‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableaux. Représenté pour la première fois sur la scène de la Comédie française, le lundi 8 février 1892Chapitre 123 sur 123 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Toi ! Toi !

(Il la soulevé dans ses bras. On apporte le fauteuil, où il l'assied. Kn la soulenant. il s'esl ensani:!anlé la main à la bleasure de Rinalda.)

Ah ! je vois... C'est affreux... Quoi !... Conrad...

s T R A D Â, d'une voix qui râle et Mnglote.

Non, c'est moi!

(Tout le monde s'Oiarle de lui avec horreur.) GUIDO, voulant se ruer sur lui.

31alheureux!

RINALDA, le retenant.

Mon Guido, vous tousj-qu'on lui pardonne : J'ai voulu cette mort.

GUIDO

Toi?

BIANCA

Vous, sainte madone!

GUIDO

Mais pourquoi?...

(Elle est assise dans le fauteuil, Guido agenouillé à gauche, Ritzo i droite. RINALDA

Ho! pourquoi?... Guido, ne pleure pas.

(V Rizzo, qui sanglote, et dont elle caresse doucement les cheveux.)

Cher petit Rizzo!

(\ Guido.)

Toi, rends grâce à ce trépas Qui me délivre enfin.

GUIDO, l'embrassant.

Mon âme!

RINALDA

Oui, me délivre...

Près de toi, sur ton cœur, je ne devais plus vivre.

(lar toujours entre nous il se serait dressé Inoubliablement, le spectre du passé.

(Avec liorreur.)

Oh! ce souvenir!...

(A Guido qui veut parler.)

Non, tais-toi. J'ai quelque chose A te dire encore. Oui, maintenant, je peux, j'ose.

Œil regardant Strada.)

II faut m'entendre. C'est le salut du pays

Qui l'exige. C'est moi qui t'en prie. Obéis.

Viens plus près, là, tout près. Ma voix est expirante.

Viens aussi, Bianca, viens.

(Bianca vient s'agenouiller près de Guido.)

Le vœu d'une mourante, C'est sacré. Regardez le ciel, qu'il est joyeux!

(Elle se dresse.)

11 faut que dans mon cœur ainsi que dans mes yeux L'aube rayonne. Avons d'achever mon ouvrage ! .Vos mains, donnez!...

(Debout, soutenue par Guido, elle joint contre son cœur à elle la main de Guido et celle de Bianca.)

La mort! Voici la mort! Courage!

Vivante, je n'aurais pas pu. Tandis qu'ainsi...

{Kn regardant fixement Strada.) ST P. A DA, de loin, tombant à genoux, et pleurant.

0 grande âme, pardon!

m'N A LDA, le bonissBRt du geste.

Non. Pas pardon!... Merci.

(Elle tunibo morte dans le fautcuiL * (Rideau.)

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