SCÈNE IV RINALDA, CONRAD
G N R A D I courroucé, à Rinalda qui rentra.
Rinaldal
RINALDA
Quoi! faut-il que cela vûus irrite?
Un enfant!
CONRAD
Ah ! d'ailleurs, j'ai ce que je mérite.
Si par vous à la haine il est bien enseigné, La faute en est à moi, de l'avoir épargné.
C'est moi qui par faiblesse, en cédant à vos larmes. Pour me frapper un jour vous ai fourni ces armes. J'aurais dû... Je devrais même encore aujourd'hui...
RINALDA, passant à gauche vers le fauteuil.
Seigneur, vous oubliez qu'on a payé pour lui.
CONRAD
Ah! oui! Payé!., c'est vrai. Toujours ce mot! J'oublie, En effet, que ce n'est* pas l'amour qui vous lie. Ni la reconnaissance, oh non ! mais un marché.
RINALDA, assise.
C'est le mot. Mais par qui me fut-il arrachéi
Par qui, par quels moyeas, l'abomiaable pacte; : Pareil à ceux qu'avec les brigands on contracte, Et qu'ils vous font signer au bord du grand chemiu. Un poignard sur la gor^^C; en vous tenant la maia?
CONRAD
Non. Votre vie, à vous, n'était pas menacée.
D'ailleurs, j'ai respecté longtemps la fiancée De Guide. J'attendais. Insensé que je fus !
Tant qu'il était vivant, j'admettais vos refus. 11 mourut. Votre cœur pour moi restait de glace. Alors, fou, criminel... Ah! qui donc, à ma place. Pouvant vous conquérir epfin, ne l'eût pas fait? Eh bien! soit! Le moven fut infâme en effet.
Oui, j'ai mis cet enjeu sinistre sur la table : Les jours de Bizzo. C'est un pacte épouvantable. Oui; mais puisque le prixYOUS en était connu, Le pacte étant signé, je veux qu'il soit tenu.
RINALDA
Je l'ai tenu. Je suis à vous.
CONRAD
Non, je réclame.
Ce n'est pas le corps seul que j'exige; c'est l'âme»
RINALDA
Le pacte ne dit pas que je vous dois cela.
CONRAD
Je n'ai rien si mon droit ne va pas jusque-là.
L'âme est libre. On ne peut lui faire violence.