‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableauxChapitre 52 sur 120 · céleste journée · texte numérisé non relu

céleste journée

joie! Il vit, Guido! Qu'importe mon trépas Désormais ! La revanche avec moi ne meurt pas. Ah! la main de Guido, sur moi qu'elle se lève, Et je la bénirai, puisqu'elle tient le glaive!

68 PAR LE GLÂIYE

Oui, ce que veut Guido, c'est juste. Il est vivant! Je suis prête, (a. strada.) Tu peux me tuer. Non, avant, Laissez-moi tout vous dire enfin (je serai brève), Dire ce que j'ai fait, pour quel but, dans quel rêve. Gomment j'ai dû mentir à mes vœux parjurés... Oh ! n'est-ce pas, vous tous, vous le lui redirez. Qu'à cet ignoble sort je n'ai pu me soustraire...

(Elle Tient s'agenouiller devant le moine, fait le signe de la croix, puif oommeDM

sa confession à Yoix monotone.)

Voici! Guido passait pour mort. Restait son frère, Rizzo, pauvre petit enfant, espoir sacré.

Seul vengeur. Et Conrad disait : c Je le tûrai, Si vous n'acceptez pas... » Conrad m'aimait.

(Le moine fait an geste d'horreor.)

J'abrège.

Oui, je vois, je vous fais horreur. Qu'ajouterais-je? Je dus choisir. C'est pour Rizzo, c'est pour lui seul, Pour conserver ses jours, que j'ai, comme un linceul| Mis sur mon traître front ce voile d'épousée.

LE MOINE, aanglotant.

Oh! ohl

RINALDA

Tu pleures, moine ! divine rosée Qui rafraîchit mon âme et qui lave mon front I Oh ! ses larmes aussi, n'est-ce pas, couleront, A lui, quand il saura reffroyable martyre?

Moine, moine, il le faut, il faut le lui redire, Pour que, morte, à mon front souillé par ce bandeau

(Elle arrache sa coiftare ds

Je sente ruisseler les pleurs de mon Guido !

GUIDO, renTersant ta cagoule de moisii.

Binakla!

6ALÉA8, à mnék.

Tu savais.,.?

AGTE DEUXIËMS 8TRÂDÂ

Non!

RINALDA, stupéfaKa, égaré*.

Toi! c'est toi!

(Elle se jette sur la poitrine de QoiiJkk) GUIDO

Mon ftmeS

U la bUeelaa front éperdument.)

£t moi, moi, malheureux, qui la jugeais infâme!

Non, Yois-tu, non, c'est faux. Je doutais seulement.

C'est pourquoi, profanant un divin sacrement.

Sous ce froc, j'osais.... Ah! pardon!.... Moi, douter d'elle 1

Moi, penser que ton cœur pouvait m'être infidèle !

Ton cœur, dont j'avais eu le premier battement I

Ton cœur qui m'avait dit : Je t'aime!

RINALDA

Oh! longuement Parle encor, mon Guido, parle. Sous tes paroles Le printemps de mon cœur a rouvert ses corolles. Il me semble être au jour de nos lointains aveux. Quand ton souffle embaumé caressait mes cheveux. Quand je posais mon front sur ta poitrine en fièvres, Quand ton baiser...

GUIDO, ee penchant pour lui baiser la booohe.

Mon cher amour !

RINALDA, s'éoartant d*un bondL

Non, pas mes lèvres!

Horreur 1

GUIDO

Ma Rinaldal

ji"

RJN:ALD^

L'autre. Haï .

(Elle s'êssnie la bouche avec dégoût.)

J'appartienè A cet autre, à lui!... Va, tu dois me tuer. Tiens, Frappe. '

(Elle court à lui.) ' <

GUI DO, effaré.

RINÀLDA

Pîon, tu n'as pas ce courage I

(A Strada, puis à G aléas.)

Mais toi, mais toi! Vous deuxl Achevez votre ouvrage. Pourquoiie laissez-vous lâchement à moitié?

Tuez-moi, tuez-moi, tuez-moi, par pitié!

<EUe te laisse choir, à gauche, agenouillée, la tête sur on escabeau comme, for.

un billot.)

BIANCA, pleurant.

Pauvre femme!

GUIDO, sanglotant.

Oh!

STRADA

Debout, martyre que j'envie!

/ous n'avez pas le droit de déserter la vie.

Debout! Car c'est à vous qu'on doit dire en effet : Achevez votre ouvrage, ou vous n'aurez rien fait.

RINALDA, toujours à genoux.

Que.*? Que dit-il? J'ai peur. Par quel nouveau supplice...?

STRADA

Je dis que chez Conrad il nous faut un complice. Au poste de combat que vous avez choisi On a besoin de vous encor. Retournez-y I

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