‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableauxChapitre 88 sur 120 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

Malgré les ouragans dont notre vie est pleine. Comme j'entends tout bas palpiter ton haleine A travers le fracas du torrent menaçant Qui sous cette fenêtre écume en rugissant?

Oui, l'avenir est noirl Mais, les paupières closes» Du passé radieux cueillons les jeunes roses!

(Elle s'assied.)

Nos devoirs, nos terreurs, demain, quand tu voudras,

(Il s'assied auprès d'elle^

Nous en reparlerons. Mais, ce soir, dans mes bras Je veux te retenir comme autrefois, tremblante. Te dire des mots doux» d'une voix basse et lente. Sentir mon souffle errer dans tes cheveux soyeux. Et respirer le tien, et baiser tes grands yeux Que je ne verrai plus peut-être et que j'adore.

(U la baise sur les yeux.) RINALDA

Mon courage se fond. Ta flamme le dévore.

Laisse-moi m'éloigner. Laisse.

(Elle se lèTe.) G U I D , assis* lo^ tenant la taille embrassée.

Non, reste là.

Demain tu seras forte.

RINALDA

Oui, demain, c'est cela.

Tu m'entendras, demain. Mais aujourd'hui^ je pleure; Je ne peux plus. Ta voix me brise. Tout à Theure Tes baisers sur mes yeux ont mis comme un bandeau. Je suis dans l'ombre. Tout s'évanouit. Guido, Je t'aime.

(Elle tombe éperdue auprès de lui, sur le banc.)

GUIDO

Oui, chante aussi, chante l'épithalame, Ha Rinalda, mon bien, mon amante,

(Il lui baise les lèvres, puis se redressant brusquement.

Ma femme !

«RINALDAy se dég^igeant plus brusquement encore.

Dieu ! qu'as-tu dit? Ce mof m'a frappée en plein cœur.

(Redescendant à l'avant-scène avec un grand cri d'borrear.)

Ta femme 1 Ah 1

GUIDO

^Oui, demain, quand je serai vainqueur*

RINALDA

Qu'ai-je fait? Et ma tâche!... folle! criminelle! La flamme où je m'oublie est la flamme éternelle. J'ai manqué de parole au sacrifice.

G n I D , la reprenant dans ses bra%

Assez De sacrifice! Va, ces jours-là sont passés.

Ne te reproche rien. Que ta vertu se calme ! Ton martyre a le droit de cueillir cette palme.

RINALDA, se débattant aux bras de Guido et effarée.

Oh! non! non! J'ai commis un crime, je le sens. Je sens autour de nous des anges menaçants.

Que leurs glaives soient pour moi seule !

GUIDO

chère femme!

RINALDA, désignant la grand'porte de gaueh*.

Écoute!... On vient à pas précipités...

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