‹ Par le glaive: drame en vers en cinq actes et huit tableaux. Représenté pour la première fois sur la scène de la Comédie française, le lundi 8 février 1892Chapitre 20 sur 123 · ACTE PREMIKll · texte numérisé non relu

ACTE PREMIKll

GALÉAS j immobilisé par les soldats qui le coUctcnt.

Lâche!

RINALDA, descendant encore une aiarcbe.

Un tel affront !

CONRAD, la suivant.

Quoi ! cela vous déplaît Qu'on ait puni cet homme ainsi qu'il le mérite ?

RINALDA

Certes; car, vous sachant si brave, je m'irrite Qu'on fasse en votre nom, seigneur, des lâchetés. Au moins, qu'à Galéas ses torts soient rachetés Par ce soufllet. Faisons-lui grâce !

CONRAD

Comment? Grâce I

RINALDA, descendant jusqu'à FaTant-scène.

Je me venge à ma guise.

(Montrant Galéas.)

11 me croit l'âme basse !

Eh bien I il apprendra qu'il pense injustement. Et je veux le contraindre à vivre en m'estimant.

RASPONI, ricanant.

Àh ! ah I

CONRAD

Pourquoi ris-tu?

RASPONI

Je songeais à ma chienne Qui, lorsque je la bats, me lèche pour la peine.

RINALDA, hantaluement, à Conrad. i^

Ah! seigneur, permettez!... Faites grâce, ou je crois

(Montrant Raspoui.)

Qu'à me railler ainsi vous lui donnez des droits.

CONUAD '

Oh! madame!...

(Montrant Galéas.)

Cet homme est libre. Qu'il s'en aillé!

(On délie les mains de Galéas.) ' LA FOULE

Vive Conrad!

RASPONr

Qui jette un os à la canaille.

CONRAD

Tais-toi. Tu parles trop.

LA FOULE

Bravo ! Vivat 1

CONRAD, préBcntant la main|à Rinalda.

llentrons.

Venez !

(Ils se mettent en marche pour i-emontcr ters le fond de la place.) LA FOULE

Vive Conrad ! Vivat !

METZLER

Sonnez, clairons!

.Fanfare. Le cortège te met en marche vers la gauche par là ruelle en Conlrehaul.)

Page 1