsieur.
HECTOR, marchant sur elle.
Ah! venez, madame, venez à la fenêtre, que jevous serre entre mes bras, que je vous couvre de baisers, que je vous fasse la cour, enfin !
EMMA, reculant, un peu effrayée.
Ah çà ! vous êtes fou! Mais qu’est-il donc arrivé ? HECTOR, allant à la fenêtre.
Quoi! Vous ne voyez pas que ma femme me trompe, qu’elle est avec votre mari... avec votre Alcibiade ?
EMMA
Votre femme! Vous voulez rire, je crois!
HECTOR
Ah! oui! je veux rire... Comme si je n’avais pas reconnu sa robe |
EMMA
Sa robe! Non, vous perdez la tête... Cest la nouvelle femme de chambre.
HECTOR
A d’autres! Madame! J’ai des yeux, je crois ? EMMA.
Mais, je vous assure! une nommée Rose que vous devez bien connaître, puisqu'elle sort de chez vous.
Rose ? Comment |! mon ex-femme de chambre?
PVC RETIENS TER
Lin ae
LA D Rd 2 PAR LA FENÊTRE EMMA.
Mais, oui.
HECTOR
Est-il possible ? quoi! Ce serait 2...
EMMA
Elle-mème, et, comme je n'étais pas là, c’est mon mari qui l'a reçue, voilà tout! Etes-vous convaincu maintenant !
HECTOR, s'asseyant près de la table.
Ah ! madame, quel poids vous m’ôtez | EMMA.
Et voilà comme vous devenez jaloux, vous autres hommes! Comme cela, sans raison.
HECTOR, se levant.
Maïs, madame, cette robe.. à cette femme de chambrel... Ah! mais, au fait, je me rappelle! mais oui, ma femme la lui avait donnée... (Retombant assis.) Oh ! madame, comme c’est bon ! C’est comme si l’on vous versait de la gelée de groseille sur le cœur... Et ma pauvre petite femme que je soupçonnais!.. Oh !comme je vais lui demander pardon !
EMMA
Et vous aurez raison, monsieur! Tenez { c’est ce qu’a fait mon mari |... et j’ai pardonné.….
HECTOR
Alors, vous ne vous vengez plus ?
EMMA
Moi, oh! non, certes! mais, vous savez, il nous a vus | :