ACTE PREMIER
Encor. Ma main, pas plus que ma voix, ne trembla. J'insulte celui-ci. J'ai tué celui-là.
,'l! n:3nlrr. tu<i^c<^s5iTemeDt Conrad, pais le cadavre de Max.) CONHAD
il est dur ! Le bourreau saura le rendre tendre. A la torture !
Quoi ! Le juger sans l'entendre !
CONRAD
Je ne le juge point. Je le condamne. .Mlez f
DIANCA, se préripitant vers 1» tas de Vesralier, d°où elle semble D.itidcr sa cause au pied d'un tribunal.
Ah! qu'on sache du moins pour quel motif... Parlez, Vous tous qui l'avez vu ! L'acte fui légitime.
(A Conrad.)
Écoulez-moi. Je suis sa fille. On nous estime. Pauvres, nous n'avons pas de tache à notre nom. Ai-je l'air d'une fille à déshonorer? Non. Ehbien!
(Vontrant l'ofBcier tué.
Cet homme-là... J'étais dans une église. Seule, à prier... Cet homme entre, me brutalise Comme une courtisane, et me prend aux cheveux, Et cherche à m'enlever en disant ; Je te veux ! Je me débats; Je peux me sauver dans la rue; J'appelle. Il me poursuit dans la foule accourue. Mon père entend mes cris, vient, voit, et me défend. Et le père fait bien qui venge son enfant.
(En s'agenouillant au bas d«fl marches.) LUDWIO, tout prësd'eUeet debout.
Monseigneur...
DIANCA, se retournant.
Ce soldat est ivrfe.
Tais-toi, chienne!
Monseigneur, elle ment comme une Italienne.
(Mouvement indigné de la foule.)
Je n'ai vu que la fin de ça; mais j'ai compris Ou'elle ne résistait que pour hausser son prix, Voilà tout.
LA FOULE, avec fureur.
Oh!
GALÉAS
Conrad, n'as-lu point de vergogne De laisser outrager mon sang par cet ivrogne ?
CONRAD
Son témoignage est bon. Le tien m'est importun. Un vainqueur ivre-mort vaut dix vaincus à jeun.
UI.NALDA
Seigneur, on vous redoute; il est temps qu'on commence .i vous aimer; un peu de douceur, de clémence...
CONRAD
De clémence ! Allons! soit ! Je casse mon arrêt. Qu'est-ce que j'avais dit?
RASPONI
Qu'on le torturerait, Monseigneur.
CONRAD
Eh bien! non. Soyons doux| Qu'on le pende!